Commotions cérébrales : les femmes plus à risque

Plus à risque de subir une commotion cérébrale dans la pratique de sports, les femmes s’en remettent également plus lentement que les hommes et présentent davantage de symptômes. 

Photo : Getty Images
Photo : Getty Images

Fouineur

Les commotions cérébrales chez les joueurs de hockey et de football ont fait couler beaucoup d’encre. S’il est vrai que, dans le milieu sportif, les chocs à la tête touchent massivement les hommes, on a en revanche peu parlé des séquelles chez les femmes.

Les recherches sont pourtant tout sauf rassurantes. Une nouvelle étude américaine, publiée dans le journal PLOS ONE et citée par le Time, révèle que les filles atteintes d’une commotion cérébrale — en pratiquant un sport, le plus souvent — ont plus de risque que les garçons de développer des problèmes de comportement.

Ces filles, parmi les 9 288 étudiants de 7e année sondés, ont rapporté vivre plus de détresse psychologique, être plus enclines à fumer ou avoir des pensées suicidaires que leurs camarades masculins.

Les sports qui mènent le plus à des commotions cérébrales : le soccer et le basketball. Le cheerleading comporte également de nombreux risques de blessure.

Globalement, l’étude indique qu’un adolescent sur cinq a perdu connaissance pendant au moins cinq minutes des suites d’un choc à la tête. Les garçons étaient 6 % plus nombreux à avoir subi une commotion cérébrale.

«On envoie les femmes à l’abattoir»

D’autres spécialistes vont plus loin. Ils affirment que les femmes sont deux à trois fois plus à risque de subir une commotion cérébrale dans la pratique de sports, comme le soccer, le rugby et le hockey, révèle Le Devoir. Et elles s’en remettent plus lentement que les hommes.

Par exemple, les études démontrent que les jeunes qui retournent sur les bancs d’école tout de suite après une commotion cérébrale voient leurs symptômes persister pendant une période pouvant aller jusqu’à trois mois. Ceux qui s’imposent le repos complet pendant cinq jours se remettent sur pied en à peine trois semaines.

Plus encore : un choc de même intensité cause plus de dommages à une femme, «notamment au niveau de la mémoire, de l’attention et de la concentration», explique le neuropsychologue Dave Ellemberg, professeur de kinésiologie à l’Université de Montréal. Plus nombreux, les symptômes seraient également plus intenses.

Comment expliquer cette vulnérabilité chez la gent féminine ? «La plus grande densité musculaire des hommes au niveau du cou et des épaules permet d’absorber une plus grande part de l’énergie dégagée lors d’un impact. […] La plus grande densité osseuse de la boîte crânienne des hommes contribue aussi à amortir le choc. De surcroît, le tissu cérébral de la femme est plus fragile et plus vulnérable à certaines atteintes», peut-on lire dans le quotidien montréalais.

Voilà pourquoi Dave Ellemberg, qui dirige un Groupe de travail sur les commotions cérébrales, mandaté par le ministère de l’Éducation, des Loisirs et des Sports, croit qu’il faut adapter la prise en charge des commotions à la sensibilité du cerveau de la femme et au rythme de récupération des femmes : «Les protocoles de gestion des commotions cérébrales et de retour au jeu reposent sur des données scientifiques obtenues lors d’études qui ont été menées uniquement chez les hommes. Si on applique ces protocoles, on envoie les femmes à l’abattoir.»