Ça va barder en 2010

L’écart salarial entre les omnipraticiens et les spécialistes ne cesse d’augmenter. Les prochaines négos avec le gouvernement s’annoncent corsées, promet le Dr Louis Godin.

Photo : Jacques Nadeau

Les médecins omnipraticiens s’apprêtent à se lancer dans des négociations avec Québec, qui risquent d’être déterminantes pour susciter les vocations de médecins de famille ! « Le gouvernement a clairement dit qu’il voulait faire de la médecine familiale sa priorité, souligne le Dr Louis Godin, président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec. Il doit maintenant nous donner les moyens d’attirer de jeunes étudiants et de les garder, en leur offrant de bonnes conditions de pratique. »

Parmi les points chauds des négociations, qui s’amorceront en janvier : la réduction de l’écart entre la rémunération d’un omnipraticien et celle d’un spécialiste. Écart qui ne cesse de se creuser : un spécialiste gagne aujourd’hui 55 % de plus qu’un omni, contre 20 % en 1970 !

Le Dr Godin astique déjà ses gants de boxe en prévision des négociations de janvier 2010. « Nos membres voudront être entendus. Soyez assuré qu’on va prendre les moyens nécessaires. »

La Fédération prévoit négocier une augmentation des tarifs perçus pour le traitement de certains patients « lourds », atteints de maladies mentales par exemple, une augmentation des sommes attribuées pour les frais de cabinet et une nouvelle structure de rémunération pour les médecins qui offrent des soins de longue durée.

La liste du Dr Godin ne s’arrête pas là. Il rêve du jour où chaque médecin pourra compter sur l’appui exclusif d’une infirmière. Il faudra trouver l’argent pour les payer… et pour compenser financièrement les médecins qui superviseront leur travail. Les cabinets souffrent aussi d’insuf­fisance sur le plan informatique. Il faudra plus d’argent pour l’équipement, les logiciels et leur entretien.

La Fédération des médecins spécialistes du Québec, dont l’entente générale avec le gouvernement arrive aussi à échéance en 2010, devrait-elle laisser à sa cousine le plus gros morceau du gâteau financier, qui s’annonce bien maigre ? Le Dr Gaétan Barrette, fier bagarreur, se hérisse dès qu’on y fait simplement allusion. « Nos revendications sont tout aussi légitimes, martèle le président. Nous n’avons pas encore atteint la parité avec les autres provinces. On perd des spécialistes à cause de ça ! »

Le ministre Bolduc peut « attacher sa tuque avec de la broche » !

 

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