Arctique : comment Ottawa a tué la station de recherche d’Eureka

Le Laboratoire de recherche atmosphérique en environnement polaire (PEARL), situé à Eureka, près du cercle polaire, va devoir fermer ses portes en avril, le Réseau canadien pour la détection des changements atmosphériques étant incapable de réunir le million et demi de dollars de son budget de fonctionnement annuel.

Les chercheurs vont donc arrêter de récolter des données sur l’atmosphère dans le Haut-Arctique, en attendant l’ouverture prévue pour 2017 d’une nouvelle station de recherche à Cambridge Bay.

Celle-ci ne permettra d’ailleurs pas de récolter des données aussi pertinentes, puisqu’elle sera située à 1300 km plus au sud.

Au mieux, il y aura donc un trou de 5 ans dans les données disponibles sur la qualité de l’air, le climat et la couche d’ozone dans cette région, au moment même où on en a un besoin crucial pour comprendre les bouleversements en cours.

Dans les années passées, les hausses de températures mesurées à PEARL ont été cinq fois plus élevées que la moyenne sur Terre, selon James Drummond, professeur à l’Université Dalhousie et chercheur principal à PEARL.

Le manque de données récoltées va nuire au niveau international à la validation des modèles climatiques, ce qui fera sans doute bien plaisir aux négationnistes du climat.

La fermeture de PEARL découle directement de l’arrêt du financement par Ottawa de la Fondation canadienne pour les sciences du climat et de l’atmosphère, qui depuis 2000, avait versé 118 millions de dollars à la recherche arctique.

Le gouvernement Harper a décidé de ne pas renouveler son soutien à ce programme en 2010, à la fin de l’Année polaire internationale.

Interrogé sur la fermeture du laboratoire, le ministre de l’Environnement Peter Kent a dit que son ministère était prêt à donner 250 000 dollars à PEARL, pas plus, faute de fonds.

On va donc fermer un laboratoire essentiel pour économiser 1,25 million de dollars par an.

Hier, le Directeur parlementaire du budget Kevin Page a estimé dans un nouveau rapport (pdf en français) qu’une seules des 10 mesures de la loi C-10 allait coûter 145 millions de dollars au Canada, dont 137 millions seront payés par les provinces.

Un centième de ce montant aurait suffi aux chercheurs.

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Les provinces, dont naturellement le Québec devraient prendre le relais du fédéral. Ce serait une bonne façon d’occuper le terrain sans avoir à en payer un prix exorbitant et de faire du coup œuvre utile.

«Nul vainqueur ne croit au hasard.»
[Friedrich Nietzsche]

Dans cet article du Devoir:

On mentionne: « Dans son dernier budget en 2011, le gouvernement conservateur s’est engagé à verser 35 millions au Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNGC), lequel finance le réseau CANDAC, qui fournissait 1,5 million au laboratoire PEARL. »

Ce qui serait intéressant de savoir est si le CRSNGC a fait ce choix librement, ou s’il se l’a fait imposé par le ministre responsable du CRSNGC (Christian Paradis).

Monsieur Harper n’est pas préoccupé par l’avenir de la planète mais par les difficultés de l’industrie pétrolière des sables bitumineux. Définitivement je ne crois pas être canadien dans ce pays actuel et dire que mon ancêtre était qualifié de canadien par les habitants du Haut-Canada! Serait-ce que je suis québécois?

SVP l’utilisation du mot négationniste n’est vraiment pas appropriée.

Les budgets de recherche ne sont pas éternels. Ça évite de s’assoeir sur ses lauriers j’imagine. Je doute pas qu’il y ait des façons de récolter des données qui ne nécessitent pas 1.5 millions de dollars de roulement par année.

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