24 Canadiens contaminés par la bactérie E. coli

Mardi, un comité fédéral d’investigation des éclosions s’est réuni pour analyser ces cas. Un aliment distribué sur un large territoire pourrait être à l’origine de la contamination.

Pathogenic bacteria
Photo : Getty Images

Le Laboratoire de santé publique du Québec vient d’analyser 14 cas de contamination à E. coli, une infection fréquente l’été, associée en particulier à ce qu’on appelle la «maladie du hamburger». Or, il semble que ces 14 cas soient reliés et qu’ils aient donc une source commune.
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C’est par analyse génétique qu’on a pu établir le parallèle entre les souches d’infection : autrement dit, les bactéries sont toutes des sœurs. Cela laisse supposer que la source de la contamination se trouve dans un aliment qui a été distribué sur un large territoire.

Étant donné qu’on a rapporté une dizaine d’autres cas dans d’autres provinces, un comité fédéral d’investigation des éclosions s’est réuni le 25 août pour analyser ces différents cas, suivant l’approche habituellement adoptée lorsqu’il y a plusieurs sources.

Il faut savoir que la bactérie E. coli se trouve naturellement dans l’intestin. Seules certaines souches sont toxiques et peuvent provoquer des diarrhées, qui commencent généralement dans les jours suivant l’exposition à la bactérie (mais, parfois, 1 à 10 jours après une ingestion).

Essentiellement, ces infections se manifestent sous forme de douleur abdominale, de diarrhée (qui peut parfois contenir du sang), et à l’occasion de vomissements et de fièvre légère.

Pour la majorité des gens, les symptômes s’atténuent dans les 5 à 10 jours qui suivent l’exposition.

La principale complication de la E. coli O157:H7, la plus virulente des souches, est ce qu’on appelle le syndrome hémolytique et urémique (SHU). Or, celui-ci peut être mortel dans certains cas. Santé Canada rapporte que de 5 % à 10 % des personnes infectées par la bactérie, et jusqu’à 15 % des jeunes enfants et des personnes âgées, peuvent présenter ce syndrome.

Notons que les patients affectés peuvent transmettre l’infection pendant environ une semaine, ou jusqu’à trois dans certains cas.

Essentiellement, on trouvera la E. coli entérotoxinogène (la souche virulente) dans les aliments suivants, explique Santé Canada : le bœuf (cru ou pas assez cuit, haché ou coupé) ; le cidre et le jus de pomme non pasteurisés ; le lait cru et les produits laitiers non pasteurisés ; l’eau non traitée ; les fruits et les légumes contaminés qui n’ont pas été cuits.

Bien souvent, les éclosions qui surviennent durant l’été sont liées à l’absorption de viande hachée insuffisamment cuite sur le barbecue, ce qui explique pourquoi on parle de «maladie du hamburger».

Le traitement consiste généralement en des soins de soutien axés sur la réhydratation. Même s’il s’agit d’une infection, les antibiotiques ne sont pas utilisés, parce qu’ils ne sont pas efficaces et qu’ils peuvent augmenter le risque de SHU.

Pour prévenir l’infection, il faut d’abord garder les aliments au froid, à 4 °C ou moins (ce qui inhibe la croissance bactérienne), ou alors les aliments chauds à plus de 60 °C (ce qui détruit les bactéries). Les mesures d’hygiène usuelles sont également recommandées.

Pour détruire les bactéries qui sont déjà présentes, la température de cuisson des viandes varie. Le tableau suivant, de l’Agence de la santé publique du Canada, donne des indications sur la température à atteindre durant la cuisson, qui peut se vérifier à l’aide d’un thermomètre.

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Source du tableau : Agence de la santé publique du Canada

L’éclosion actuelle est donc à suivre, puisque la source n’a pas encore été déterminée et que d’autres cas pourraient se manifester.

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