Brigade à plumes

Aux États-Unis, un avion a dû faire un atterrissage forcé après avoir heurté des oies, le 15 janvier dernier. Pour éviter de telles collisions, l’aéroport Pierre-Elliott-Trudeau, à Dorval, a engagé une brigade spéciale. Un fauconnier et ses protégés chassent les oiseaux qui se nourrissent sur le terrain de l’aéroport. Voyez-les en action !

Marc-André Fortin, 44 ans, dirige la «brigade» qui pourchasse les volatiles aux abords des pistes de l’aéroport Pierre-Elliott-Trudeau, à Dorval. Son entreprise, le Groupe Prévost-Fortin, possède sept « employés aviaires », dont Mustang (sur la photo), un hybride gerfaut-faucon pèlerin âgé de cinq ans. 

Mustang est spécialiste de la chasse aux canards (comme en témoigne, sur la photo, la plume ensanglantée d’un palmipède qu’il tient entre ses serres). Mais il pourchasse aussi les goélands et les pigeons. Il patrouille un territoire de 18 km2 (près de cinq fois la superficie de la ville de Westmount). « En vitesse de pointe, Mustang peut le parcourir en moins d’une minute », dit Marc-André Fortin. Lorsqu’il fonce sur sa proie, un faucon pèlerin peut atteindre une vitesse de 300 km/h.

 

Avant de partir à la chasse, Mustang doit se soumettre à une pesée. Marc-André Fortin lui couvre la tête d’un « chaperon », ce qui le calme, et le pose ensuite sur une balance. « Si son poids se situe entre 830 et 850 grammes, il travaille bien, car il a suffisamment faim », dit le fauconnier. Mustang est trop lourd ? Son patron lui donne congé pour la journée.

Mustang a profité d’un courant d’air chaud pour s’envoler dans le ciel. Il a dans sa mire un canard. Marc-André Fortin tente de repérer son faucon dans les airs.

Le fauconnier a souvent recours à un appareil de télémétrie pour localiser son oiseau. Mustang porte à sa patte gauche un émetteur, dont le signal sonore est capté par l’appareil.

Marc-André Fortin marche sur le terrain de l’aéroport, à proximité d’un ruisseau, afin d’effrayer le canard pourchassé par Mustang et qui vient de se poser au sol. Dès que sa proie s’envolera, Mustang plongera pour l’attaquer.

Ça y est ! Mustang a cloué le canard au sol, l’enserrant de ses griffes, et lui a arraché des bouts de chair grâce à son puissant bec. Marc-André Fortin maintient les pattes et les ailes de la proie afin qu’elle ne blesse pas son protégé.

Les faucons sont parfois victimes d’accidents de travail ! Des plumes se cassent à l’occasion des combats. Certaines d’entre elles – notamment celles situées au centre de leur queue, leur gouvernail – sont essentielles à leur performance de vol. Les fauconniers les réparent à l’aide de colle et de plumes tombées lors d’une mue (voir la photo).

Mustang a terminé sa journée de travail. Marc-André Fortin lui offre une récompense : de la chair de caille. L’oiseau se nourrit aussi de poussins qu’il avale tout rond…

Daisy, une buse de Harris âgée d’un an, se spécialise dans la chasse aux goélands… en voiture ! Perchée sur le poing de son maître, elle attend le signal pour s’élancer hors de la fenêtre.

Lorsqu’il aperçoit des goélands le long des voies de circulation de l’aéroport, Marc-André Fortin lâche Daisy dans les airs. La buse, qui profite de l’élan de la voiture (celle-ci roule à 60-70 km/h), surprend ses proies à tout coup. Un prédateur qui sort d’une voiture ? Pas possible ! 

Après sa journée de travail, Daisy retourne à son lieu d’habitation, une volière sur le terrain de l’aéroport. Elle en profite pour boire et prendre un bain.

 

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