40 % d’insomniaques ?

Quatre Canadiens sur dix souffriraient de troubles du sommeil, annonçait un communiqué de l’Université Laval publié jeudi, à la veille du congrès de l’Association mondiale pour la médecine du sommeil qui se déroule jusqu’à demain à Québec.

Cela signifie-t-il pour autant que 40 % de la population souffre d’insomnie comme l’ont annoncé plusieurs médias? Non!

Le professeur Charles Morin et son équipe ont interrogé 2000 Canadiens sur la qualité de leur sommeil.

Selon le communiqué, «40 % des répondants avaient éprouvé, au moins trois fois par semaine au cours du mois précédent, l’un des symptômes reconnus de l’insomnie, à savoir : prendre plus de 30 minutes pour s’endormir, avoir des périodes d’éveil excédant 30 minutes pendant la nuit et se réveiller au moins 30 minutes avant l’heure prévue.»

Si le chiffre de 40% frappe les esprits, ce sont plutôt les deux autres chiffres annoncés qui sont significatifs : 20 % de la population est insatisfaite de la qualité de son sommeil et «les critères nécessaires pour poser un diagnostic d’insomnie étaient réunis chez 13,4 % des répondants.»

Conclusion: ce n’est pas 40 % de la population qui souffre d’insomnie, mais bien 13,4% ! Un chiffre très proche de celui – 13% – estimé par la dernière Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes.

Vous pouvez refaire les calculs plutôt que de compter les moutons…

Le même communiqué nous apprend par ailleurs que 13 % des participants ont consulté un professionnel de la santé pour leurs problèmes de sommeil, même si 40 % ont au moins un symptôme d’insomnie.

Si les 13% qui ont consulté sont les mêmes 13% que ceux qui sont réellement insomniaques, alors tout va bien. Mais j’en doute…

Un autre calcul si vous n’avez pas encore fermé l’oeil: si les 20 % d’insatisfaits de leur sommeil ne sont que 13% à consulter, il en reste donc seulement 7% qui prendraient des médicaments, des remèdes naturels ou de l’alcool pour s’aider à dormir sans en avoir jamais parlé à leur médecin.

Ceci dit, cela reste beaucoup trop, compte tenu des dangers potentiels que comporte l’automédication au petit bonheur la chance.

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Bonjour

Le problème c’est qu’il n’y a pas de médecin généraliste ,alors les gens ne consultent pas