Bébés guérisseurs

Bébé-éprouvette, cellules souches, bébé-médicament… Chaque fois qu’elle repousse les limites du possible, la science soulève de nouvelles questions éthiques.

Il y a déjà sept ans que le premier bébé-médicament est né, aux États-Unis. Le petit Adam Nash a été conçu in vitro dans le but de sauver sa sœur Molly, atteinte d’une maladie mortelle : l’anémie de Fanconi. Mais avant qu’Adam puisse voir le jour, 14 embryons avaient été examinés, puis détruits. Car le bébé doit être parfaitement compatible avec la personne qu’il est appelé à guérir. Une compatibilité que seuls la fécondation in vitro et le diagnostic préimplantatoire peuvent garantir.

Quelles devraient être les limites de l’application de telles méthodes ? En Grande-Bretagne, où une loi adoptée en 2005 permet la conception de bébés-médicaments pour traiter des personnes souffrant de maladies mortelles, notamment des maladies sanguines rares, on se pose la question. Dans un rapport déposé en septembre, le Parlement suggère d’assouplir la loi afin qu’on puisse aider des enfants victimes de maladies graves, mais pas forcément mortelles, comme des troubles aux reins ou à la colonne vertébrale. Cette proposition soulève la controverse, car la frontière est mince entre l’eugénique et la sélection de propriétés génétiques pour sauver un enfant.

Au Canada, la Loi sur la procréation assistée — une des plus complètes au monde — permet le diagnostic préimplantatoire s’il s’agit de dépister d’éventuelles anomalies génétiques. Il est seulement interdit de s’en servir pour choisir le sexe de l’enfant. Rien n’empêche donc que des bébés-médicaments aient pu voir le jour au pays…

Afin d’éviter le recours à ce moyen controversé, les scientifiques espèrent mettre au point des cellules capables de guérir les maladies génétiques, sans passer par la conception d’un enfant. C’est tout l’enjeu de la recherche sur les cellules souches.

Techno

La forme du nez, des mâchoires, des oreilles ou de la tête recèle une foule d’indices sur la présence de maladies d’origine génétique chez un individu. En fait, plus de 700 syndromes génétiques auraient une incidence sur les traits du visage, notamment le syndrome de Williams et celui de Down, communément appelé trisomie 21. Grâce à un nouveau logiciel mis au point au University College de Londres, la numérisation des visages en trois dimensions et l’analyse des traits aideront les médecins à déceler rapidement des mutations génétiques rares. Pour le moment, le logiciel sait reconnaître une trentaine de pathologies. Taux de réussite : 90 % !

Le conseil du mois

Si vous dormez mal, éteignez votre téléviseur ou votre ordinateur de deux à trois heures avant d’aller au lit. La qualité de votre sommeil en sera améliorée. Selon une étude menée auprès de 5 875 Japonais, les personnes qui terminent la soirée rivées à un écran dormiraient le même nombre d’heures que les autres, mais se sentiraient moins reposées au petit matin.

Quoi de neuf au Québec ?

Les médecins qui ont échoué à l’examen d’aptitudes en communication avec les malades (EAC) du Conseil médical du Canada font beaucoup plus souvent l’objet de plaintes de la part de leurs patients que ceux qui ont obtenu une note élevée. Les candidats pénalisés à l’examen sont ceux qui adoptaient une attitude condescendante, offensante, etc. C’est ce qu’a révélé une étude dirigée par la professeure Robyn Tamblyn, de l’Université McGill, dont l’équipe a suivi pendant 10 ans 3 424 médecins québécois et ontariens. La chercheuse suggère d’intégrer l’EAC au processus d’admission dans les écoles de médecine.

Chikungunya

C’est le nouveau virus qu’il faut craindre, selon les épidémiologistes. Comme ils le redoutaient, le chikungunya, présent dans les pays de l’océan Indien, vient de faire son entrée en Europe en se faufilant par l’Italie, où plus de 160 cas de personnes atteintes ont été signalés ces dernières semaines. Les symptômes ressemblent à ceux du paludisme ou de la dengue : douleurs musculaires et articulaires pouvant clouer le patient au lit pendant plusieurs mois, forte fièvre, éruptions cutanées. Les autorités italiennes ont confirmé que ce virus, autrefois rare, a muté en une souche virulente qui se répand rapidement. La maladie se serait installée au sein des colonies italiennes de moustiques, qui constituent le principal vecteur de transmission. Depuis 2005, le chikungunya a infecté au moins 1,4 million d’Indiens et en a tué plusieurs milliers.

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