Un psy pour tous, ça presse !
Santé et Science

Un psy pour tous, ça presse !

À moins d’avoir de l’argent ou une bonne assurance, il est difficile de bénéficier des services d’un psychologue au Québec. Le gouvernement arrive enfin avec un programme promettant un accès à la psychothérapie pour tous. Et des bénéfices pour l’ensemble de la société. 

Une boule d’angoisse qui grossit dans la gorge. De la sueur, suivie de frissons. Le souffle coupé net.

Valerie Rodrigue-Charbonneau avait 19 ans quand elle a vécu sa première crise de panique, il y a cinq ans. Une peur inexpliquée l’a tétanisée alors qu’elle se trouvait dans son appartement. «J’ai eu l’impression de perdre le contrôle, j’étais incapable de respirer», raconte-t-elle aujourd’hui. Pourquoi cela lui arrivait-il à elle, une guitariste classique qui avait fait des concerts et des concours pendant des années sans même ressentir de trac ? Pourquoi elle, une jeune femme sociable, étudiante en Art et technologie des médias au cégep de Jonquière ?

Elle vivait alors des conflits avec ses colocataires, éprouvait des problèmes de santé et se sentait bien loin de ses parents et de sa sœur, installés à La Prairie, 450 km plus loin. Mais de là à ressentir cette angoisse ?

Les crises se sont faites de plus en plus fréquentes, jusqu’à devenir quotidiennes. L’anxiété montait en flèche sans raison, peu importe le lieu et l’heure, torturant Valerie pendant de longues minutes. Il lui fallait ensuite près de deux heures pour sortir — épuisée — de cette tempête intérieure. «Comme si je venais de combattre un ours», dit la jeune femme, dont le lumineux sourire vermeil ne laisse rien deviner du sombre épisode qu’elle me raconte dans sa cuisine de La Prairie.

À Jonquière, Valerie a cessé de sortir avec ses amis et n’osait même plus s’aventurer à la pharmacie, de peur d’être en proie à une crise dans un lieu public. Elle a péniblement terminé son année scolaire, incapable d’assister à certains cours et quittant parfois la salle de classe au beau milieu d’un examen.