Cet animal que l’homme doit craindre

Le requin ? Le loup ? Le tyrannosaure ? Non. Le moustique… et l’homme, voilà les plus meurtriers !

Photo © Marcel Langelaan / Buiten-beeld / Getty Images
Photo © Marcel Langelaan / Buiten-beeld / Getty Images

Quel est l’animal le plus dangereux pour l’homme ? Le requin ? Le loup ? Le tyrannosaure ? Dans son blogue Passeur de sciences, Pierre Barthélémy remet les pendules à l’heure. Le moustique… et l’homme, voilà les plus meurtriers !

FouineurUne étude internationale, publiée en 2002, a dénombré seulement 331 attaques mortelles de Canis lupus dans le monde entre 1950 et 2000. Soit, en moyenne, environ sept morts par an. Quant aux requins, l’International Shark Attack File a fait état de 10 décès à la suite d’attaques de squales en 2013 – plus que la moyenne recensée de six victimes par an durant la période allant de 2003 à 2012. Pour résumer, requins et loups, mains dans la main, ou plutôt nageoire dans la patte, feraient moins de 20 morts en une année. Leurs attaques frappent l’imaginaire collectif, mais ces chiffres montrent qu’il convient de faire la part des choses. C’est encore plus vrai dans le cas des dinosaures (voir plus bas).

Une infographie, publiée sur le blogue de Bill Gates, nous apprend que les lions et les éléphants font chacun 100 victimes par année, alors que les hippopotames sont responsables de 500 morts et les crocodiles, 1 000. Toutes ces grosses bébêtes, à elles seules, ne font pas plus de 2 000 victimes par an. Un chiffre important, certes, mais le véritable danger provient d’êtres plus petits, parfois même minuscules.

Ainsi, l’ascaris, un ver parasite de l’intestin humain, fait 2 700 victimes chaque année. « La mouche tsé-tsé (maladie du sommeil) et le triatome (insecte vecteur de la maladie de Chagas) tuent respectivement 9 000 et 10 000 personnes par an ; le phlébotome, autre insecte, porteur du parasite provoquant la leishmaniose, provoque le décès de 52 000 personnes », explique Pierre Barthélémy.

Mais l’ennemi public no 1, c’est le moustique. « Ou plutôt les moustiques, vecteurs de diverses joyeusetés comme le paludisme (entre 600 000 et 1,17 million de morts suivant les estimations), la dengue (14 600 décès), la fièvre jaune, l’encéphalite japonaise, le chikungunya, la fièvre à virus West Nile, etc. »

Pourtant, la dizaine de morts provoquées par les requins fait parler bien davantage que les centaines de milliers causées par les moustiques. Comment l’expliquer ? Le blogueur a sa petite idée. « Parce que l’essentiel de ces maladies touchent des pays pauvres et lointains et que la terrible loi médiatique du mort-kilomètre font que les journaux parleront beaucoup plus d’un malheureux garçon mort d’une infection digestive en colonie de vacances que des dizaines ou des centaines de milliers d’enfants africains succombant au paludisme chaque année. Parce que c’est arrivé près de chez vous. »

N’oublions pas non plus que l’homme est un danger pour lui-même. Les conflits armés (55 000 morts par an) et les homicides (456 000 annuels) font atteindre à eux seuls le demi-million de décès. « Quand on dit que l’homme est un loup pour l’homme, c’est vraiment insultant pour le loup », conclut le blogueur.

BONUS

Steven Spielberg est un homme dangereux pour l’espèce animale. Non seulement a-t-il à jamais entaché la réputation des requins, mais en plus, il se permet de chasser de braves tricératops avant de poser à côté de leur carcasse.
Jay Branscomb

Traduction de la mention sur l’image : «Une photo honteuse d’un chasseur posant gaiement à côté d’un tricératops qu’il vient de massacrer. Merci de partager pour que le monde puisse mettre un nom sur cet homme malhonnête et lui faire honte.»

Cette photo, publiée de manière ironique par Jay Branscomb sur Facebook pour rebondir sur la polémique des chasseurs se prenant en photo avec leurs «trophées», a déclenché de véritables condamnations de la part d’internautes n’ayant pas compris la blague, et ne s’étant pas davantage aperçus que l’animal en question avait disparu de la surface de la Terre il y a 65 millions d’années. Le cliché provient en fait du tournage du Parc jurassique, en 1993.

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Je vous laisse le soin de traduire par vous-même. Mais cette personne affirme qu’elle n’ira «plus jamais» voir un film de ce «tueur d’animal».
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C’est terminé pour moi aussi le visionement de film ou on tu des animaux.
Juste à voir ce qu’il font avec des ailerons de requins.

merci