4 découvertes québécoises en santé

Sur les pelures de pomme, les bienfaits de la musique, le cancer du sein et les chirurgies cardiaques…

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Photo : iStockphoto

Une pelure de pomme par jour…
Lorsque vous mangez une pomme, n’ôtez surtout pas la pelure. Elle est riche en polyphénols, des molécules qui protègent la paroi de l’intestin contre les aliments irritants. C’est ce qu’a récemment démontré le Dr Émile Levy, directeur scientifique du Service de gastroentérologie, d’hépatologie et de nutrition du CHU Sainte-Justine. Le médecin s’est allié à des chimistes pour analyser le contenu de pelures de différentes variétés de pommes rouges. Il y a trouvé une forte concentration de quercétines, des molécules aux propriétés antioxydantes et anti-inflammatoires. « De nombreuses personnes jettent la pelure, parce qu’elles redoutent la cire et les résidus de pesticides, note le DLevy. Elles ont tort. Il suffit de bien laver le fruit à l’eau chaude. »

Do ré mi fa sol la santé
Écouter ou jouer de la musique aide à maintenir une bonne santé physique et mentale, vient de démontrer l’équipe de Daniel J. Levitin, professeur au Département de psychologie de l’Université McGill. En collaboration avec sa collègue Mona Lisa Chanda, chercheuse postdoctorale, le professeur a analysé les résultats de 400 études ayant porté sur la neurochimie de la musique.

Le duo a constaté que la musique favorisait l’augmentation du taux d’immunoglobuline A dans le sang, un anticorps qui nous défend contre les virus et les bactéries. En outre, l’écoute ou la pratique de la musique réduirait le niveau de cortisol, une hormone associée au stress. Enfin, les chercheurs ont constaté que la musique était «plus efficace que les médicaments d’ordonnance pour atténuer l’anxiété avant une intervention chirurgicale.

Arrêter les métastases
Une trouvaille de l’Institut de recherches cliniques de Montréal pourrait aider à réduire le taux de mortalité attribuable au cancer du sein. Les chercheurs ont découvert qu’une protéine nommée DOCK1 jouait un rôle clé dans la formation des métastases. Ils se sont intéressés plus précisément aux cancers du sein de type HER2+ et Basal, connus pour être hautement métastatiques et pour être associés à de faibles taux de survie.

L’équipe a d’abord travaillé avec des souris. « Lorsque nous avons neutralisé le gène à l’origine de la production de la protéine DOCK1 chez les souris modèles, nous avons constaté une diminution considérable des métastases aux poumons », explique Mélanie Laurin, étudiante de doctorat et première auteure de l’étude. Avec ses collègues, la jeune femme a ensuite examiné la façon dont les gènes s’exprimaient chez des patientes atteintes de cancers du sein de type HER2+ et Basal. Celles chez qui le gène produisant la DOCK1 était particulièrement actif vivaient en moyenne moins longtemps et étaient plus susceptibles de faire des rechutes, ont-ils constaté.

Les chercheurs espèrent que, en ciblant la protéine DOCK1, de nouvelles approches thérapeutiques pourront aider à sauver des vies. Ils rappellent que près de 90 % des décès de patients atteints de cancer du sein sont attribuables aux métastases.

Droit au cœur
Les chirurgiens qui doivent débloquer les vaisseaux du cœur de leurs patients ont avantage à faire passer leurs instruments chirurgicaux par l’artère radiale (le long du bras), plutôt que d’emprunter l’artère fémorale (au niveau de la cuisse). Cette technique donne d’aussi bons résultats, mais provoque moins de saignements, ce qui réduit la durée et les coûts d’hospitalisation. Pourtant, de nombreux chirurgiens tardent à l’adopter, déplore le Dr Olivier Bertrand, professeur à l’Université Laval. Le médecin a documenté les interventions par voie transradiale faites auprès de 519 patients et a publié ses résultats dans l’American Heart Journal pour convaincre ses collègues d’adopter la technique chirurgicale qu’il a aidé à mettre au point.

 

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