Bientôt la saison des lacs bleu-vert

Y aura-t-il des cyanobactéries dans les lacs du Québec cet été? Oui, pour la simple raison que ces microorganismes, qu’on appelle à tort algues bleu-vert, sont répandus sur la planète… depuis 3,8 milliards d’années ! Faut-il s’en préoccuper? Oui, car les activités humaines ont entrainé à de nombreux endroits sur la planète, dont bien des lacs du Québec, une prolifération anormale de certains d’entre eux. Au point de mettre en péril la qualité de l’eau, la rendant impropre à la consommation et à la baignade.

On connait les responsables de la situation actuelle au Québec : la dénaturalisation des berges des lacs et des cours d’eau qui s’y déversent, l’agriculture intensive, les débordements des réseaux d’égouts, des stations d’épuration et des milliers de fosses septiques totalement inefficaces, l’usage de détergents phosphatés. Mais surtout le non-respect des lois et le laxisme dont les autorités, gouvernement provincial en tête, ont longtemps fait preuve dans ce dossier. Le documentaire « Nos lacs sous la surface », qu’on peut se procurer en DVD, l’explique fort bien. Bande annonce et documentation complémentaire ici.

Depuis que les cyanobactéries ont fait la manchette des journaux à l’été 2007, d’innombrables mythes circulent sur ces microbes qui forment parfois d’inquiétants amas à la surface des lacs, qu’on appelle des fleurs d’eau. Les chercheurs du Groupe de recherche interuniversitaire en limnologie et en environnement aquatique (GRIL) expliquent les 11 suivants, tous faux, dans ce document vulgarisé.

  • Les fleurs d’eau de cyanobactériessont un nouveau phénomène.
  • Les cyanobactéries «infectent» les lacs, ou encore, les lacs «attrapent» des cyanobactéries.
  • Il faut nettoyer les embarcations pour éviter de transférer les cyanobactéries d’un lac à l’autre.
  • Les fleurs d’eau de cyanobactéries se développent à la suite d’un manque d’oxygène à la surface de l’eau.
  • Oxygéner l’eau ou mélanger l’eau enraye les cyanobactéries.
  • Le brassage de l’eau par les bateaux cause des fleurs d’eau de cyanobactéries.
  • La qualité de l’eau du lac dépend seulement de ce qui se passe sur ses rives.
  • Les pesticides favorisent l’apparition de cyanobactéries.
  • Les engrais «bio», «éco», «vert» et le compost ne contiennent pas de phosphore.
  • Les pluies acides causent des fleurs d’eau de cyanobactéries.
  • Saler l’eau permet de se débarrasser des cyanobactéries.

Pour aller plus loin, je vous conseille aussi de jeter un oeil à cette revue (pdf en français) de la documentation scientifique publiée sur les cyanobactéries, en lien avec la problématique québécoise. Vous verrez que la question est fort complexe. J’attends vos questions !

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Mme Borde,dans votre liste de coupable, vous citez les stations d’épuration.
Êtes-vous au courant des normes de rejets de ces stations ? Du taux d’enlèvement de ces stations?? Du programme de déphosphatation obligatoire exigé par le gouvernement???
Eh bien, je travaille depuis 15 ans en assainissement des eaux et laissez moi vous dire que sans les stations d’épuration, le taux de phosphate rejeté par les municipalités serait beaucoup plus élevé.
Je travaille pour une municipalité du Témiscouata et je peux vous assurez que nous sommes assujetti à une norme de rejet de 1,0 mg/l. (O-PO4) et testé par un labo accrédité 1 fois par semaine (municipalité de moins de 5 000 habitants.) et à une norme de rejet annuelle basée sur un taux en kg/an de rejet. Je puis vous affirmer que le ministère (du moins la représentante qui s’occupe de notre dossier) ne nous laisse pas de marge de manœuvre. Nos taux de rejets se situe à environ 0.25-0.5 mg/l. O-PO4
Pour nous assurez d’un bon contrôle, nous effectuons non pas une fois/semaine une analyse à l’interne mais 4 fois/semaine. Ainsi donc, nous sommes en mesure d’ajuster la déphosphatation très rapidement.
Pour ce qui est des débordement d’égout, il existe ce que nous appelons les surverses pour les réseaux combinés. (sanitaire et pluvial.) La capacité des stations de pompage étant limité il arrive en situation de fonte et de pluie abondante qu’une partie des égouts combinés débordent dans le milieu récepteurs sans traitement autre que l’effet de dilution due aux pluies abondantes et fonte des neiges. Encore une fois, le suivi et l’entretien des stations de pompage fait en sorte que ces débordement sont au minimum. De plus, depuis près de 20 ans, aucun nouveau quartier et aucune réfection majeure d’égout ne peut ¸être combiné. Il faut obligatoirement être en deux réseaux distinct (pluvial et sanitaire.) ce qui diminue d’autant pus les rejets non traités vers le milieu récepteur.
Je vous l’accorde, certaine municipalité font état de laxisme au niveau du traitement secondaire mais la situation s’améliore constamment car l’aspect environnement de notre emploi est de plus en plus pris au sérieux par les travailleurs (opérateurs et techniciens) et au final, de moins en moins de municipalité laisse le soins du traitement secondaire à des employés non spécialisés.