Albert Einstein, superstar

Il y a 90 ans, le 6 novembre 1919, la Société royale de Londres annonçait à grand fracas, sous le portrait d’Isaac Newton, que les photos de l’éclipse de Soleil du 29 mai prises par sir Arthur Eddington, physicien, dans une île située au large de l’Afrique prouvaient la théorie de la relativité, élaborée par Albert Einstein de 1912 à 1915.

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Le Times titra à la une : « Nouvelle théorie de l’Univers ». Révolution scientifique : il y avait désormais une quatrième dimension, et l’espace devenait courbe.

Einstein, qui obtiendra le prix Nobel en 1924 – quoique pour d’autres travaux, sur l’électromagnétisme -, devint instantanément le savant le plus célèbre de l’histoire.

Cent livres furent publiés dans l’année qui suivit.

« Les journaux se mirent à la chasse aux chroniqueurs en mesure de leur expliquer en détail, mais de façon compréhensible, la théorie d’Einstein. Partout, des universi­taires en goguette capables de s’arracher à la misère de leur vie quotidienne tridimensionnelle pour s’élever dans les champs Élysées hospitaliers de la quatrième dimension offraient des conférences. Les ménagères publiaient leurs soucis domestiques tout en discutant le principe de la simultanéité, la charge négative de l’électron et la coordination de systèmes. La relativité était devenue le nouveau centre, le nouveau mot de passe. » (Einstein the Searcher, par Alexander Moszkowski [London Books, 1920])

Einstein lui-même expliqua sa théorie aux lecteurs du Times, et non pas sans humour. Un exemple de relativité ? « Aujourd’hui, en Allemagne, on me tient pour un savant allemand, et en Angleterre, pour un Juif suisse. Si jamais je deviens la bête noire du monde, je deviendrai un Juif suisse en Allemagne et un savant allemand en Angleterre. »

Il avait vu juste. Un groupe de savants et de philosophes allemands, mené par un Prix Nobel de physique, allait dénoncer cette « théorie juive étrangère aux valeurs allemandes ».

 

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