À quand un vrai débat sur les grands prématurés ?

Jusqu’où faut-il aller pour sauver des bébés grands prématurés? La question se pose de manière de plus en plus aiguë, alors que les services de néonatologie sont complètement débordés au Québec et qu’on manque de ressources pour prendre en charge les enfants handicapés. Le magazine L’actualité médicale fait le point sur la situation dans un dossier très complet et bien documenté.

Les nouveaux-nés sont considérés comme grands prématurés lorsque l’accouchement a lieu avant 32 semaines d’aménorrhée (deux semaines après les dernières règles + 30 semaines de gestation), contre 41 pour un bébé né à terme. Certains naissent après seulement 23 semaines, à un poids d’à peine plus de 500 grammes. 

Selon un néonatologiste cité dans l’ article, sur 8 bébés nés à 25 semaines, un seul n’en gardera aucune séquelle. Quatre mourront. Un sera atteint de paralysie cérébrale, un autre aura de graves séquelles, comme des troubles envahissants du développement, et un autre aura des problèmes importants à l’école.

En 2007, 8,1% des bébés sont nés avant 37 semaines au Canada, contre seulement 6,6% au début des années 1990.

Principales causes de cette hausse: le recours accru aux techniques de procréation assitée, qui ont engendré une véritable épidémie de grossesses multiples, selon les spécialistes, et l’augmentation du nombre de grossesses tardives, qui présentent plus de risque de complications et d’accouchement prématuré. 

La prématurité est la première cause de mortalité et de morbidité périnatale.

Malgré les efforts réalisés par les hôpitaux et les médecins, les parents manquent encore d’information pour prendre les bonnes décisions lorsqu’ils se retrouvent confrontés à la naissance d’un grand prématuré, estime L’actualité médicale.

Les politiques de réanimation et de soins aux grands prématurés diffèrent d’un hôpital à l’autre, et les médecins disposent aussi d’une plus ou moins grande latitude pour décider au cas par cas de la conduite à adopter. Le nombre de semaines de gestation n’est pas le seul facteur à prendre en ligne de compte, bien d’autres élements pouvant influencer les chances de survie en bonne santé du bébé.

Alors qu’on investit jusqu’à un quart de million de dollars pour sauver chaque grand prématuré, les ressources sont insuffisantes pour prendre en charge les enfants qui ont gardé des séquelles de leur prématurité, ou ceux qui ont souffert d’autres problèmes à la naissance (infections, asphyxie…) .

Le suivi adéquat en physiothérapie dans la première année d’un grand prématuré coûterait le centième de ce qu’on a investi pour lui sauver la vie et l’amener à la sortie de l’hôpital, explique le Dr Pierre Marois dans L’actualité médicale. «Mais comme société on n’est pas prêt à mettre ça pour atténuer toutes les séquelles des interventions qu’on a posées.»

Alors que la prématurité risque fort de continuer à augmenter, on ne pourra plus très longtemps, comme société, faire l’impasse sur ce débat.

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Encore ici : acharnement thérapeutique….
On veut sauver tout le monde, quels qu’en soient le coût et les conséquences…

Bonjour!

Mon fils et ma fille sont nés à 26 semaines de grossesse. Ma fille n’aura survécu que 43 heures, mais mon garçon s’en tire sans séquelle visible après 5 ans.

Je suis totalement d’accord avec le cas par cas, mais il ne faudrait surtout pas retirer les chances de survie de ceux qui méritent de vivre.

Placés devant la décision de débrancher ou non notre fille, nous étions sur le point de le faire, mais elle a fait le choix à notre place…

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