Collusion dans la santé: une étude accablante

Une étude publiée dans le British Medical Journal cette semaine montre que la majorité des experts qui élaborent les guides de pratique clinique à l’intention des médecins au Canada et aux États-Unis, pour certaines maladies courantes, sont en conflit d’intérêt.

Jennifer Neumann, du Département de médecine préventive de la Mount Sinai School of Medicine à New York et d’autres chercheurs américains ont analysé le profil des experts qui ont contribué entre 2000 et 2010 à l’élaboration des guides de pratique clinique, destinés à conseiller les médecins pour le dépistage ou le traitement de l’hyperlipidémie et du diabète au Canada et aux États-Unis.

Sur 288 spécialistes ayant siége sur ces panels, 138 avaient déclaré des conflits d’intérêt avant la publication des lignes directrices. 12 autres qui avaient d’une manière ou d’une autre collaboré avec l’industrie pharmaceutique sur ces maladies ont omis de le faire ou n’ont pas eu à le faire parce que la question ne leur a pas été posée.

Globalement, 52% des experts membres des panels étaient en conflit d’intérêt.

Le panel d’experts sur la détection, l’évaluation et le traitement du cholestérol sanguin chez les adultes mis sur pied par le gouvernement américain détient la palme de la piètre indépendance, alors que 8 de ses 9 membres ont déclaré un conflit d’intérêt!

Au Canada, 87 %  des membres des panels de la Société canadienne de cardiologie et 77 % de ceux de l’Association canadienne du diabète ont déclaré des conflits d’intérêt, avec des compagnies telles que GlaxoSmithKline, Novo, Sanofi, Servier Canada, Astra Zeneca, Bayer, Eli Lilly, Merck, Pfizer, and Hoffman-LaRoche.

Aucun des conflits déclaré n’incluait cependant une compensation financière stricte des experts de la part de ces compagnies, selon les chercheurs.

Les médicaments contre l’hyperlipidémie et le diabète représentent un chiffre d’affaires mondial de plus de 70 milliards de dollars.

Les lignes directrices édictées aux États-Unis sont suivies à peu de choses près partout dans le monde et ce sont elles, plus que toute autre forme de marketing, qui influencent les ventes de médicaments, selon Edwin Gale, professeur émérite spécialiste du diabète à l’université de Bristol, en Angleterre, qui signe un sévère éditorial dans le British Medical Journal.

Selon ce spécialiste, les compagnies sont prêtes à tout pour influencer les experts qui dictent les lignes directrices, et il est clair que beaucoup d’argent passe en dessous de la table.

On aura beau durcir la législation sur la déclaration de conflits d’intérêt, cela ne changera rien au problème, selon Edwin Gale, qui prône un changement de culture radical dans la manière d’évaluer les médicaments.

Laisser un commentaire

Ont-ils des noms à consonance italienne? Ah non? Zut alors…

Portent-ils le titre honorifique de « Dr. » juste avant leur prénom? Oui? Re-zut…

Circulez: pas de commission d’enquête à réclamer ici, on va se concentrer sur l’asphalte et le ciment, même si ces dépenses sont microscopiques comparées aux dépenses de santé pour le contribuable québécois…

Les plus populaires