Coronavirus du Moyen-Orient : l’inquiétude augmente

Depuis septembre 2012, les cas de 53 personnes infectées par un nouveau coronavirus contracté au Moyen-Orient ont été signalés à l’Organisation mondiale de la santé, et 30 en sont décédées. C’est peu, comparé aux plus de 800 morts qu’avait fait l’épidémie de SRAS en 2003. Mais très préoccupant, selon Margaret Chan, directrice générale de l’OMS.

La majorité des cas ont été découverts en Arabie Saoudite. Mais l’Italie est devenue en fin de semaine le 9ème pays au monde, et le 4e en Europe, où le virus a été repéré, chez un homme ayant récemment voyagé en Jordanie et deux personnes qu’il a cotoyées à son retour.  Le virus n’a pas – encore – franchi l’Atlantique.

Mais à quelques semaines du petit pèlerinage de La Mecque, l’Omra, qui débute le 9 juillet, on craint que les pèlerins soient exposés au virus et le ramènent chez eux.

Quels symptômes?

Les coronavirus, très courants, peuvent donner des symptômes de gravité très variable, du banal rhume au syndrome respiratoire aigu sévère.

Celui-ci semble donner des problèmes respiratoires aigus et sévères s’accompagnant de fièvre, de toux, d’essoufflement et de difficultés à respirer. La plupart des patients ont eu une pneumonie et beaucoup ont eu des symptômes gastro-intestinaux. Le virus semble aussi avoir provoqué des insuffisances rénales.

Comparé au SRAS, ce nouveau virus baptisé MERS-CoV semble bien moins contagieux, mais tout aussi grave.

Ce qui inquiète l’OMS, c’est qu’on en sait encore très peu de choses : on ne connait notamment ni l’origine du virus, ni son mode de transmission.

On ne sait donc pas comment les malades l’ont attrapé et transmis.

Polémique sur la recherche

Le virus a été identifié en septembre par l’équipe du réputé virologue Ron Fouchier du Centre médical Erasmus, aux Pays-Bas, et son génome a été séquencé. L’hypothèse voulant qu’il origine des chauve-souris n’a pas été confirmée.

Lors de l’assemblée annuelle de l’OMS le 23 mai dernier, le vice-ministre saoudien de la santé, Ziad Memish, a regretté que cette équipe de chercheurs aient déposé un brevet sur le virus et signé des contrats avec des compagnies pharmaceutiques, empêchant ainsi d’autres scientifiques de l’examiner. « Je pense vraiment que le retard dans le développement des tests et des procédures de diagnostic tient au brevet sur le virus. Cela n’aurait pas dû arriver », a-t-il regretté.

La directrice de l’OMS Margaret Chan a annoncé qu’elle allait enquêté sur cette affaire qui a fait grand bruit.

Mais les chercheurs de Rotterdam se défendent bien d’avoir mal agi. Dans un communiqué émis le lendemain, ils expliquent n’avoir pas breveté le virus et le donner gratuitement à tout laboratoire qui en fait la demande. Plus de détails sur ScienceInsider.

Que peut-on faire pour s’en protéger ?

Pas grand chose. L’OMS tout comme l’Agence de santé publique du Canada ne déconseillent pas les voyages au Moyen-Orient. Il faut toutefois consulter rapidement si l’on ressent des symptômes ressemblants à ceux décrits plus haut au retour ou sur place.

Et comme toujours, éviter de contribuer à la propagation des maladies respiratoires, en se lavant les mains fréquemment et en éternuant dans sa manche…

Dans la même catégorie