Alzheimer : un bon test diagnostic ?

La Food and Drug Administration vient d’autoriser aux États-Unis un premier test pour le diagnostic de la maladie d’Alzheimer. Si le florbetapir, commercialisé sous le nom d’Amyvid par la compagnie Eli Lilly, devrait permettre de préciser le diagnostic pour certains malades, ce test risque cependant d’augmenter considérablement les coûts déjà astronomiques reliés à cette maladie.

Ce produit est un pigment radioactif injectable, qui se lie aux plaques de protéines bêta-amyloïdes dans le cerveau, qui apparaissent avec la maladie d’Alzheimer. Il permet de les mettre en évidence quand on fait passer aux patients un examen de tomographie par émission de positrons (PET scan).

Le test, qui n’a pas encore été approuvé au Canada,  coûte 1 600 dollars par dose. La FDA avait refusé son approbation l’an dernier sur la base de son efficacité clinique, car il est susceptible de donner un nombre relativement élevé de faux positifs et de faux négatifs.

L’agence américaine a toutefois décidé de l’accepter après avoir exigé que les médecins qui l’utilisent reçoivent une formation spécifique avec cette technique, pour faire en sorte de diminuer le nombre d’interprétations erronées possibles. Cela augmente encore indirectement les coûts du diagnostic.

Pour l’instant, aucune étude coût/bénéfice ne permet d’établir clairement sa pertinence.

Mais plusieurs experts craignent que la généralisation de ce test entraîne des coûts très élevés, pour un bénéfice qui reste somme toute marginal.

Le test ne se substitue pas en effet aux analyses existantes, il ne fait qu’éventuellement renforcer la solidité du diagnostic. Et la maladie reste tout autant incurable.

À l’heure où l’on s’interroge sur le coût des soins aux personnes âgées, un tel test vaut-il vraiment l’investissement ? Chose certaine, il est potentiellement beaucoup plus coûteux que le robot phoque dont je vous parlais hier, alors qu’il suscite bien moins de débats !

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Ce qui est triste, c’est que plusieurs maladies ont un profil clinique similaire à la maladie d’Alzheimer, on les appelle des démences de type Alzheimer (DTA). Pour ne prendre l’exemple que de la démence vasculaire, aucune protéine bêta-amyloïde n’est associée à cette démence, elle est vasculaire.

Le danger d’un test comme celui-ci est que certains médecins pourraient privilégier ce test au détriment des autres et par le fait même privilégier la maladie d’Alzheimer au détriment des autres DTA. Un effet de mode, mais très coûteux au moment du test et surtout si certaines démences ne sont pas découvertes parce qu’un usage exclusif de ce test aura été fait.

L’Alzheimer est la maladie de ce siècle alors attendez-vous à plus de nouveaux médicaments qui coûteront la peau des fesses et avec une efficacité douteuse. On prétendra que ces pilules vont prévenir la maladie – et les gens vont se ruer dessus – alors que l’incidence est somme toute assez faible.