Cellulaire + grossesse = enfant à problèmes?

Selon un article publié cette semaine dans le Journal of Epidemiology and Communauty health, les femmes qui utilisent leur téléphone cellulaire pendant qu’elles sont enceintes auraient plus de risques d’accoucher d’un enfant qui, à l’âge de 7 ans, connaîtra des troubles de comportement.

Évidemment, la nouvelle s’est répandue sur internet comme une trainée de poudre, et je suis sûre que nombre de mamans ont commencé à culpabiliser.

Pourtant, quand on regarde les détails de cette étude, on s’aperçoit qu’il y a tant de biais et de limites à la portée des résultats qu’il n’y a jusqu’à preuve du contraire aucune raison de s’inquiéter.

Plusieurs spécialistes ont d’ailleurs critiqués sévèrement les résultats et la méthodologie de cette étude statistique menée par la chercheure Leeka Kheifets, sur les données relatives à 28 745 enfants danois et à leurs mères.

D’abord, parce que le lien entre l’usage du cellulaire chez les femmes enceintes et les troubles de comportement de l’enfant à naître n’a aucune fondement biologique qui permettrait de penser que ces deux facteurs peuvent être reliés. Autant chercher des liens entre la couleur de mes chaussures et les résultats scolaires de Fiston.

Ensuite, parce que d’innombrables autres éléments peuvent avoir causé la différence statistique entre le comportement des enfants et de leurs mères, qui n’ont pas tous été éliminés par les auteurs de l’étude.

Ensuite encore, parce que cette étude s’appuie sur des données fournies a posteriori – quand les enfants ont eu 7 ans – par le biais de questionnaires, portant autant sur l’usage du cellulaire que sur le comportement des enfants perçu par leurs mères. Cette méthodologie confère une grande marge d’erreur aux résultats.

Le plus grave, selon moi, est résumé dans cette remarque de David Spiegelhalter, professeur de biostatistiques à l’Université de Cambridge, dont la réaction est rapportée par le Centre canadien science et médias :

Les auteurs suggèrent que des mesures de précaution soient prises parce qu’elles n’ont «virtuellement aucun coût», mais ils ignorent le coût de donner des conseils de santé intrusifs basés sur une science inadéquate» (traduction libre)

Autrement dit, mesdames et messieurs les auteurs de cette étude, occupez-vous donc de faire de la bonne science avant de faire peur à tout le monde avec vos conseils à deux sous!

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Je pense qu’il est tout aussi dangereux de surestimer, que de sous-estimer les dangers du téléphone portable, enceinte ou non… CQFD

Cette étude est peut-être biaisée, mais n’excluons pas pour autant tout risque. Bien d’autres études mettent les femmes enceintes en garde contre les champs électromagnétiques. The Public Health of Toronto recommande notamment aux femmes enceintes de limiter leur exposition aux CEM de basse fréquence. Les ondes ne seraient peut-être pas si inoffensives que ça.