Cigarette électronique : Québec légifère, alors qu’Ottawa ferme les yeux

Québec a joué de prudence en assimilant le vapotage au tabagisme. De son côté, le ministère de la Santé ne semble pas du tout pressé de mettre de l’ordre dans ce dossier.

Photo: Alberto Pizzoli/AFP/Getty Images
Photo: Alberto Pizzoli/AFP/Getty Images

Sante_et_scienceQuébec est-il trop prudent avec la cigarette électronique ?

Le projet de Loi visant à renforcer la lutte contre le tabagisme, présenté mardi par la ministre déléguée Lucie Charlebois, assimile la cigarette électronique aux produits du tabac, qu’elle contienne ou non de la nicotine.

Elle sera donc bannie partout où les produits du tabac sont proscrits, notamment sur les terrasses des bars et restaurants, dans les voitures en présence des jeunes de moins de 16 ans, et à moins de neuf mètres de la porte des édifices où il est interdit de fumer.

On connaît encore bien peu de choses sur la nocivité de la cigarette électronique. Mais Québec a joué de prudence en assimilant le vapotage au tabagisme. De son côté, Santé Canada ne semble pas du tout pressé de mettre de l’ordre dans ce dossier.

D’innombrables magasins de cigarettes électroniques vendent des liquides pour cigarettes électroniques contenant de la nicotine — un produit réglementé par le ministère fédéral, pour lequel ils n’ont pas reçu d’autorisation. Il n’existe actuellement aucun contrôle de la qualité de ces liquides, dans lesquels on est donc susceptible de trouver n’importe quoi.

La nicotine est un composé extrêmement addictif, quoique peu dangereux en lui-même. Santé Canada fait le jeu des producteurs en les laissant mettre ce qu’ils veulent dans leurs liquides. Résultat : ils rendent des consommateurs accros à un cocktail de molécules dont on ne sait à peu près rien.

À l’origine, le liquide des cigarettes électroniques «patenté» par des petits producteurs avait une composition très simple : du propylène glycol, de la glycérine, un taux variable de nicotine et un arôme pour lui donner un goût agréable.

Vapoter semble infiniment moins dangereux que de fumer, puisqu’il n’y a aucune combustion avec une cigarette électronique. Dans une cigarette de tabac, c’est la combustion de la plante, à une température d’environ 650 °C, qui engendre une fumée extrêmement dommageable pour l’organisme. Elle contient du monoxyde de carbone, des goudrons cancérigènes et des particules fines — à l’origine d’à peu près toutes les maladies associées au tabagisme, comme les cancers, les maladies cardiovasculaires et respiratoires.

La cigarette électronique, parce qu’elle permet au fumeur de conserver une bonne partie de ses habitudes, pourrait constituer une porte de sortie du tabagisme assez efficace. Cardiologues et pneumologues sont nombreux à la conseiller à leurs patients malades.

Mais les compagnies de tabac ont vite compris l’intérêt de la cigarette électronique et rachètent les petits fabricants indépendants les uns après les autres. Elles se retrouvent aujourd’hui avec les e-liquides dans la même position que celles qu’elles avaient il y a des décennies, alors qu’on débattait encore des éventuels effets nocifs de la cigarette.

Une fois une partie de la population rendue «accro» à ces nouveaux produits, il sera bien difficile pour les autorités de se mêler de leur composition. Aujourd’hui, chaque cigarette de tabac contient un nombre incalculable de produits (j’en avais présenté quelques dizaines dans ce billet) — beaucoup plus que ce qu’on trouve dans les pires aliments ultratransformés ou dans les cosmétiques !

Même si les cigarettiers se défendent bien d’ajouter au tabac des substances qui le rendent encore plus addictif, l’Organisation mondiale de la santé explique clairement en quoi une très longue liste d’ingrédients est, par nature, dangereuse :

Il devrait être reconnu que le tabac est un produit de consommation unique qu’on ne pourrait pas introduire sur le marché aujourd’hui, compte tenu des multiples réglementations applicables aux produits de consommation si son usage n’était pas déjà établi partout dans le monde, parmi de nombreuses populations devenues largement dépendantes.

En conséquence, sa réglementation exige une approche radicale s’écartant sensiblement des normes réglementaires appliquées aux autres produits de consommation, tels que les aliments, les produits cosmétiques et les médicaments.

Étant donné qu’on sait que les émissions des produits du tabac sont très variables et peuvent renfermer des milliers de substances toxiques différentes, il n’y a pas d’autre choix que d’établir des limites supérieures pour certains constituants, en se fondant sur des profils de toxicité pour abaisser progressivement la toxicité de ces produits afin de s’acheminer vers une réduction de leur nocivité et de leur pouvoir dépendogène.

Autrement dit, en multipliant les ingrédients, l’industrie du tabac a rendu ses produits incontrôlables !

La même chose est très probablement en train de se produire avec la cigarette électronique, sous l’œil indifférent du gouvernement fédéral, qui a pourtant la responsabilité de réglementer tout ceci.

Déjà, dans leurs labos, les chercheurs sont coincés. Parce qu’elles ne sont pas réglementées, les cigarettes électroniques sont difficiles à étudier. Elles peuvent contenir n’importe quoi ! Trouver de l’argent pour la recherche sur ce sujet est quasiment mission impossible, à Québec comme à Ottawa. Mais quelques études menées récemment, ailleurs dans le monde, ont trouvé des sources d’inquiétudes dans les e-liquides.

Des chercheurs grecs, par exemple, ont analysé le contenu de 159 échantillons provenant de 36 fabricants et achetés dans 6 pays : 74 % contenaient du diacétylpropionyl ou de l’acétylpropionyl, deux substances dont l’usage est autorisé dans les produits alimentaires, mais qui, aux doses trouvées dans les e-liquides, peuvent provoquer des maladies respiratoires quand ils sont inhalés.

Des chercheurs américains ont quant à eux exposé des cellules pulmonaires et des cellules souches humaines à un e-liquide contenant de la cannelle, et en ont conclu que cet arôme pourrait s’avérer toxique pour les utilisateurs.

Québec a bien raison de se montrer prudent et de couper l’herbe sous le pied de la cigarette électronique. Limiter son usage en l’assimilant à un produit du tabac était, à mon sens, la meilleure chose à faire.

Cela n’empêchera aucunement les fumeurs de s’en servir pour se débarrasser de leurs cigarettes de tabac, qui sont très certainement bien plus toxiques que la cigarette électronique.

Mais on évitera peut-être ainsi à bien des gens de devenir accros à la dernière trouvaille d’une industrie bien difficile à contrôler, et qui n’est pas reconnue pour vouloir notre bien à tous.

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Je suis d’accord que c’était le mieux à faire. Il y a un principe de précaution qui s’applique ici. En l’absence de données claires sur la nocivité ou non de la cigarette électronique, vaut mieux y appliquer les mêmes restrictions que le tabac. Si par la suite il est démontré que le risque est moindre que ce qu’on pensait, il sera toujours temps d’assouplir.
Je suis sceptique sur la cigarette électronique comme aide réelle à cesser de fumer. Oh, à cesser de fumer le tabac, oui. Ça semble vraiment bien marcher. Mais à cesser de fumer la cigarette électronique? C’est une autre histoire. Je connais plusieurs personnes qui ont commencé à vapoter. Dans tous les cas, en principe c’est en vue d’arrêter complètement. Mais ça fait un bon bout et ils n’arrêtent pas. Ils se disent, « ce n’est pas dangereux, pourquoi arrêter? »

Ceux qui n’arrête pas la vapoteuse, hinallent simplement de la vapeur…interdire la vapoteuse sous seul prétexte d’ignorance des effets des ingrédients est tiré par les cheveux…si d’autres pays ont pus faire des études sur celle-ci, pourquoi ici ont ne le peut pas? La plupart des études ont été finançées par, soit les industries du tabac ou les industries pharmacologique dans le but de dénigrer la vapoteuse qui est très utile pour écraser une bonne fois pour toute. J’en suis à mon troisieme mois sans fumer grâce à cela….j,ai commencé avec 12 mg de nicotine…après trois mois d’abstinence de tabac grâce à la vapoteuse, j,en suis au dosage de 8 mg de nicotine..et je continuerai jusqu’à atteindre le 0 mg…ainsi, plus jamais de cigarettes pour moi.
Vous, les non-fumeurs vous ne savez pas de quoi vous parlez…toutes vos lois…toutes vos interdictions relative à tout ce qui boucannent ne sont que de la répression pure et simple.
Vous dites que la cigarette tue!!?? Pourquoi ne l’interdisez-vous pas? Pourquoi continuez-vous à tolérer que ce produit soit produit alors qu’il tue?
Vous êtes hypocrites..car, vous tolérez bien la production de cigarette, et vous n,empêchez pas sa vente!
La vapoteuse aident un nombre incalculable de gens à cesser de fumer..et là, par ignorance…vous vous mettez à les oppresser sous prétexte de l’ignorance des effet à long terme?
Moi, depuis que j,ai arrêté de fumer avec la vapoteuse…je fais de l’elliptique plus de 25 minutes par deux jours…et je me sens beaucoup mieux…je joue avec mon garcon de 11 ans et je cours, je joue au basket avec lui, je joue au baseball avec lui…ce que je ne faisais pas avant, lorsque je fumais…et croyez-moi…je ne tousse plus-du-tout le matin…je respire mieux…etc..etc…
Mais vous! Les non-fumeurs…vous n,en avez rien à foutre de l,aide que donne cette vapoteuse…vous aimez mieux réprimez encore et ce, même dans l’ignorance ce produit plutôt que de penser au résultat final que procure cette aide pour cesser de fumer.
Pouvez-vous en dire autant avec la gomme nicorette? Avec le Zyban? Avec les patches de nicotine?
Le niveau de pourcentage de réussite avec ces aides de la pharmacologie est incomparable au taux de réussite pour cesser de fumer grâce à la vapoteuse.
Vous êtes ignorant…et vous faites dur!

Oui Sophie, la cigarette electronique est une méthode ultra-efficace pour arrêter de fumer, je crois que son taux de réussite se situe vers les 80%, ce qui est beaucoup mieux que les autres méthodes. Le taux de récidive après 1 an vers le tabac est également assez faible.
Il est évident qu’il est préférable de ne pas fumer, de ne pas vaper, de ne pas boire d’alcool, de ne pas consommer trop de sucre ni trop de gras.
Cependant il y a des personnes qui n’arrêteront jamais ces mauvaises habitudes car elles en ont besoin pour leur équilibre. Troquer une addiction ultra-dangereuse comme le tabac par une addiction 96% moins dangereuse (http://evap.ca/etudes-sur-la-cigarette-electronique/e-cigarette-moins-dangereuse-que-les-cigarettes-tabac/) ne me semble pas être une catastrophe sanitaire.
Il y a déja quelques mois que l’on demande aux vapoteurs d’aller dehors et de ne plus utiliser leur vapoteuse dans les bureaux à Montreal. Il est très triste de voir ces personnes racheter un paquet de cigarettes dès le lendemain.
Dans l’état actuel de la science, il y a déjà des données claires sur l’innocuité de la cigarette electronique concernant la vapeur secondaire; Et même si elle contient de la nicotine et des traces de métaux lourd, elle reste beaucoup moins nocive que la pollution des grandes villes ou que la fumée de cuisson ménagère.
Cependant, j’interdirais la e-cigarette dans les espaces clos si la vapeur est aromatisée, c’est tellement désagréable de supporter les odeurs de certains e-liquides.
Par contre, l’interdire sur les terrasses et même en test dans les magasins spécialisés, quelle hypocrisie!

Il faut bien trouver des solutions pour se débarrasser de ses addictions… Meme si la cigarette électronique est toxique, entre deux maux il faut parfois choisir le moindre et le tabac lui meme est bien sur un facteur de risque clairement démontré dans le cancer du poumon alors que comme vous le dites, l’effet propionyl n’est pas encore clairement démontré….

J’ai commencé à fumer à l’âge de 16 ans et j’ai arrêté, il y a maintenant 2 ans et demi. Nombre de fois, j’ai arrêté et recommencé, car je devais toujours me battre contre une grande dépendance physique et psychologique, car la cigarette contient la pire drogue qui existe et les pires substances toxique pour la santé. Et pourtant j’ai essayé avec toute la bonne volonté du monde, j’ai fumé jusqu’à je ne suis plus capable de respirer. Je me retrouve avec des problèmes pulmonaires chroniques tel l’asthme, l’emphysème et etc, Et je me suis rendue compte ce que je recherchais le plus dans la cigarette, c’est la drogue qu’elle contenait et dont je suis devenue super dépendante, moi qui était anti-drogue, alors je me suis fait prendre, car quand j’ai commencé, on ne m’a pas prévenue de cela et après avoir crée cette dépendance, il était trop tard. Les compagnies de cigarettes et les gouvernements étaient au courant des substances nocives à la santé et on fermé les yeux à tout cela, car ce qu’ils perçoivent de taxes, l’argent est plus important que la santé pour eux. Maintenant, on essaie de remplacer une dépendance par une autre, car la nicotine, la drogue, la nicotine y est encore présente dans la cigarette électronique. Et ceux que vante ces qualités, se leurre ou se mente à eux mêmes. Tant mieux pour ceux qui arrive à cesser de fumer grâce à la cigarette électronique, mais je me dis que ceux qui y arrivent, c’est qu’ils sont prêts, comme moi, car leur état de santé ne leur permettrait plus, car cela était rendu une question de vie ou de mort. Et pour finir, je sais aujourd’hui, que je suis comme un alcoolique, une dépendante à la nicotine et cela à la vie, quelque soit le nombre d’année abstinente. Je souhaite que les gouvernements légifèrent pour un contrôle serré sur tout ce qui est drogue et autant pour la cigarette électronique pour son contenu de nicotine. Car il est faut de dire qu’elle n’est pas néfaste pour la santé et moi, je ne peux plus respirer celle des autres maintenant, non parce que je suis intolérante, mais parce que c’est mon système de santé qui est intolérant et je veux vivre encore quelques années. Merci pour ceux et celles qui me respecteront.

J’ai commencé de fumer à l’âge de 14 ans, après 30 ans de tabagisme, j’ai acheté une cigarette électronique (http://www.vapologue.ca). J’ai pris une e-cigarette « milieu / haut de gamme » pour être sure de mettre toutes les chances de mon côté. 1 ans plus tard, je suis rendu à vaper du 0 mg (donc sans nicotine). J’ai attaqué à 18 mg au début, puis tous les 2-3 mois je diminué le taux de nicotine.

On identifie 2 types de dépendance à la cigarette : la nicotine et le geste de fumer (faire de la boucane, le geste, l’habitude (avec un café par exemple))

Aujourd’hui, je me suis débarrassé de l’addiction à la nicotine grace a la e-cig (ça fait 2 mois que je vape avec 0 nicotine) et je suis vraiment content.

Je pense être capable de stopper complètement la cigarette électronique avant la fin de l’année 🙂

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