Ce qu’il faut savoir pour « autogérer » la COVID-19

Vous êtes perdu dans les consignes sanitaires ? On le serait à moins ! Petit guide des bons réflexes à acquérir et des gestes à accomplir en cas de diagnostic positif. 

georgeclerk / Getty Images

La vague Omicron a obligé les autorités à bien des acrobaties. Elles ont dû choisir comment réduire d’urgence les contacts en présence d’un variant très contagieux qui échappe en partie à l’immunité, tout en composant avec les problèmes de dépistage, la croissance rapide des hospitalisations et tous les autres effets d’une hausse brutale des cas, comme l’absentéisme dans le réseau de la santé et dans les services essentiels, ainsi que le découragement des citoyens à la veille des Fêtes. 

Au Québec, après des mois de tergiversations, les tests rapides ont été mis à la disposition de la population en urgence, mais surtout en quantités insuffisantes. 

Les multiples conférences de presse des autorités ont porté à confusion, avec des informations manquantes ou pas assez détaillées. La correction rapide de certaines mauvaises décisions — par exemple l’idée de ne plus tester les enfants en contact avec un cas positif dans les garderies — en a ajouté une couche. Au secours !

Quand le gouvernement parle d’autogestion de la COVID-19, c’est qu’il espère que la population va acquérir un certain nombre de bons réflexes pour minimiser la circulation du virus, sans qu’on ait besoin de lui rappeler quoi faire à tout bout de champ.

Vous êtes perdu dans les consignes ? On le serait à moins ! Le mieux est de consulter la page Web du gouvernement sur les mesures en vigueur, qui indique notamment les limites imposées aux rassemblements et aux activités comme les sports. On y apprend aussi quelles règles particulières s’appliquent à certains milieux tels que les CHSLD ou les écoles. Elle est mise à jour quand les consignes changent, à quelques heures près. Mais voilà ce qu’il faut savoir d’autre. 

Symptômes = isolement, avec ou sans test

Pour éviter de propager le virus, il faut réagir et s’isoler dès qu’on a un des symptômes pouvant faire penser à la COVID, en jaugeant le risque que le virus soit en cause. Vous avez un gros mal de tête le matin après une soirée bien arrosée ? Si c’était seulement dans votre bulle familiale et que vous n’avez pas eu grand contact avec l’extérieur, l’alcool est probablement responsable ! Mais attendez quand même de voir comment ça évolue. 

Un mal de tête surgit sans raison ? Pensez COVID. Plus d’un symptôme (par exemple, petit mal de gorge + fatigue), ou bien des contacts récents hors de votre bulle : ne prenez aucun risque ! 

Par les temps qui courent, le SRAS-CoV-2 est le virus qui domine très largement parmi tous les pathogènes susceptibles de donner ce genre de symptômes. Il faut supposer par défaut qu’il est en cause et vous isoler en cas de symptômes, même si vous ne pouvez pas le vérifier par un test. Le frigo est vide ? On demande l’aide d’amis, de la famille ou des voisins, ou on commande en ligne, mais on ne va pas à l’épicerie !

La durée d’isolement requise dépend de votre accès à un test rapide et de son résultat, ainsi que de votre statut immunitaire. Comme d’autres gouvernements, le Québec a estimé qu’elle devrait être minimalement de cinq jours après le début des symptômes ou à la suite d’un test positif pour une personne qui a déjà ses trois doses de vaccin (ou deux pour les moins de 18 ans) ET dont les symptômes ont commencé à diminuer. Cette durée s’appuie sur des données scientifiques encore limitées, et certaines personnes sont probablement contagieuses plus longtemps. Mieux vaut donc, pour au moins cinq jours de plus, minimiser les contacts superflus, éviter le plus possible les contacts avec des personnes vulnérables et appliquer strictement les mesures sanitaires.

La fièvre, plus que tout autre symptôme, indique que le corps combat activement un pathogène. Voilà pourquoi on doit aussi attendre qu’elle soit passée depuis au moins 24 heures (sans médicament qui la fait baisser) avant de mettre fin à son isolement. La toux peut traîner plus longtemps que les autres symptômes, même une fois que vous n’êtes plus contagieux. Une petite toux résiduelle (dans son coude !) ne doit donc pas vous empêcher de reprendre vos activités.

Les employeurs doivent comprendre que tout cela est crucial et faire confiance à leurs employés, même sans preuve à l’appui pour l’instant.

Oui au test rapide

Si vous avez des symptômes, un test rapide est vraiment utile, car il va dicter la marche à suivre et vous éviter de rester dans le flou. Si le résultat est négatif, testez-vous de nouveau le lendemain, car il est possible que la charge virale ait été insuffisante pour faire apparaître la deuxième petite ligne dans la fenêtre lors de votre premier essai. 

Après deux tests négatifs, il est peu probable que vous ayez la COVID et vous pouvez sortir de votre isolement sitôt que vos symptômes s’amenuisent. Ceux-ci durent ou empirent ? Composez le 1 877 644-4545 ou allez aux urgences si votre état se dégrade brusquement.

Si votre test est positif, vous devez considérer que vous avez la COVID, car il est très peu probable que ce soit un faux positif.

Vaut-il mieux prélever l’échantillon dans la gorge plutôt que dans le nez comme l’indique le mode d’emploi ? Réponse courte : pas clair. Réponse plus détaillée : en théorie, le test pourrait avoir de meilleures chances de détecter le virus dans la gorge, puisque Omicron semble s’y multiplier davantage que dans le nez. Les tests antigéniques rapides n’ont toutefois pas été conçus pour cet usage, et la salive pourrait fausser le résultat. Certains experts estiment en outre qu’il pourrait y avoir un peu plus de faux positifs avec un prélèvement dans la gorge. 

Tant qu’on n’a pas validé tout cela scientifiquement, et dans le contexte actuel, mieux vaut considérer qu’un résultat positif dans le nez ou dans la gorge est un vrai positif. Pour augmenter les chances que le résultat soit le bon, on aurait sans doute avantage à prendre le prélèvement un peu plus profondément dans le nez plutôt qu’au bord de la narine, ou dans le nez et la gorge (dans n’importe quel ordre), mais ce n’est pas garanti. Il faut espérer qu’on sera vite fixé sur la meilleure marche à suivre. 

L’intérêt de valider les résultats par un test PCR dépend de plusieurs facteurs pas simples à comprendre. Pour l’instant, le manque de ressources fait que ces tests sont réservés à certaines personnes symptomatiques particulièrement fragiles, et à celles qui travaillent dans des milieux de soins et pour certains services essentiels. Ils seront aussi accessibles au personnel des écoles et services de garde à compter du 15 janvier, mais c’est susceptible de changer. Pour voir si vous devez passer un test PCR, c’est ici

Symptômes ou test positif : que faire ? 

Si vous n’êtes pas trop mal en point, vous n’avez pas nécessairement besoin de consulter un professionnel de la santé. Pour l’instant, vous n’avez pas non plus à déclarer le résultat de votre test rapide. Pour savoir quoi faire, deux pages à garder dans vos favoris :

Guide pour prendre soin de vous si vous avez la COVID-19

Dois-je consulter si j’ai la COVID-19 ?

Gérer ses contacts

En cas de test positif ou de symptômes, avisez rapidement de votre état les gens avec lesquels vous avez été en contact dans les deux jours précédents. Vu la contagiosité du virus, il y a de très fortes chances que si vous êtes infecté, les personnes avec qui vous vivez le soient également, ou le soient bientôt. Elles devraient donc se tester et s’isoler elles aussi. 

Les consignes pour les cas contacts diffèrent selon que le contact est à risque élevé, modéré ou faible, et selon le nombre de doses de vaccin que vous avez déjà eues. Dans tous les cas, pensez d’abord aux personnes vulnérables parce qu’elles sont âgées, immunosupprimées ou pas vaccinées (comme les enfants de moins de cinq ans).

Rester immunisé

Même si le SRAS-CoV-2 évolue, on doit, maintenant qu’on dispose de vaccins, tenter de rester toujours le mieux immunisé possible. Tant que le virus peut donner des maladies graves ou qui durent, et qu’on ne sait pas quels sont ses effets à long terme, les vaccins sont une option bien moins risquée qu’une infection pour maintenir son immunité. 

Même si elle n’a pas été spécialement conçue contre Omicron, la troisième dose qu’on nous propose en ce moment est très efficace pour faire remonter la protection contre les risques d’hospitalisation et de mortalité, si la précédente injection date de plus de trois mois. Il n’y a aucune bonne raison de s’en priver. 

La plupart des adultes sont déjà admissibles, les derniers le seront le 17 janvier. Étant donné que de nouvelles plages horaires s’ajoutent continûment, ça vaut la peine d’essayer de devancer son rendez-vous, c’est vite fait. Une troisième dose n’a pas encore été décidée pour les 5-17 ans.

Pfizer ou Moderna, peu importe

On vous offre une troisième dose de marque Moderna, alors que vous espériez Pfizer ? Ne la refusez pas. Bien que le rappel de Moderna corresponde à une demi-dose, il contient quand même plus d’ARN messager que la pleine dose de l’autre société pharmaceutique. Et de toute manière, il n’y a pas de lien direct entre la dose et la qualité de la protection.

Pour l’instant, il ne semble y avoir aucune différence notable quant à l’efficacité ou la durée de protection des doses de rappel de ces deux fabricants. Pour ce qui est des effets secondaires à court terme, ils sont en moyenne un peu plus fréquents avec Moderna, mais la différence est mince et, de toute façon, ces réactions dépendent plus de la personne que du vaccin. Vu la circulation du virus, mieux vaut recevoir sa troisième injection dès que possible, peu importe quelle marque, plutôt que d’attendre et d’attraper la COVID entre-temps.

Si vous avez été infecté depuis qu’Omicron est parmi nous, vous pourrez obtenir votre troisième dose dès la disparition de vos symptômes. Pour l’instant, on n’est pas certain de la durée ni de la force de l’immunité donnée par une infection par Omicron, et recevoir la dose de rappel est plus sûr pour être bien protégé.  

La perspective que cette troisième dose ne soit pas peut-être pas la dernière décourage certaines personnes. Mais il n’y a strictement aucun risque que des doses répétées d’un vaccin endommagent notre système immunitaire. Une éventuelle quatrième dose ne sera très probablement offerte aux Québécois que si elle devient avantageuse, ce qui dépendra des variants qui pourraient apparaître et de la durée de la protection contre les maladies graves. Cela ne sert à rien de s’en soucier maintenant.

Protéger les personnes vulnérables

Les vaccins sont l’arme la plus efficace dont on dispose pour éviter la COVID grave. Mais tous les gens n’en profitent pas également. En vieillissant, le système immunitaire devient moins performant. Contre la COVID, il semble qu’au-delà de l’âge de 80 ans, l’efficacité des vaccins baisse nettement, même si elle est déjà moins bonne chez les 65 ans et plus que chez les adultes plus jeunes. 

Les personnes immunosupprimées en raison d’une maladie ou d’un médicament qu’elles doivent prendre sont aussi beaucoup moins bien protégées. 

Pour diminuer les admissions à l’hôpital et les risques de mortalité dus à la COVID, on doit tous faire un effort particulier pour mieux protéger les gens vulnérables : application stricte du lavage des mains, aération et masques en leur présence, minimisation des contacts avec eux au moindre doute qu’on est infecté. Et aidons-les comme on peut à passer à travers cette pandémie en prenant soin d’eux, par exemple en faisant leur épicerie et en les soutenant moralement, au moins au téléphone.

Rester zen 

Cette pandémie pèse très durement sur le moral, on a l’impression qu’on n’en finira jamais. Omicron était une mauvaise surprise et on ne sait pas ce que nous réservent les prochains variants. Peut-être de bonnes nouvelles ? Possible, mais pas certain. Les autorités font des erreurs, les non-vaccinés sont encore trop nombreux et on a les nerfs à fleur de peau, mais la colère est rarement bonne conseillère. Plus que jamais, on doit faire l’effort d’essayer d’exprimer calmement nos désaccords et de profiter de chaque moment où ça va bien, sans trop chercher à anticiper ce qui nous attend. Vraiment pas facile, mais tellement souhaitable. Bon courage !

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