Congrès de l’Acfas: Découvrir +1

Aujourd’hui commence à Sherbrooke cette grande messe de la science francophone annuelle qu’est le congrès de l’Acfas, organisé conjointement par l’Université de Sherbrooke et l’Université Bishop’s.

Plus de 4000 présentations scientifiques et 187 colloques vont donner l’occasion à des centaines de jeunes chercheurs de présenter pour la première fois leurs résultats devant public, et à des chercheurs plus aguerris de faire le point sur leurs travaux.

Cette édition marque aussi le premier anniversaire de la disparition du magazine Découvrir (autrefois Interface), publiée par l’Acfas, qui fut pendant 30 ans la revue de haute vulgarisation du Québec.

Découvrir, même si elle a connu des hauts et des bas, permettait de parler de science en français à un public averti et jouait pour le Québec le même rôle que Scientific American (fondé en 1845, traduit en 14 langues et lu par 5 millions de personnes chaque mois ) aux États-Unis ou La Recherche en France, deux magazines que vous trouverez dans la plupart des kiosques à journaux.

Découvrir faisait aussi vivre un petit bassin de journalistes scientifiques dont je fis longtemps partie.

Elle n’a malheureusement pas encore été remplacée par un autre magazine ou par une version en ligne.

Pendant cette année, en revanche, plusieurs universités au Québec ont encore peaufiné leurs outils de communication pour publier de beaux magazines imprimés ou en ligne et des suppléments dans des quotidiens qui ont tous le même but : faire parler de leurs chercheurs et de leurs institutions pour en vanter les mérites.

Mais tous ces outils ne remplacent en rien un magazine écrit par des journalistes qui, même s’il est proche du milieu de la recherche, garde une bonne indépendance par rapport aux acteurs et peut susciter des débats au sein de la communauté scientifique.

L’Acfas a placé  son 79e congrès sous le thème «Curiosité, diversité, responsabilité.»

Parmi les responsabilités qu’il doit prendre, le milieu de la recherche doit faire en sorte que la science fasse partie des débats publics.

Une revue de haute vulgarisation comme l’était Découvrir, ou un magazine grand public comme Québec Science sont des outils essentiels pour animer ce débat.

Si le journalisme scientifique s’effrite au profit de la communication, il ne faudra pas s’étonner que les chercheurs soient de plus en plus souvent considérés comme de simples lobbyistes par les gouvernements.

Et que leur avis, aussi éclairé soit-il, importe finalement assez peu.

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Découvrir sera de retour dès le 7 septembre prochain, en ligne, sur le site de l’Acfas, lui aussi renouvelé.

Votre mot, Valérie, est fort stimulant pour l’Acfas et le nouveau comité de rédaction. Il y met ce qu’il faut de pression…

À septembre donc, pour notre retour dans la mêlée publique.

Johanne Lebel, rédactrice en chef, Découvrir

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