Anti-OGM, climatosceptiques: même combat ?

Le chercheur français Gilles-Éric Séralini a provoqué un vent de panique en publiant récemment une étude liant la consommation de maïs génétiquement modifié à l’apparition de cancers chez des rats.

Pour de nombreux spécialistes, cependant, les méthodes statistiques sur lesquelles s’appuie le chercheur, opposant notoire aux OGM, ne tiennent pas la route. D’autres critiquent le type de rats utilisés pour cette expérience de deux ans, puisque cette espèce préconisée pour des études plus courtes est connue pour développer spontanément des tumeurs en vieillissant.

Les résultats du Pr Séralini contredisent aussi toutes les études sérieuses publiées auparavant sur ce sujet, qui n’ont jamais réussi à prouver la toxicité des OGM y compris quand elles ont été menées en toute indépendance de l’industrie des OGM.

L’étude elle-même n’a pas été financée par l’industrie, mais par ses détracteurs : le Comité de recherche et d’information indépendantes sur le génie génétique, un organisme militant contre les OGM dirigé par le Pr Séralini, sort un livre et un film sur le même sujet, et TV5 va bientôt publier un reportage tourné depuis les tout débuts de l’étude… donc avant même qu’on en connaisse les résultats.

Tous ces efforts pour publiciser une étude avant même qu’elle soit terminée n’augurent rien de bon.

En France, l’étude a notamment fait la une de certains journaux comme Le Monde qui, en échange de l’exclusivité, ont accepté de signer des ententes avec le chercheur leur interdisant de soumettre l’étude au regard critique d’autres experts. La BBC a refusé de se plier à ses exigences.

Le Nouvel Obs en a fait sept pages avec un reportage d’une rare complaisance et mis en couverture un titre ultra-racoleur : «Oui, les OGM sont des poisons».

Foutaise! Je ne croyais pas mes confrères français capables de tomber aussi bas…

Cette vaste opération de marketing a été d’ailleurs été dénoncée par de nombreux journalistes scientifiques, de Nature à l’Agence Science Presse en passant par Libération.

Tous y ont reconnu des stratégies de communication de la science généralement associées aux études qui ne sont que… du vent.

Rappelez-vous du fameux fossile Ida, le «chaînon manquant» de 47 millions d’années découvert en 2009.

La découverte avait fait la une de Google et d’innombrables médias, donné naissance à un livre, un site web, un film, une expo annoncée par le maire de New York en personne, le tout préparé plus d’un an et demi avant la publication de l’étude scientifique dans la revue Plos One.

Pour ne pas gâcher tous ces efforts, Plos One avait alors interdit à quiconque de lire l’étude avant sa publication, une pratique pouratnt courante en journalisme scientifique puisqu’elle permet aux journalistes de se faire une tête et de recueillir d’autres avis avant de publier leurs articles.

Il avait fallu seulement deux ou trois jours pour que toute cette balloune se dégonfle, et moins de six mois pour qu’une autre étude conteste qu’Ida soit même un ancêtre de l’humanité. Mais ça, vous ne l’avez peut-être jamais su parce que cela n’a donné ni documentaire, ni une de Google…

C’est aussi la même stratégie qui est utilisée par les climatosceptiques pour mousser des études qui vont à l’encontre du consensus scientifique, financées par des opposants notoires disposant d’appuis politiques, et publicisées avant même d’avoir été publiées dans des revues savantes et soumises à la critique des pairs.

Ces études, après avoir été analysées d’un point de vue scientifique, s’avèrent généralement boîteuses ou incomplètes et ne changent rien ou presque au consensus.

Le climat continue de se réchauffer.

Et personne n’a jamais noté d’épidémie d’énormes tumeurs cancéreuses chez les millions de rongeurs qui se nourrissent dans les champs d’OGM partout ou presque dans le monde depuis des années.

Me semble pourtant que s’il y en avait, les opposants aux OGM les auraient trouvé depuis longtemps!

Tout cela fait dire au journal Slate que les opposants aux OGM sont les «climatosceptiques de la gauche».  

C’est vrai que les deux excellent à manipuler l’opinion publique sous couvert de science…

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J’avais lu un article là-dessus ce matin et je me demandais justement si vous en parleriez bientôt. Décidément, le domaine du « debunking » scientifique en est un d’avenir, ou du moins, les sources de désinformation et de propagande ne sont pas près de se tarir… Mon seul souhait est que les « watchdogs » et les organisations pertinentes puissent soutenir le rythme effrené du marketing et de la communication en ligne… Encore faut-il que les gens cherchent un tant soit peu à s’informer. Un cours obligatoire de pensée critique m’apparaît de plus en plus indispensable. Ainsi qu’un cours sur la méthode scientifique.

Etude non convaincante car dans celle-ci 20 % de la cohorte représente… 2 rats! Quand Seralini vous dit que 20 % de la cohorte est morte prématurément, il parle de 2 rats! On ne peut pas faire de statistiques sérieuses sur la base de 2 ou 3 rats…

Contrairement à ce qui est dit dans cet article il n’y a pas de consensus scientifique sur le RCA. C’est un mythe savamment entretenu par les responsables politiques du Giec et les journalistes français.

Pour ma part, je pense aussi que cette étude est douteuse, pire elle risque de discréditer ce qui peut être gênant dans les OGM (et plus généralement des semences hyper sélectionnées), je veux parler d’une sorte de monopole sur une partie du vivant par des sociétés à buts uniquement mercantiles, de l’appauvrissement de la biodiversité…
De plus cette étude mélange deux choses : OGM et glysophate (roundup), celui pouvant être un problème et pour d’autres raisons que les premiers…
Mais enfin peut-être est-ce « de bonne guerre » au vu des méthodes employées par l’industrie agroalimentaire, de bonne guerre mais regrettable surtout quand on avance caché derrière la science.

peut être que l’étude dérangeante pour les pro-OGM est dès le départ anti-OGM mais les études des fabricants d’OGM ont eux aussi bâclé leurs observations pour prouver que leurs trafic du vivant n’a rien d’inquétant.
De plus, trafiquer le vivant puis le breveter pour le confisquer au profit d’opérateurs privés est ABSOLUMENT INACCEPTABLE. Le règne végétal et animal ne sont pas leur propriété; Pourquoi ne pas breveter un air pur tant qu’on y est, ainsi chacun devra payer le distributeur pour respirer !

@Laurent Berthod
Lorsqu’on parle de réchauffement climatique, il y en a toujours au moins un qui amène ce commentaire. Voilà, c’est fait! La discussion peut redevenir sérieuse.

@honorable «On ne peut pas faire de statistiques sérieuses sur la base de 2 ou 3 rats…»

Même pour un astrophysicien c’est un peu court.

Le mais et le soya OGM sont courrament utilisés depuis une dizaine d’année dans l’alimentation animale. Mon expérience en tant que producteur laitier ne concorde pas avec les scénarios catastrophe des détracteurs des OGM. La santé des animaux est aussi bonne qu’avant! Je trouve cependant déplorable que nous ne disposions de si peu d’information neutre sue le sujet. Je me méfie autant de Greenpeace que de Monsanto quand vient le temps d’avoir l’heure juste…

Les pratiques d’affaires de Monsanto sont pitoyables. Santé Canada ne fait pas ses propres études sur les OGM et se fie sur les études de 90 jours de Monsanto.

Cette étude fançaise contient peut-être quelques erreurs mais j’espère que cela fera en sorte qu’il y aura encore plus d’études indépendantes surnles OGM qui se feront à travers le monde.

Les seuls journalistes crédibles dans l’affaire Séralini sont ceux qui attaquent Monsato depuis longtemps. Dans ce cas, ils peuvent aussi remettre en doute Séralini. Sinon, ils ont déjà choisi leur cible et mieux vaut ne pas les écouter.

Je confirme avec André, étant fils de producteur laitier, les OGM n’ont pas détérioré les troupeau d’élevage, malgré qu’on utilise les OGM dans l’alimentation animale depuis des année. La santé des animaux est plus lié à la façon dont on les alimente que l’aliment lui-même. Par contre, pendant qu’on parle d’un débat que je considère secondaire, une entreprise multinationale brevete les semences (c’est les USA qui permettent ça a grand coup de lobby) et il faut payer un droit pour semer, ce qui est INNACEPTABLE, surtout qu’on ne peut pas resemer l’année suivante une partie de la récolte, car on risque des poursuite de Monsanto. C’est cela qui devrait être le débat!

Bonjour,
Le choix de rats sensibles aux tumeurs est un très bon choix pour mettre en évidence un pouvoir carcinogène même faible.
Par ailleurs, 2ans, c’est bien mieux que les ridicules 90 jours de MONSANTO.
Votre article facile est particulièrement déloyal,tendancieux, et je dirai même indigne d’une journaliste (indépendante ?), et irresponsable sur un sujet aussi grave.
A. Crinon, Docteur en pharmacie.

Depuis le « climategate », je ne crois plus les écolos; que ce soit pour le « réchauffement climatique » ou pour quoique ce soit d’autre, incluant les OGM.

Ils ont trop de subventions en jeu ce qui biaise leir vision de la réalité.

Personne ne met en dout le RCA car celui-ci a commencer il y’a 10000 ans. Ce qui est mis en doute par certains, c’est l’effet de l’Homme sur celui-ci…

Bien d’accord avec M. Jacques, tout le débat est dans la disparition des semences non brevetées. Si j’étais parano, je dirais que le débat sur la toxicité est financé par Monsanto pour qu’on ne parle pas du fond du problème.

Francois 1,

Les « écolos » n’ont rien à voir avec le climategate (qui n’est pas un très gros scandale, d’ailleurs).

Pat,

RCA veut dire « réchauffement climatique anthropogénique », c’est à dire causé par l’homme. Alors dire que l’homme n’a pas d’effet sur le RCA n’a pas grand sens…

@Martin
Vous avez raison. Le « climategate » n’existe que dans l’esprit de ceux qui ont intérêt à y croire.

Mme Borde,
où peut-on trouver des résultats d’études indépendantes sur les OGM? Cela coûte très cher de mener des études à long terme, alors quels sont les organismes qui les auraient financées?

Je suis allée voir le lien au journal Le Monde, et d’après ce que je lis, l’étude de M. Seralini souffre possiblement d’un nombre trop restreint d’individus. Cependant, on ne rapporte pas si les différences sont significatives entre les groupes témoins et ceux alimentés aux OGM, et dans quelle proportion. Je pense que l’étude de M. Seralini est plus ou moins l’équivalent d’une phase 2 en recherche clinique, et une indication qu’il y aurait intérêt à faire une étude plus approfondie remédiant aux carences de la première. Qui voudra débourser pour cela? Monsanto? les gouvernements?

En ce qui concerne l’approche médiatique, pour avoir suivi la série Cash sur TV5 cet été, les méthodes utilisées ne sont pas pires que celles de l’industrie, notamment celles du sucre et du sel. Cela n’excuse rien, mais démontre où en sont rendus les groupes qui veulent obtenir l’attention du public.

En général, j’apprécie réellement les capacités d’analyse de ton blogue. Mais là, il n’y a pas de traitement du fond: l’utilisation à haute dose d’herbicides. Le rapprochement avec les climatosceptiques est un autre problème et n’a rien à voir.
voir ici pour une analyse plus complète même si non exhaustive:
http://blachedenews.wordpress.com/2012/10/05/ogm-letude/

bon,voila ce que je propose:
On mange les ogm puis attendons les résultats près de la centrale nucléaire de préférence,on risque d’attendre longtemps et de s’ennuyer beaucoup.Et le réchauffement climatique ,je prends 2 à 3° avec plaisir mais là aussi je ne vois rien venir de châleureux,c’est désespérant toutes ces promesses.
Et le niveau de la mer toujours rien à Quimper ou Brest.mais jusqu’où s’arrèteront-ils de nous baratiner pour avoir des subventions.
Tu sais quoi ?
Les choses ne se passent jamais comme prévu.

Contrairement à ce que vous écrivez, Le Monde, même avec une exclusivité, a fait des articles plutôt nuancés voire réservés sur l’étude de GE Séralini. S’il y a un journal qui a complétement dérapé et rentre maintenant dans la catégorie People de l’actualité, c’est le Nouvel Obs.

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