Carences et délinquance

On le soupçonne depuis quelque temps déjà : le manque de vitamines peut nuire au fonctionnement du cerveau. Le Dr John Stein, neurophysiologiste à l’Université d’Oxford (Angleterre), va plus loin : selon lui, une bonne alimentation pourrait améliorer notre comportement.

Pour valider son hypothèse, il mènera une vaste étude au cours des trois prochaines années. Ses cobayes : 500 détenus de trois prisons britanniques, qui devront avaler une dose quotidienne recommandée de vitamines, de minéraux et d’acides gras. Pendant la même période, 500 autres détenus prendront des placebos.

L’hypothèse du Dr Stein tire son origine d’une étude semblable menée sur 231 volontaires, pendant neuf mois, par l’association caritative britanniqueNatural Justice. Les résultats, parus en 2002 dans le British Journal of Psychiatry, sont surprenants : les prisonniers mieux alimentés avaient commis 26,3 % moins d’infractions au règlement que leurs compagnons et 37 % moins de crimes violents. L’expérience a été reproduite aux Pays-Bas, où les délits ont cette fois chuté de moitié !

Dans sa nouvelle expérience, le Dr Stein étudiera en détail le mécanisme des nutriments en prélevant des échantillons sanguins sur les sujets et en suivant leur rythme cardiaque. La variabilité du rythme cardiaque serait indicative du degré de contrôle qu’une personne a sur son système nerveux. Selon le chercheur, le fonctionnement des membranes des cellules nerveuses et de leurs molécules de signalisation dépend étroitement d’un apport adéquat de nutriments. Bien entendu, l’alimentation n’est pas la seule cause d’agressivité, mais les chercheurs pensent que l’augmentation de la consommation de « calories vides » au cours des 50 dernières années aurait contribué à l’accroissement de la violence dans la société.

 

Conseil du mois

Vous voulez maigrir ? Oubliez les boissons hypocaloriques. Car mieux vaut absorber du sucre que des édulcorants. C’est ce que suggèrent des études menées à l’Université Purdue, en Indiana. Les chercheurs ont nourri des rats avec du yogourt sucré au sucre ordinaire, et d’autres, à la saccharine. Les rats avaient aussi droit à un buffet à volonté de leur nourriture habituelle. Cinq semaines plus tard, les rats nourris à la saccharine avaient gagné davantage de poids que les autres. Les chercheurs pensent que les édulcorants perturberaient une fonction inconsciente du métabolisme. Le corps se servirait de la quantité de sucre ingérée pour déterminer le nombre de calories assimilées et envoyer un message de satiété. Les édulcorants désactiveraient ce mécanisme qui régule l’appétit en faussant la relation entre le nombre de calories avalées et la sensation de satiété ressentie par le mangeur.