Cancer du sein : faut-il écouter Angelina Jolie?

L’actrice américaine Angelina Jolie raconte aujourd’hui dans le New York Times qu’elle a opté pour une double mastectomie préventive après avoir appris qu’elle était porteuse du gène BRCA1, qui augmente considérablement le risque de développer un cancer du sein ou des ovaires.

La nouvelle fait grand bruit, car il est rare qu’une personnalité publique se livre à ce sujet, surtout dans un milieu ou l’apparence physique est aussi importante.

L’actrice de 37 ans espère que le récit de son expérience bénéficiera à d’autres femmes.

Sa lettre ouverte est définitivement une bonne chose, car elle contribue à briser le tabou sur cette opération. Bravo!

Cependant, il ne faudrait pas en déduire que face à un risque élevé de cancer du sein, la double mastectomie est forcément le meilleur choix, et que se faire tester pour savoir si l’on est ou non porteur du gène à risque est aussi la seule option valable.

C’est à chaque femme de décider si elle souhaite ou non se faire tester, et ensuite se faire ou non opérer.

L’important, c’est d’offrir à toutes les femmes la possibilité de faire des choix éclairés, en leur présentant l’information de manière complète, compréhensive et objective.

Et que le milieu médical comme les proches de ces femmes respectent leur décision, même si elle sera peut-être fort différente de celle de l’actrice américaine.

La double mastectomie réduit de beaucoup le risque d’un cancer pour les femmes porteuses du gène BRCA1 comme Angelina Jolie.

Dans son cas, elle est passée de 83% de risque à 5%, explique-t-elle.

Mais cela signifie que sur 100 femmes qui font une double mastectomie suite à ce diagnostic, 17 se seront exposées aux risques de la chirurgie sans bénéfice autre que celui (non négligeable) de voir leur anxiété diminuer, et 5 auront quand même un cancer du sein.

C’est un pensez-y bien.

Dans la balance, il faut aussi mettre le poids et les bénéfices des mammographies préventives qui pourraient permettre de déceler plus tôt un éventuel cancer chez ces femmes à risque.

Considérer aussi le poids et les chances de succès du traitement advenant un cancer. Même si les cancers du sein qui surviennent à un jeune âge sont plus agressifs, le taux de survie à cinq ans au cancer du sein est de 88%.

Même la décision de passer ou non un test génétique pour les femmes ayant d’importants antécédents familiaux ne doit pas être prise à la légère.

Il faut penser à comment on va partager l’information avec les autres membres de la famille (soeurs et filles surtout), qui, elles, pourraient éventuellement ne pas vouloir savoir, et dont on devra respecter le choix.

Il faut aussi penser aux conséquences sur, par exemple, l’assurance, car un résultat positif risque fort d’empêcher de contracter une assurance vie (le Canada n’a pas, contraitement aux États-Unis, de loi sur la discrimination génétique).

Chaque femme devrait pouvoir en discuter avec son médecin, et bénéficier d’un conseil génétique de qualité.

Pour aider les médecins, des chercheurs de l’Université Laval ont élaboré un outil d’aide à la décision (pdf) spécialement consacré à cette question.

Vous pouvez toujours en suggérer la lecture à votre médecin avant d’aborder le sujet avec lui…

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Sans imiter le geste, ce que je retiens de ce message c’est qu’elle dit aux femmes et hommes c’est que la grosseur des seins et la fixation sur la proitrice d’une femme, bien arrêtez de focuser là-dessus. Une femme qui choisit l’augmentation du contour de poitrine c’est son choix. Est-ce qu’on peut s’accepter telle qu’on est, quitte à se faire critiquer, on s’assume, point. Concernant la double mastectomie ça se passe entre le médecin et la personne.

Etant donné que la mère d’Angélina Jolie s’appelait Marcheline Bertrand (racines lanaudoises), nous avons des raisons génétiques de nous sentir plus particulièrement interpelées. J’ai lu aujourd’hui que ce type de cancer du sein est indétectable à la mammographie, car il ne produit pas de calcifications. Détectable ou non à temps, je trouve les femmes « prédisposées » bien courageuses.

Il faudrait d’abord tout faire pour prévenir le cancer, avoir une bonne alimentation, ne pas fumer, boire de l’alcool avec modération, avoir unpoids santé, faire de l’exercice et éviter les chirurgies d’augmentation mammaire…Je crois que lorsque l’on est à risque, ces mesures sont appropriées pour mettre toutes les chances de son bord…

Tout à fait d’accord avec la décision d’Angelina Jolie, je comprends moins les réactions des gens qui s’en disent choqués. Plusieurs facteurs entrent ici en ligne de compte : le facteur de risque génétique bien réel, l’âge (37 ans) et surtout l’existence de jeunes enfants.
Ayant moi-même eu un faux diagnotic de cancer du sein alors que mes enfants étaient encore très jeunes, je suis convaincue que j’aurais alors tout fait pour prolonger mes jours pour que mes enfants ne risquent pas d’être privés de la présence de leur mère pendant les années charnières de leurs existence. Dix ans plus tard, lorsque l’on m’a annoncé un cancer du sein nécessitant l’ablation totale d’un sein, ma réaction, bien que différente, mes enfants étant devenus autonomes, a été de ne pas hésiter et de subir le test génétique, trois de mes frères et soeurs étant dèjà décédés d’un cancer.
Heureusement pour moi et ma famille (soeurs, filles et nièces et mêmes frères, fils et neveux) le test était négatif . Je ne suis donc pas porteuse d’un gêne défectueux. J’ai donc subi l’ablation d’un sein et conservé l’autre, le risque de contracter un cancer dans ce dernier étant le même pour moi que pour la moyenne des femmes.
Il appert donc que, selon les circonstances de la vie, les choix à faire sont des plus personnels. Qu’Angelina Jolie, dont la vie est scrutée à la loupe par des miliers de personnes, ait la générosité de partager son expérience pour démystifier le fait de perdre des aspects essentiels de la féminité, me paraît oeuvre utile.
Ici, au Québec, nous avons la chance immense de pouvoir faire des choix éclairés sans contrainte monétaire, l’ablation et la reconstruction étant couverts par l’assurance maladie. Laissons les femmes choisir, mais donnons-leur les outils pour faire ces choix selon leur propres critères.

Moi, les deux bras m’ont tombés, lorsque j’ai entendu Angelina Jolie raconter qu’elle avait subi une double ablation des seins par prévention!!! Ayoye!

Moi je la trouve complètement à côté de ses pompes. Ça me chavire complètement que la terre entière salue son courage!!! Va-t-on se couper une jambe avant d’entrer à l’hôpital, parce qu’on peut attraper la bactérie mangeuse de chair? Même si on a un gêne malade, il me semble qu’on attend d’arriver à la rivière, avant de prendre une telle décision. Pour moi, ce n’est pas du courage, c’est l’obsession de la maladie et d’imaginer le pire, avant même d’être atteint. Pour le courage, on repassera!

@carike: si cela peut vous consoler, Mme Jolie n’a pas perdu 1 seul cm carré d’épiderme pendant l’opération. L’opération est donc beaucoup moins dramatique que votre exemple d’amputation de jambe laissait croire… La beauté étant largement épidermique, et l’épiderme de Mme Jolie ayant été préservé, un bon gonflement prosthétique et Brad Pitt n’y verra que du feu, sinon, qui sait, une amélioration…

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