Campus délocalisés : entre le moratoire des étudiants et le NON de Line Beauchamp

Parmi les sept propositions présentées hier par la Fédération étudiante collégiale du Québec  et la Fédération étudiante universitaire du Québec à la ministre de l’éducation Line Beauchamp figure celle d’un moratoire de cinq ans sur les campus délocalisés, tel que recommandé dans une étude publiée l’an dernier par des chercheurs du CIRANO et financée par le ministère des Finances.

Selon cette étude dirigée par Manuel Crespo, professeur à l’université de Montréal, il existe actuellement 297 sites d’enseignement universitaire situés hors des campus principaux au Québec, organisés sous forme de succursales, de points de services, ou de Centres de gestion autonome.

Même si ce phénomène a pris beaucoup d’ampleur depuis 25 ans, il reste toutefois marginal, puisqu’en moyenne seuls 1 113 des 22 911 «effectifs étudiants équivalent temps plein» de chaque université fréquentent ces établissements.

En soi, l’idée de délocaliser les lieux d’enseigmement supérieur pour les rapprocher de la population semble tout à fait louable.

Le problème, selon le CIRANO, c’est qu’il n’existe aucune instance, loi ou réglement qui encadre spécifiquement le développement de cette offre. D’où l’idée d’un moratoire, le temps d’y voir un peu plus clair et de déterminer si ces services répondent vraiment au mandat des universités et justifie le financement qui leur est accordé.

La ministre de l’éducation a rejeté d’emblée l’idée d’un moratoire sitôt l’étude publiée fin novembre, arguant du fait qu’une seule demande était à l’étude – celle de l’université du Québec à Trois-Rivières qui offrira dès cet automne des cours à Drummondville.

Mais Mme Beauchamp ne s’est pas prononcée sur le diagnostic posé par les chercheurs du CIRANO, et n’a jamais évoqué publiquement l’idée de revoir les lois, les réglements ou les instances qui encadrent les campus délocalisés.

Plutôt que de rejeter en bloc les propositions des étudiants, ce serait le moment de faire preuve d’un peu d’ouverture en reconnaissant le problème diagnostiqué par les chercheurs.

Pourquoi Mme Beauchamp ne propose-t-elle aujourd’hui pas des solutions alternatives au moratoire sur les campus délocalisés, en gage de bonne volonté ?

Retirer le mandat de superviser ces activités à la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec, que les étudiants comme les chercheurs accusent d’être juge et partie dans le dossier, pour le remettre à la Commission d’évaluation des universités du Québec, comme le demandent la FECQ et la FEUQ, semble tout à fait justifié.

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7 commentaires
Les commentaires sont fermés.

Je m’attendais à ce que le problème soit la qualité de l’enseignement, ou la compétition croisée, ou bien l’inefficacité de la mesure sur l’accessibilité en engendrant des cout supplémentaires en infrastructure refilée au étudiants.

Mais que le rapport conclue que le problème soit un manque de loi? Il me semble qu’il manque de viande sur l’os.

Les leaders de la FECQ et de la FEUQ n’étaient inscrits à aucun cours!

Léo Bureau-Blouin a terminé son CEGEP en mai 2011 et est en “année sabbatique” depuis ce temps.

Martine Desjardins termine sa quatrième année d’études au doctorat. Si ce sont des années après la maitrise, elle devrait avoir déjà terminé ses études doctorales (il y en a toujours qui sont plus lents que d’autres). Quoi qu’il en soit, à l’aube de sa 5 ème année d’études de doctorat, on ne suit plus AUCUN cours et elle est donc très mal placée pour encourager au boycottage des cours puisque ce boycott ne l’affecte en rien. Tout le monde sait, d’ailleurs, que les étudiants en boycott qui avaient à leurs programme un mélange de cours et de stages ne boycottent nullement leurs stages!

Pendant ce temps, ceux qui s’étaient inscrits à 5, 6 ou 7 vrais cours souffrent beaucoup. Les conséquences psychologiques, académiques et financière seront énormes. Mais aucun journaliste ne pointera leur micro devant eux. Ils souffriront en silence et dans l’oubli. Certains décrocheront pour toujours.

Martine Desjardins et Léo Bureau-Blouin peuvent se balancer qu’un boycott de cours dure une éternité puisqu’ils n’étaient eux-mêmes inscrits à aucun cours.

C’est ça la démocratie étudiante: 2 leaders qui ne suivent aucun cours mais qui tiennent mordicus à ce que ceux qui étaient inscrits à 5, 6 ou 7 cours, les boycottent tous, au détriment de leur futur et de leur santé psychologique. C’est cynique et révoltant.

« mai 3, 2012 à 12:21 »

On dirait une bonne vieille attaque ad hominem …

Bravo …

« Martine Desjardins termine sa quatrième année d’études au doctorat. Si ce sont des années après la maitrise, elle devrait avoir déjà terminé ses études doctorales (il y en a toujours qui sont plus lents que d’autres). »

Mais je vais vous relancer …

Dites moi … c’est tout le respect que vous avez pour vos propres etudiants au doctorat ? ceux de vos collegues ? de votre centre de recherche ?

« il y en a toujours qui sont plus lents que d’autres »

… Ouf …

Pour ma part, je comprends que le cas des representants des etudiant est un peu particulier d’une part et je vois pas en quoi ca enleve une legitimite a la greve ou a ceux qui pensent qu’on peut financer autrement, mais ensuite il me semble que des etudiants vont prendre plus de temps que d’autres et pour toutes sorte de raisons.

Des fois une reorientation apres la maitrise , des fois des etudiants commencent a donner des cours, des fois le sujet devient plus riche ou plus difficile, un encadrement du directeur de these plus ou moins adequat, ensuite des fois prendre un peu plus de temps peut etre avantageux et donc mettre tout dans etre plus lent me semble un peu rapide.

—-

Pour voir tout le mepris des certains recteurs …

http://www.985fm.ca/em/puisqu-il-faut-se-lever-391.html

Moi j’invite les internautes a regarder la discussion entre Martine Desjardin et Guy Breton.

(1) A aucun moment on est en mesure de chiffrer de la part de Guy Breton combien de professeurs on vise et comment on envisage depenser les sommes additionnelles …. malgre les nombreuses questions a ce sujet.

Je veux bien que pour lui l’etudiante ne soit pas digne de comprendre toute l’ampleur de son plan strategique (« buzz word » … ) mais en environ 15 min, il a rien pu a dire d’explicite sur son fameux plan strategique c’est tout de meme absurde.

On vise tant de ceci ou cela et le montant x permettre de financer w,y,z … pas complique …

(2) Le sous financement est evalue simplement en regardant combien ont de plus les autres universites canadienne … mais aucun calculs des besoin pour l’universite … c’est tout de meme suprenant …

a moins que les deux calculs ne coincident pas et qu’on prend celui qui fait le plus notre affaire …

(3) A un moment il evoque le montant de difference, ensuite le fait que la majeure partie des couts d’une universite est les salaires et puis le salaire des professeurs … (vers minute 9)

On pourrait avoir l’impression, c’est probablement involontaire de la part du recteur, que c’est des milliers de professeurs qu’on engagerait dans son universite …

(4)

On evoque de maniere generale ( sophisme) …. voulez vous des universites du tier monde …

J’ecoute ca et je me dis … est-ce que c’est l’attitude qu’on veut d’une personne en charge d’une universite.

J’aimerais rappeler au recteur que dans son institution bien des chercheurs font des collaborations avec des chercheurs dans differentes institutions dans le monde, passe des annees sabatiques ici et la …

Que son universite dans son plan d’internationalisation fait des liens avec differentes universites qu’on pourrait qualifier de different calibre …

C’est comme ca qu’il voit ses partenaires moins bien classe, comme des universite du tier monde …

Son universite vise aussi a attirer des etudiants d’ailleur … c’est quoi le message qu’il envoie que de son point de vue ceux-ci viennent d’universite du tier monde …

Pour ma part je trouve ca meprisant et je me demande comment un recteur peut parler de meme.

(5)

Pour avoir ecoutez le representant de la conference des recteurs evoquer l’augmentation des depenses administratives par … on paie tout de meme pas les gens a rien faire …

On voit bien toute l’ouverture pour une discussion generale de la mission et du financement des universites …

Il parraitrait même que les représentants étudiants… tenez vous bien… ne mange pas leurs 5 à 10 portions de fruits et légumes par jours!!!

N’est-ce pas suffisament scandaleux pour qu’on se permette de dévier le débat sur cette technicalité plutôt que de se concentrer sur le vrai problème de l’accessibilité à l’éducation?

Je crois que nous avons un filon.

Allez je vous relance si vous partez le bal.

Moratoire. C’est le mot à la mode, le mot de l’année.

On arrête tout: stop the world, I want to get out, disait je ne sais plus qui dans les années 70.

Le Québec va si vite, on s’attaque tellement à des credos, on touche à tellement de groupes d’intérêt, que la solution ne réside plus qu’à un seul mot: moratoire.

Le summum du moratoire c’est Legault qui l’a évidemment. Après les 10 ans de moratoire constitutionnel du p’tit Mario en 1995, Legault vient d’ajouter un autre 10. Toute une génération aura donc éviter de parler de la question nationale! Chapeau M. Legault.

Le moratoire, c’est le refus de voir la réalité, d’affronter les problèmes et défis de la vie.
Pathétique lorsque toute une société s’enfonce dans les moratoires.