Cellulaires : quel danger pour les avions ?

Les risques d’interférences ne sont pas les seules raisons qui expliquent que les compagnies aériennes interdisent l’utilisation des cellulaires à bord.

L’avion vole tranquillement à 14 000 m d’altitude, quand soudain le pilote reçoit un avertissement : le pilotage automatique a été désactivé. Immédiatement, les membres de l’équipage demandent aux passagers de vérifier si des appareils électroniques sont allumés. Ils découvrent qu’un cellulaire et trois iPod sont en effet utilisés. Quand ceux-ci sont éteints, le vol se poursuit sans aucun problème.

Coïncidence ? Peu d’études sérieuses ont été consacrées au sujet, mais en 2011, une étude de l’Association internationale du transport aérien (IATA), qui relate cet incident, est parue dans les médias. Ce cas figure parmi 74 autres incidents survenus de 2003 à 2009 et dont la cause serait l’utilisation de cellulaires et d’appareils électroniques. Mais ce chiffre peut sembler anecdotique en regard des 36 millions de vols qui ont eu lieu en 2012.

Concrètement, une interférence pourrait fausser les données transmises par certains instruments de navigation, ce qui s’avérerait dangereux en cas de mauvaise visibilité à l’atterrissage, par exemple en indiquant la position de la piste de façon erronée.

« Théoriquement, c’est possible », reconnaît José Fernandez, professeur d’ingénierie à l’École polytechnique de Montréal, pilote privé et spécialiste des télécommunications.

Aux États-Unis, l’Administration nationale de l’aéronautique et de l’espace (NASA) a aussi étudié le sujet, en s’attardant sur les effets de différents cellulaires sur le système de localisation GPS d’un avion.

Les auteurs de l’étude ont conclu que même si les cellulaires testés n’émettaient pas d’ondes dans la bande radio associée aux GPS, cela n’empêchait pas la possibilité qu’il y ait des interférences.

« Il y a peu de rapports de cause à effet démontrés, mais au cas où, c’est interdit, précise José Fernandez. Nous sommes dans une politique de gestion des risques très conservatrice. »

« Si un cellulaire peut poser problème, imaginez lorsque 200 personnes se mettent à utiliser leur cellulaire en même temps », ajoute Christopher W. Trueman, professeur d’informatique et de génie électrique à l’Université Concordia.

Mais les risques d’interférences ne sont pas les seules raisons qui expliquent que les compagnies aériennes interdisent l’utilisation des cellulaires à bord. La courtoisie — passer plusieurs heures dans un espace clos est déjà assez pénible sans avoir à endurer des dizaines de passagers qui discutent au téléphone —, mais aussi les risques pour la santé expliquent cette interdiction, selon José Fernandez.

En effet, l’avion, qui est fait de métal, bloque une partie du signal, ce qui force le cellulaire à transmettre à sa puissance maximale — un cas de figure improbable au sol.

« Les répercussions potentielles sur les tissus sont beaucoup plus élevées », explique-t-il, même si le risque d’avoir un cancer à cause de ces émissions reste un sujet controversé dans la communauté scientifique.

Les cellulaires ne sont pas les seuls appareils dont l’utilisation est restreinte — certains appareils électroniques le sont aussi lors du décollage et de l’atterrissage.

« Tous les appareils électroniques produisent une petite quantité de champ magnétique », explique le professeur Trueman. Ce rayonnement pourrait aussi causer des interférences, mais dans des proportions moindres que ce que font les cellulaires : les constructeurs aéronautiques ont appris à immuniser leurs aéronefs contre ces rayonnements, explique-t-il.

« On interdit les cellulaires et on permet Internet, ça paraît paradoxal », note le professeur Fernandez. Mais de nombreuses différences technologiques rendent ce choix sensé, dit-il. Les signaux émis par les ordinateurs portables, tablettes ou téléphones intelligents lorsqu’ils se connectent à Internet sont plus faibles que ceux émis par un cellulaire — d’une portée de quelques mètres contre plusieurs kilomètres — et empruntent une fréquence différente, qui, théoriquement, représente moins de risques d’interférences.

« Les risques sont plus faciles à évaluer et à maîtriser », ajoute José Fernandez. En effet, les compagnies aériennes installent à bord leur propre équipement, qui peut être testé et réglé.

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SVP, arrêtez les chasses auc sorcières et les fausses affirmations gratuites. La courtoisie, mon oeil. 90 % des gens communiquent par textos ou utilisents les réseaux sociaux. On avait les mêmes interdictions irrationnelles dans les années 90 dans les hôpitaux alors qu’aujourd’hui les hôpitaux offrent tous du Wi-Fi ou utilisent un réseau Wi-Fi privé pour leurs besoins. Elles est où l’interférence ?

Se pourrait-il que certaines composantes retrouvées dans les avions soient vulnérables aux interférences à cause justement de leur âge et de leur désuétude. Quand même. Il y a trop de technologies dans un avion pour prétendre qu’un cellulaire amplifiera un signal, déjà existant, qui fera en sorte de déstabiliser une autre composante. La prolifération des nouvelles fréquences, les micros ondes, les ultras sons utilisés à des fins militaires et de recherches, les communications satellites, les interférences solaire sont tous des éléments qui peuvent interférencer un appareil électronique. Alors SVP, SVP un peu de retenue dans vos affirmations gratuites.