Actus science : hausser le prix des boissons sucrées alcoolisées
Santé et Science

Actus science : hausser le prix des boissons sucrées alcoolisées

Aussi : un nouveau test de la fusion nucléaire, la science écope à Télé-Québec, l’état de la science sous Poutine et les secrets de Stephen Hawking.

L’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) vient de rendre public son avis scientifique sur les intoxications aiguës à l’alcool et aux boissons sucrées alcoolisées, dont on constate enfin à quel point elles peuvent être dangereuses pour les jeunes.

Entre le 1er janvier et le 26 novembre 2017, pas moins de 2 332 jeunes de 12 à 24 ans sont passés par les urgences au Québec pour des intoxications aiguës, rapporte l’INSPQ. Le quart d’entre eux étaient en danger de mort !

Selon l’INSPQ, la priorité des priorités devrait être de s’assurer d’un prix minimal pour les boissons alcoolisées, cette mesure étant la plus efficace pour dissuader la surconsommation, particulièrement chez les jeunes. En 2017, le Centre canadien sur les dépendances et l’usage de substances avait estimé qu’aucun alcool vendu pour consommation à domicile ne devrait être offert en deçà de 1,71 $ par verre d’alcool standard — une unité qui correspond à 17,05 ml d’éthanol pur, soit l’équivalent d’une bouteille de bière à 5 % de 341 ml, d’un verre de vin à 12 % de 142 ml ou d’un shooter de spiritueux à 40 % de 43 ml.

Or, parmi 120 produits vendus en épicerie examinés par l’INSPQ (qui n’a pas tenu compte des dépanneurs, où ces produits peuvent être encore moins chers en raison d’offres spéciales…), 34 coûtaient moins de 1,71 $ par verre d’alcool standard, dont 22 étaient des boissons sucrées visant principalement les jeunes. Une boisson à sept degrés vendue en canette de 945 ml ne coûtait que 0,74 $ par verre d’alcool standard ! Toutes les provinces canadiennes sauf le Québec et l’Alberta, ainsi que plusieurs pays européens, fixent un prix minimum pour l’ensemble des boissons alcoolisées vendues en magasin et dans les bars et restaurants. Au Québec, seule la bière a un prix minimum.

Nouvel espoir pour la fusion nucléaire

Parviendra-t-on un jour à fusionner des atomes pour produire une quantité d’énergie phénoménale, sans aucune pollution ? Ce rêve fou, que l’humanité caresse depuis les années 1950, connaît un nouveau développement aux États-Unis, où le Massachusetts Institute of Technology (MIT) et une compagnie privée veulent construire une première usine-pilote de fusion nucléaire de 100 MW d’ici 15 ans. La compagnie pétrolière Eni a investi 50 millions de dollars dans ce projet.

Les chercheurs espèrent exploiter à l’échelle industrielle une méthode de maintien du plasma à très haute température (200 millions de degrés, soit la chaleur nécessaire pour réaliser la fusion des noyaux des atomes) mise au point en laboratoire à l’aide d’aimants supraconducteurs d’un nouveau genre.

En théorie, la fusion nucléaire peut produire des quantités d’énergie phénoménales… à condition que l’on parvienne à générer et à maîtriser le plasma qui en résulte sans y engouffrer toute cette énergie. Selon le MIT, la technologie envisagée permettrait de fournir deux fois plus d’énergie que ce qu’il faudrait pour l’exploiter.

Télé-Québec réduit la science à l’écran

Télé-Québec a décidé de ne pas reconduire Électrons libres, l’émission d’information scientifique qui avait succédé au Code Chastenay. La science sur les ondes de la chaîne publique se limitera au jeu-questionnaire Génial !, maintenant diffusé quatre jours par semaine, mais qui vise avant tout les jeunes.

Une décision qui semble en contradiction avec la mission de Télé-Québec, qui est notamment de transmettre le goût du savoir, et avec la Stratégie québécoise de la recherche et de l’innovation 2017-2022 du gouvernement du Québec. Celle-ci cherche à s’attaquer au manque de culture scientifique chez la population.

À l’heure où démagogues, charlatans et propagateurs de fausses nouvelles font des ravages, il reste à peine une trentaine de journalistes scientifiques dans les médias du Québec.

La science russe bientôt de retour ?

Quel tour prendra la science en Russie avec la réélection attendue du président Vladimir Poutine, dimanche ? Dans les années 1990, les budgets de recherche de l’ex-URSS se sont effondrés, et ils n’ont quasiment pas augmenté depuis. Le président russe a affirmé vouloir faire de la science et de l’innovation la priorité de son nouveau mandat.

Déjà, les 170 milliards de roubles (3,8 milliards de dollars canadiens) prévus pour la recherche fondamentale dans le budget de 2018 représentent une hausse de 25 % par rapport à 2017. Le président a annoncé un plan de réformes dans diverses institutions désuètes. Mais plusieurs scientifiques russes, interrogés par le magazine Nature à ce sujet, se demandent toujours comment ils pourront se démarquer à l’échelle internationale alors que leur travail reste très contrôlé par le politique et embourbé dans la bureaucratie.

Le mythe du génie solitaire

Le physicien Stephen Hawking est décédé cette semaine à l’âge de 76 ans. Hélène Mialet, anthropologue des sciences et professeure à l’Université York, à Toronto, a consacré des années de recherche à tenter de comprendre celui que beaucoup présentaient comme un génie solitaire que la maladie aurait forcé à ne pouvoir compter que sur la puissance de son cerveau.

De ses observations, elle a tiré le livre À la recherche de Stephen Hawking, paru en 2014, qui explique comment ce dernier a réussi à mettre en place une véritable entreprise de production de connaissances. Dans un article publié par le magazine Pour la science, elle raconte d’ailleurs la façon dont le physicien a su tirer le meilleur des étudiants dont il s’entourait : triés sur le volet et toujours au nombre de quatre — respectivement en première, deuxième, troisième et quatrième année de doctorat —, ils étaient bien plus que les bras et les jambes du chercheur. Celui-ci leur assignait à chacun un sujet différent pour multiplier les points de vue sur ses objets d’étude. À lire.