Avis aux politiciens: en cas d’urgence, appelez la science

Trop peu, trop tard et mal : voilà en substance comment le gouvernement britannique utilise les compétences des scientifiques pour affronter des situations d’urgence nationales.

Le House of Commons’ Science and Technology Committee a publié cette semaine un rapport très critique qui analyse en détail comment les politiciens britanniques se sont appuyés sur l’expertise scientifique pour gérer des crises telles que la pandémie de grippe, l’épisode des cendres volcaniques qui ont paralysé l’espace aérien et des cyberattaques.

« We have been left with the impression that while science is used effectively to aid the response to emergencies, the Government’s attitude to scientific advice is that it is something to reach for once an emergency happens, not a key factor for consideration from the start of the planning process. »

Autrement dit, même si les scientifiques aident le gouvernement à gérer la réponse à ces urgences, ils ne sont pas intégrés au processus de décision politique, ce qui nuit à l’efficacité des mesures prises.

Le rapport rappelle entre autres que le gouvernement de Gordon Brown n’a jamais pris au sérieux les géologues de la Geological Society qui l’avaient pourtant averti que les volcans islandais finiraient par jouer des tours au trafic aérien.

Si je m’appelais Stephen Harper, qui n’a toujours pas de conseiller scientifique, ou Jean Charest, qui vient de recevoir une demande de moratoire sur le gaz de schiste signée par une centaine d’universitaires, je lirais attentivement ce rapport…

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Dans le cas particulier de la grippe, la « science » et les « scientifiques » n’étaient pas de bon conseiller. La menace était exagéré et les avantages du vaccin aussi.

Dans le cas des gaz de schiste, il est certain que les gouvernements devraient avoir une oreille attentive, du moins plus qu’aux lobbyistes des compagnies.

Désolé, mais la « science » n’est pas toujours bonne conseillère.

@Dominic Pageau

Selon vous, la science pourrait être de bon conseil dans le cas du gaz de schiste mais pas dans celui de la grippe A(H1N1). Quels sont alors les critères objectifs qui nous permettraient de départager les domaines dans lequels la science pourrait s’appliquer de ceux où elle ne devrait pas le faire?

Votre exemple de la grippe ne remet pas en question la pertinence de la science. Les interventions sur la grippe ont été dictées par les connaissances disponibles à ce moment-là et sur le potentiel (réel) de mutation du virus en une variante délétère. Que cela ne se soit pas concrétisé, on ne peut que s’en réjouir. Facile de dire après coup que l’intervention à été disproportionnée. Par contre de le constater permet d’affiner les procédures d’intervention futures. C’est aussi comme ça que la science et la connaissance avance.

Personnellement, je pense que la science doit être prise en compte dans tous les domaines et dans toutes les problématiques. La science, c’est une démarche de connaissance objective des choses. Notre société peut-elle faire le choix délibéré de se passer d’un tel outil d’aide à la décision? Je dis bien aide à la décision car d’autres considérations (d’ordre social, économique, etc.) peuvent également entrer en ligne de compte.

Quand il s’agit de politique, l’opinion d’un scientifique est aussi biaisée que n’importe qui. J’irais même plus loin, les scientifiques ont tendance à avoir une certaine arrogance faisant en sorte qu’ils surestiment totalement leurs compétences. Une fois qu’ils savent résoudre des équations différentielles couplées, beaucoup commencent à croire que leur opinion, peu importe le sujet, vaut de l’or. Les fameuses pétitions d’un nombre X de scientifiques me font souvent rire.

Je dis tout cela en me basant sur mon expérience au cours d’une dizaine d’années dans le milieu universitaire.

@ glev, dans le cas bien précis de la grippe, elle avait frappé au Sud avant, sans faire plus de ravage que les épisodes de grippes annuels ordinaires. Les chances de mutation vers un virus plus virulent sont très très petite, quand elle arrive, comme elle est virulente, elle est moins contagieuse. Les épisodes de grippes n’ont rien à voir avec ceux du début du 20 iême siècle.

Et les avantages de la vaccination contre la grippe ne relève que d’opinions d’expert, la science ne les valident pas comme le démontre Tom Jefferson de Cochrane qui a fait plusieurs méta analyse sur le sujet.

Une sur les évidences de la protection, et une autre sur le financement de ces travaux, leur diffusion et leur qualité

http://www.bmj.com/cgi/content/short/333/7574/912?ehom=&eaf

http://www.bmj.com/content/338/bmj.b354.abstract

@Dominic

Conspirationisme, ou vérité? Parce que il y a eu beaucoup de bullshit…

@Mathieu

Un ‘logue’ en sait plus quand même sur son sujet qu’un citoyen lambda, soyons sérieux.

Il y a un anti-intelectualisme général au Québec, pas mieux qu’aux States…

Le groupe de scientifiques, maintenant près de 150, que vous mentionnez en fin d’article ont récidivé le lundi 4 avril …

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