Anticancer… et pas cher

Une étude confirme qu’en matière de cancer (comme pour d’autres maladies), ce ne sont pas forcément les médicaments les plus coûteux ni les plus récents qui procurent le plus d’avantages aux malades.

Excellente nouvelle dans la recherche sur le cancer, annoncée il y a quelques jours : une méta-analyse, publiée dans le journal The Lancet, montre que des médicaments génériques peu coûteux (quelques cents par comprimé) et ayant peu d’effets secondaires peuvent diminuer nettement la mortalité des femmes atteintes d’un cancer du sein après la ménopause.
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Depuis plusieurs années, les bisphosphonates, des médicaments contre l’ostéoporose, sont souvent prescrits aux femmes chez qui on a trouvé un cancer du sein hormono-dépendant, car le tamoxifène utilisé pour prévenir le retour de la maladie après l’opération augmente le risque d’ostéoporose. Plusieurs existent sous forme de génériques.

Les chercheurs de l’Early Breast Cancer Trialists’ Collaborative Group, à l’Université d’Oxford, en Angleterre, ont examiné les données de 26 essais cliniques qui ont porté sur près de 20 000 femmes traitées ou non avec des bisphosphonates après un cancer du sein.

Résultat : chez toutes les femmes, lorsque le cancer a été détecté à un stade peu avancé, ces médicaments (génériques ou pas) diminuaient en moyenne de 18 % le risque que le cancer revienne sous la forme de métastases osseuses.

Selon cette méta-analyse, chez les femmes postménopausées, non seulement les bisphosphonates abaissent plutôt de 28 % le risque de récidive osseuse, mais ils diminuent en outre de 18 % la mortalité par cancer du sein dans les 10 années qui suivent le diagnostic par rapport à la simple prise de tamoxifène ou d’autres médicaments (comme les inhibiteurs de l’aromatase).

En prenant des bisphosphonates en plus de leur traitement, les femmes atteintes font ainsi passer leur risque de mourir de ce cancer dans les 10 années suivant le diagnostic de 18 % à 14 %. Bien que cela puisse sembler un bénéfice minime, il s’agit en réalité d’un gain considérable — surtout compte tenu du fait que les bisphosphonates ont peu d’effets secondaires.

Ces résultats sont d’autant plus importants qu’ils concernent un très grand nombre de femmes : chaque année, on diagnostique un cancer du sein hormono-dépendant chez 17 000 Canadiennes qui ont dépassé la ménopause (82 % des cancers du sein surviennent après l’âge de 50 ans).

Cette étude confirme qu’en matière de cancer (comme pour d’autres maladies), ce ne sont pas forcément les médicaments les plus coûteux ni les plus récents qui procurent le plus d’avantages aux malades.

Pour s’en apercevoir, cependant, il faut mener des études cliniques sur de «vieux» médicaments… ce qui n’intéresse pas beaucoup l’industrie pharmaceutique, puisqu’elle ne peut en tirer que des bénéfices marginaux, à partager entre tous les fabricants des molécules originales et génériques.

Les malades et les gouvernements, eux, ont en revanche tout à gagner de ce genre d’études.

L’Early Breast Cancer Trialists’ Collaborative Group, qui existe depuis plus de 30 ans, est financé par le gouvernement britannique par l’intermédiaire du Medical Research Council, de même que par Cancer Research UK, une organisation indépendante qui reçoit des dons du public pour la recherche.

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Vivement qu’on ait enfin un truc comme pharma Québec Ça et qu’on arrête d’en donner plus au 1%…