Comment s’autoendoctriner ?

Que vous soyez méfiants ou confiants envers les vaccins, ce que vous avez lu ou entendu dans les médias a probablement conforté votre opinion. Pourquoi? Parce qu’inconsciemment, vous avez accordé plus d’attention aux informations qui correspondaient à votre opinion préalable.

C’est ce que démontre une étude fort intéressante publiée ce printemps dans la revue Communication Research, et rapportée dans le numéro d’octobre du magazine français Sciences Humaines.

Silvia Knobloch-Westerwick, professeure en communication à la Ohio State University, a recueilli l’opinion de 156 étudiants sur une multitude de sujets politiquement sensibles, puis leur a demandé de lire une série d’articles parus dans la presse américaine présentant des opinions divergentes sur les armes à feu, l’avortement, le système de santé et le salaire minimum.

La chercheure a constaté que les étudiants ont consacré en moyenne 36% plus de temps aux articles qui allaient dans le sens de leur opinion préalable. Son expérience confirme que la théorie de la dissonance cognitive s’applique aussi à la lecture de la presse.

Selon cette théorie, proposée en 1957 par le psychologue américain Leon Festinger, les êtres humains tendent à éliminer de leur horizon mental les informations qui ne correspondent pas à leurs opinions.

Placés face à des informations contradictoires, nous avons tendance à recourir à des stratégies inconscientes pour rétablir l’équilibre par un «processus de rationnalisation» qui élimine automatiquement tout ce qui ne cadre pas avec nos références antérieures. En 2007, une autre étude a montré que les singes capucins et les enfants de 4 ans sont aussi sujets à cette dissonance cognitive.

Comment peut-on s’affranchir de ce biais pour s’informer adéquatement et remettre en questions nos opinions? Les recherches montrent que la crédibilité des sources d’information, et le fait qu’elles s’appuient sur des faits avérés, sont essentielles pour faire passer un message au delà des opinions préconçues.

Laisser un commentaire

Ouais, ce sujet ne suscite pas beaucoup de réaction. Peut-être, parce qu’on est tous d’accord avec les conclusions de cette étude. En tout cas, moi, je le suis.

Mme Borde, je me permets de vous suggérer un autre sujet. Le débat sur les vaccins a mis en évidence qu’une proportion significative de la population n’accepte plus sans questionner les vérités de leurs élites.

Alors, ma question serait: D’où vient que tant de personnes ne fassent plus confiance en leurs élites? Il me semble que c’est un phénomène relativement récent. Il y a 25-30 ans, il n’y avait que quelques excentriques (vites discrédités) qui osaient s’opposer au pouvoir établi.

Y-a-t-il un lien entre ce « scepticisme » et le cynisme que la population entretient maintenant à l’endroit du politique (ou des politiciens)?

Mme Borde,

Il est bien clair que les gens lisent et écoutent ce qui va dans le sens de leur opinion.

C’est mon expérience personnelle que je perçois chez mon entourage.

Quand on leur donne la preuve de leur erreur ils réagissent très fort.

Tout s’arrête là. Il ne reste qu’à laisser macérer.

Plus tard la personne vous évite, ou elle se renseigne adéquatement.

Sinon rien à faire.

J’ai souvent eu l’idée de piéger ces gens avec des livres de solutions miracles et de tites pilules qui guérissent tout.

Ceux qui l’ont fait ont fait de la grosse argent et ils en font encore plus que jamais.

Les gens il faut leur dire ce qu’ils veulent entendre et ce qui les réconforte, peu importe les pires mensonges et l’affaire digelou dans le sac et le fric avec.

Cette recherche n’apporte rien de neuf. Le phénomène de la dissonance cognitive étant connu depuis longtemps en psychologie.
Un point à propos de l’article de madame Borde « Parce qu’inconsciemment, vous avez accordé plus d’attention aux informations … »
Désolé, mais parler d’insconscient dans une blogue scientifique est pour le moins contradictoire,

Ce travail d’analyse et de recherche des sources peut devenir très accaparant et épuisant car entre autre chose, il va à l’encontre de notre besoin de réconfort (de réassurance) dans ce que l’on croit vrai. Plus un sujet est »personnel » plus il est difficile de s’affranchir de ce biais pour s’informer adéquatement et remettre en questions nos opinions? Je crois que la moyenne 36% plus de temps aux articles qui allaient dans le sens de leur opinion préalable augmente considérablement lorsque le sujet est »personnel et émotif » (ex.: Religion, avortement, euthanasie, etc.)

Mme Borde : ce n’est pas étonnant que vous ameniez ce texte « comment s’auto-endoctriner » dans votre blogue qui, par les temps qui courent, nous permet d’exprimer une opinion personnelle sur ce sujet un peu épineux de la vaccination. Vous vous dites probablement que nous sommes bien campés dans nos positions, mais je vois également dans plusieurs commentaires des nuances et des doutes, ce qui démontre bien que cette « vérité » que l’on cherche n’est pas d’un côté ou de l’autre, mais plutôt au milieu. L’OMS ou Santé Canada ne sont pas Dieu sur terre — et la médecine découvrira encore dans le futur des erreurs qu’elle a faites concernant des médicaments et des vaccins — pas plus que de croire que les vaccins rendent malades systématiquement n’est l’entière vérité bien sûr. Si donc la vérité se situe entre les extrêmes, car nous ne pouvons avoir en 2009 la certitude quant aux effets innofensifs des vaccins, comme des nombreux médicaments disponibles, le choix qui nous incombe doit alors se faire au mieux de notre connaissance après avoir lu le plus d’avis sérieux possibles concernant ‘tous’ les points de vue. Ce qu’on peut reprocher de majeur dans la campagne actuelle, c’est qu’on entend seulement la voix de Santé Canada derrière laquelle souffle celle de l’OMS (via les médias). Il n’y a pas de volonté de la part de ces mêmes autorités de présenter à la population d’avis contraire aux leurs. L’émission Enquête nous présentait trop de choses farfelues perdues au travers de commentaires intéressants; cette émission a été montée comme une chasse aux sorcières alors que la population gagnerait à avoir l’heure juste (l’heure juste n’étant pas seulement de dire en 2 secondes que les vaccins présentent des risques sérieux dans de rares cas uniquement). Des tas de dossiers sur les ratés de vaccinations s’empilent dans plusieurs pays (comme on l’a vu en France dans le documentaire ‘Silence on vaccine’. Donc, il est clair que le choix du moindre risque ne sera pas le même pour tout le monde et que personne n’est un imbécile s’il choisit de se faire ou non vacciner.

M. Fleurent,

« Il est bien clair que les gens lisent et écoutent ce qui va dans le sens de leur opinion. C’est mon expérience personnelle que je perçois chez mon entourage ».
Et chez vous, vous ne le percevez pas?
C’était le denier commentaire que je vous adressais.

Tous autant que nous sommes ont plus ou moins eu affaire avec le système.
Un tour de rein….voilà des anti-inflammatoire.
Une otite…voilà des antibiotiques.
Un peu dépressif….voilà des remontants.
etc…etc…
Et lorsque la prescription est terminée, faut prendre rendez-vous ou attendre à l’urgence.
Ici on ouvre le livre, on recherche les symptômes et on émet le papier pour engourdir les symptômes……pas pour soigner ou guérir la maladie.
Tout un pouvoir le médecin…le pouvoir de signer une prescription. Le pharmacien pourrait faire la même chose et ultimement lorsque l’on sait ce que l’on a, on pourrait le commander soi-même.
Oups….cela veut dire moins d’attente dans les urgences ou dans les cliniques.
Et beaucoup moins de « Tchique Tchique ».
Et cela donnerait beaucoup plus de temps aux médecins qui veulent bien travailler sur les soins et la guérison de le faire en se concentrant sur la maladie et non sur les symptômes. Ils en auraient le temps. On peut aussi imaginer que les pharmaceutiques pourraient rechercher vraiment sur la guérison et non produire de la médication pour les symptômes.

Vous êtes la preuve de ce que vous dites. Vous êtes si campés dans vos opinions que vous ne voyez plus les failles des systèmes. La science n’a plus l’indépendance et l’idéalisme d’antant. Elle a perdu sa virginité depuis déjà belle lurette et elle se prostitue allègrement au plus offrant. Les forces d’argent savent très bien manipuler diverses facades de la science qui arrivent aisément à confondre ses croyants. Prouvez-moi que la science qui dicte des actions sociales ayant des incidences monétaires importantes est hors des sphères d’influence des lobbys et je vous suivrai sans trop de chichi. Les mafias financières ont sournoisement investis, corrompus et travesti toutes les sphères de pouvoir et d’autorité. L’authenticité n’existe plus vraiment. Tout n’est maintenant qu’image et facade. Voilà pourquoi, en notre époque, ou tout est, plus ou moins, perverti par l’argent, la méfiance est de mise.

Peut-on s’affranchir de ses idées préconçues ?
Peut-on aller au-delà en atteignant la source ?
Cela demande du temps, de la recherche, de la
réflexion. Être capable de saisir les nuances des
divers côtés de la médaille.
Est-ce possible de remettre en question sa propre
opinion ? Faut-il cultiver l’humilité suffisante pour
accéder à une telle démarche. On ne sait pas tout
exactement. Il y a souvent des éléments intéressants
à tirer des versions contraires. Comme le disait si justement
Monsieur Duquette ; plus un sujet est personnel et plus l’émotion l’emporte sur la discernement adéquat.
Serait-ce la zone du cerveau qui nous amènent à
croire qui nous jouent des mauvais tours et qui a pré-séance
sur le contenu original à rechercher ?
Personnellement j’ai trouvé vos propos et celui des
intervenants très à point.