Bisphénol: toxique au Canada, mais pas en Europe

Le Canada a officiellement fait du bisphénol A un produit toxique en l’ajoutant le 13 octobre à la liste des substances chimiques qui peuvent nuire à la santé humaine et à l’environnement (annexe 1 de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement de 1999).

Depuis deux ans, il était déjà interdit dans la fabrication de biberons, mais il reste autorisé pour la fabrication d’autres produits en polycarbonate et dans les résines époxydes qui protègent l’intérieur des boîtes de conserve et des cannettes de boissons.

La Gazette du Canada (pdf) présente très clairement les arguments et le processus qui ont conduit à cette décision, une première au monde pour cette substance controversée.

Le 30 septembre, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a quant à elle rendu un avis bien différent.

Ses experts ont conclu – des mêmes études – qu’aucune toxicité neurocomportementale ne peut être attribuée de manière probante au bisphénol, et que la dose journalière tolérable établie pour l’Europe (à 0,05 mg par kg de poids corporel) n’avait pas lieu d’être modifiée.

Alors, toxique ou pas, le bisphénol ?

Difficile de trancher, car il reste très ardu de démontrer hors de tout doute l’effet d’un produit présent en aussi faible quantité dans notre environnement.

Il faut bien se garder des raccourcis. Ce qui est vrai d’études sur des animaux de laboratoire n’est pas forcément aussi évident chez les humains. Et le fait que l’on détecte des traces de bisphénol dans le sang de la plupart des Canadiens ne suffit pas pour affirmer que cette substance nuit vraiment à leur santé.

Néanmoins, les résultats d’études scientifiques comme celle réalisée à l’université de Sherbrooke semblent assez inquiétants pour qu’on puisse en appeler au principe de précaution et essayer de se débarrasser d’une substance dont, en outre, on pourrait facilement se passer.

À condition, évidemment, qu’on ne la remplace pas par quelque chose de pire.

Dans son avis, l’Europe ne s’est prononcée que sur les risques du bisphénol sur la santé humaine, sans considérer ses impacts sur l’environnement.

L’analyse du Canada va plus loin, et c’est peut-être ce qui justifie sa position.

D’ailleurs, la première mesure prise depuis l’inscription du bisphénol sur la liste des substances toxiques vise l’environnement.

Le 16 octobre, le ministère de l’environnement fédéral a publié dans La Gazette du Canada (pdf, voir p 52) une proposition d’avis qui viserait à exiger des industries qui emploient cette substance qu’elles soumettent des plans de prévention de la pollution à l’égard du bisphénol A dans les effluents industriels.

La quantité de bisphénol présent dans les rejets va être limitée à 1,5 microgramme par litre.

Mais les industries qui utilisent déjà cette substance auront jusqu’à la fin 2016 pour se conformer aux nouvelles règles du jeu.

Cela vous semble trop long ? L’avis du 16 octobre lance une période de consultation publique de 60 jours…

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Mme Borde j’ai quelque peu cherché sans succès pour savoir si les sacs pour congélateurs et pour les sandwichs contiennent ce produit.

La deuxième question est: Est-ce que ce produit à une odeur?

Je pose cette question depuis deux ou trois ans.

Espérant un billet ou une réponse.

Merci!

FAUT BOUFFER ENCORE PLUS DE PRODUITS TOXIQUES PUISQUE IL N’Y JAMAIS EU AUTANT DE PERSONNES ÂGÉES AU POINT OU LES CENTRES D’ACCUEILS DÉBORDENT!!

MICHEL

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