Actus science : des courants marins beaucoup plus variables
Santé et Science

Actus science : des courants marins beaucoup plus variables

Des bouées fournissent des données étonnantes dans l’Atlantique Nord. Aussi, des Jeux olympiques virtuels décevants, les émissions des voitures peu surveillées, et (encore) le dangereux kratom.

Tous les modèles de prédiction des changements climatiques prévoient que la circulation thermohaline, soit le grand courant marin qui brasse l’Atlantique Nord, va ralentir, ce qui pourrait bouleverser le climat en Amérique du Nord et en Europe.

Mais quand, et avec quelle amplitude ? Des instruments de mesure fixés à 53 bouées, installées il y a quatre ans entre le Canada et l’Écosse, viennent de fournir leurs premiers résultats. Et ils laissent les scientifiques perplexes.

On avait toujours vu la circulation thermohaline comme un long fleuve tranquille : les eaux chaudes de la surface dans les tropiques coulent vers le nord, où elles se refroidissent et plongent dans les profondeurs d’où elles retournent vers le sud, remontant en surface à mesure qu’elles se réchauffent.

Or, les premières données recueillies dans le cadre du programme international OSNAP laissent croire que ce courant est beaucoup plus variable que ce que l’on pensait : il accélère et ralentit au gré des vents et des saisons, de sorte qu’il pourrait être bien plus difficile que prévu d’estimer le rythme réel de son ralentissement.

La question est cruciale, car on ne comprend pas encore exactement ce qui influence ce puissant courant, ni comment lui-même influence le climat. Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) prévoyait un phénomène progressif, tandis qu’une étude récente estimait que la mer du Labrador pourrait perdre de deux à trois degrés en moins d’une décennie, ce qui ferait chuter rapidement la température dans les régions côtières de l’Atlantique Nord.

La surveillance de ces bouées dans les prochaines années devrait permettre de mieux anticiper les changements du climat dans les régions côtières de l’Amérique du Nord et de l’Europe.

Les J.O. en réalité virtuelle, c’est nul !

Le magazine MIT Technology Review dresse un bilan sévère de la diffusion de certaines épreuves des Jeux olympiques de Pyeongchang en réalité virtuelle, rendue possible par un partenariat entre la chaîne de télévision américaine NBC et Intel True VR.

Images de piètre qualité, interruptions fréquentes, mauvais positionnement des caméras : même si le prix des casques de réalité virtuelle a beaucoup diminué, le jeu n’en vaut pas la chandelle, selon la journaliste. Le curling s’est avéré le sport le plus agréable à suivre avec cette technologie, alors que regarder les épreuves de demi-lune en surf des neiges s’est essentiellement limité à voir filer des taches de couleur à toute vitesse devant ses yeux. Perfectible !

Comment le Canada surveille ses autos

Pourrait mieux faire. Voilà, en résumé, l’avis de l’International Council on Clean Transportation sur la manière dont le Canada surveille les émissions des véhicules et leur consommation de carburant.

Cet organisme, connu pour avoir découvert les tricheries de Volkswagen avec ses véhicules au diésel, a analysé les pratiques de 14 pays ou régions en matière de vérification de la conformité et d’application des lois sur les véhicules. Il a établi sept critères à respecter pour un contrôle optimal, qui permettrait de dissuader la triche, autant lors de la conception que de l’usage des véhicules.

Dans son rapport, le Canada obtient une bonne note pour ce qui est de limiter les conflits d’intérêts et de mener des tests à toutes les étapes de la production et de l’usage des véhicules. Mais il fait partie des quatre pays, avec le Mexique, le Chili et l’Inde, à ne pas avoir de programme de rappel obligatoire des véhicules non conformes. Le Canada se classe aux côtés des États-Unis, du Royaume-Uni et de la Corée du Sud pour ce qui est de rendre publiques les données sur les contrôles des véhicules et les infractions. Mais globalement, la Corée du Sud est le pays qui surveille le mieux ses véhicules.

Publie, mon enfant…

Toujours en Corée du Sud, la compétition est féroce pour entrer à l’université. Au point que des dizaines de chercheurs universitaires font l’objet d’une enquête pour avoir fait figurer leur enfant ou un jeune de leur entourage sur la liste des coauteurs de leurs publications scientifiques, en vue de leur donner de meilleures chances d’être sélectionnés.

Le ministère de l’Éducation a déjà enquêté sur plus de 80 cas où des chercheurs, issus de 29 universités du pays, avaient comme coauteur un jeune toujours à l’école secondaire ou au collège. Dans plus de la moitié des cas, le jeune n’avait même pas participé à l’étude ayant été rapportée par la publication dans une revue savante.

Kratom : une nouvelle raison de se méfier…

Je vous ai déjà parlé du kratom, ce produit naturel que des gens substituent aux opioïdes.  Certains vendeurs le présentent comme une aide naturelle à la désintoxication, alors que, dans les faits, il comporte des risques d’intoxication et des effets secondaires graves.

Voilà que, cette semaine, le kratom est responsable d’une épidémie de salmonellose qui a déjà envoyé 11 personnes à l’hôpital aux États-Unis, selon les Centers for Disease Control. Assurément un achat à proscrire !