Bilan routier : comment jouer avec les chiffres

Par la voix de la ministre Julie Boulet, la Société de l’assurance automobile du Québec a publié mardi le bilan routier de l’année 2009, qu’on dit très bon. Pour une troisième année consécutive, le nombre de victimes a diminué. En 2009, 515 personnes ont été tuées dans des accidents de la route au Québec, soit 20,8 % de moins que la moyenne des cinq années précédentes.

Cela veut-il dire pour autant que nos routes sont plus sécuritaires ? Non !

Tout dépend de l’évolution du nombre de kilomètres parcourus pendant la même période.

Imaginez que les Québécois soient de plus en plus nombreux à être à la retraite ou à travailler à la maison, qu’ils commencent à préférer les transports en commun pour aller travailler ou étudier, qu’ils prennent de plus en plus leurs vacances à l’étranger, qu’ils surveillent de plus près leurs notes d’essence, qu’il y ait moins de camions sur les routes du fait de la crise économique…

Bref, imaginez qu’en 2009, les Québécois aient parcouru 30 % moins de kilomètres en moyenne par rapport aux cinq années précédentes.

Dans ce cas, une baisse de 20 % du nombre de décès correspondrait en réalité à une hausse de la dangerosité des routes !

Or ce n’est qu’à la page 23 (sur 24) du bilan routier (pdf) que la SAAQ nous présente, sous la forme d’un graphique, l’évolution du nombre de décès par 100 000 km parcourus.  Rassurons-nous, il a aussi baissé.

Mais tel qu’il est dessiné (avec des lignes continues plutôt que des points qui mettraient en évidence le chiffre pour chaque année), le graphique ne nous permet pas de savoir exactement de combien. Cette information ne figure pas non plus dans le communiqué ou les bilans régionaux de la SAAQ.

Allez voir le graphique, et dites-moi ce que vous en pensez… C’est 20 % ou moins ?

bilanr

S’il n’y avait pourtant qu’un chiffre à donner, ce serait celui-là, et gageons que Mme Boulet le sait très bien.

Avant de se réjouir de l’efficacité du plan d’action ministériel (pdf)  concernant la sécurité routière, il resterait encore à identifier ce qui fait vraiment que la mortalité diminue : plus de surveillance policière, moins d’excès de vitesse ou d’alcool, des radars automatiques dissuasifs… ou des voitures plus solides et sécuritaires, et un hiver moins long?

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Année
de l’accident

Nombre
de victimes
décédées

1973 2 209
1974 1 882
1975 1 893
1976 1 589
1977 1 556
1978 1 765
1979 1 792
1980 1 492
1981 1 463
1982 1 081
1983 1 185
1984 1 225
1985 1 386
1986 1 051
1987 1 116
1988 1 091
1989 1 128
1990 1 072
1991 988
1992 939
1993 945
1994 794
1995 845
1996 858
1997 766
1998 685
1999 762
2000 765
2001 610
2002 704
2003 623
2004 644
2005 707
2006 721
2007 621
2008 557
2009 515
Année
Nombre
de véhicules
en circulation
Nombre
de victimes
décédées
1973 2 265 471 2 209
2009 5 778 947 515

Deux fois et demi plus de véhicules qu’en 2009, quatre fois moins de morts.

Ca veut dire que, toute proportion gardée, il y a 10 fois moins de morts sur nos routes qu’en 1973.
Pourtant, lorsqu’on écoute De Konick, on a l’impression que nos routes, c’est le Nigeria

Merci à la loi qui oblige le port de la ceinture de sécurité partout dans le véhicule (avant et arrière).

Merci à la loi sur les siègss de bébé et petits enfants.

Merci à l’industrie qui nous a enveloppé de coussin gonflable et de véhicule avec un habitacle conducteur et passsager de plus en plus résistants aux collisions (je parle de l’habitacle et non du véhicule en tant que tel car lors d’une collison le véhicule est plus souvent qu’avant une perte totale mais le conducteur et les passagers non.)

Merci aux lois sur l’alcool au volant.

Merci aux techniciens ambulenciers et aux urgentologues qui grâce a l’amilioration des soins de premiere ligne sauvent de plus en plus de vies.

Madame Boulet,

Ce que je n’aime pas chez vous madame, c’est que vous nous prenez pour des cons. Attribuer le bon bilan routier suite à l’installation de photos radar c’est un peu fort. Je comprends le succès financier de l’opération et que vous voulez en implanter d’autres à court terme mais ce n’est pas une raison pour dire n’importe quoi.

Beaucoup ont tendance attribuer à l’implantation de radar-photo la seule fonction de machine à imprimer les dollars. Incompréhension ou mauvaise foi?
Le radar-photo est avant tout un outil de gestion des comportements routiers. La «tarification» qui lui est associée n’est pas différente de celle appliquée par un policier et constitue un des plus puissants leviers de modification des comportements non souhaités.
Cet objectif de modification des comportements routiers, là où ça compte, est plus évident dans la nouvelle génération de radar, le radar-tronçon. Ce type de radar ne «flashe» pas l’automobiliste fautif à un point donnée (ce qui lui donne le loisir d’accélérer par la suite) mais calcule une vitesse moyenne sur un tronçon de route déterminée. Ce qui est nettement plus efficace du point de vue de la sécurité routière.
Les radars-photos ne sont pas non plus en embuscade pour piéger les malheureux automobilistes. Ils sont annoncés à l’avance. L’automobiliste qui se fait «prendre» est soit imprudent ou inattentif. Deux attitudes non souhaitées quand on est au volant.
Et ce n’est pas nécessairement un défaut si, en surplus, les radars font leur frais.

Je dirais plutôt que vous, Mme Borde, vous jouez avec les mots. Vous avez dû chercher longtemps pour trouver ça dans le bilan. Ou bien, quelqu’un vous a suggéré ces chiffres ?

Pas capable d’avoir de bonnes nouvelles dans les médias au Québec. Merci.

Pas fort.

Quoiqu’il en soit, la vitesse tue. Un mort est un mort de trop sans parler des blessés à vie. Qu’attend-on pour atteindre l’objectif « 0 » accident en respectant vraiment les limites de vitesse et le code de la route. C’est comme si c’était normal et fatal un gros accident de temps à autre. Impardonnable les automobilistes qui tuent par leur imprudence. Pur égoïsme de vouloir aller vite et prendre des risques. Majoritairement masculin.

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