Corruption : cancer ou trouble immunitaire?

François Cardinal choisit une image brutale pour qualifier la corruption: un cancer. Il n’a sans doute pas tort. Mais le cancer, comme la corruption, n’est parfois que le symptôme d’un mal plus profond: notre propre tolérance.

Nous recevions récemment sur le plateau des Docteurs le chercheur John Stagg, qui nous expliquait l’avenir fascinant de la recherche sur le cancer : la modulation du système immunitaire, notre système de défense permettant de contrer les attaques « externes », virus, bactéries, corps étrangers, etc.

Parce que le cancer nous est « étranger », formé de cellules anormales apparues souvent à la suite d’une modification génétique, elle-même causée par le hasard et favorisée par certains contextes: tabagisme ou environnement, par exemple.

Normalement, notre système immunitaire reconnaît ces cellules comme étrangères, et les attaque avec raison. Ce qui arrive à chaque moment, nous permettant d’éliminer à la source bien des cellules ayant eu le potentiel de se développer en cancer. Si tout va bien.

John Stagg m’expliquait que les cellules cancéreuses qui « survivent » avaient souvent le pouvoir d’altérer directement l’efficacité du système de défense immunitaire, se multipliant dès lors sans crainte.

La recherche cherche actuellement des moyens d’améliorer nos propres défenses, afin qu’elles puissent jouer leur rôle malgré ces tentatives de sabotage. Fascinant non?

Or, le mot « immunité » a deux sens : c’est la capacité biologique de se défendre contre les attaques virales et autres. Mais c’est aussi un privilège accordé qui permet de contourner les règles. Ce qui me ramène à l’analogie proposée par François Cardinal.

Ce qu’on entend avec étonnement et inquiétude à la commission Charbonneau ressemble bien à un cancer qui ronge de l’intérieur notre univers social. Et plutôt que d’examiner seulement le cancer, il va falloir aussi évaluer le système de défense, que la corruption cherche avant tout à affaiblir. Par exemple, on l’a vu, les personnes soudoyées ferment leurs yeux plutôt que de jouer leur rôle préventif et, tels des globules blancs repus, passent à côté des problèmes sans s’y attaquer.

Mais tout être humain étant corruptible, comment combattre un phénomène qui envahit nécessairement, à divers degrés, toutes les administrations du monde?

Par des lois efficaces et des moyens conséquents, sûrement. Il y a quelques actions en marche, comme l’UPAC, qui donnent des résultats et s’attaquent à certaines manifestations du cancer. Il faut espérer que la Commission Charbonneau en proposera d’autres, notamment au niveau législatif.

Il faut rappeler qu’un cancer métastatique, c’est souvent très difficile à guérir – sauf certains, comme les lymphomes, qui répondent assez bien à la chimiothérapie.

Mais le phénomène de la corruption semble autrement plus coriace. Dans certains cas, même la meilleure chimiothérapie ne pourra, comme pour la plupart des cancers métastatiques, que prolonger la vie. Au mieux, le cancer est « contrôlé » par la chimiothérapie, et devient une sorte de maladie chronique avec laquelle on apprend à vivre. Au pire il terrasse le patient.

Il faut donc regarder au-delà : comment donc améliorer le fonctionnement du système de défense?

J’imagine qu’il y a des sociétés plus tolérantes à la corruption et à la fraude. Le Maclean’s semblait nous placer bien haut sur cette échelle, dans un numéro jugé scandaleusement exagéré. J’espère que nous avions raison.

Mais ça soulève tout de même une question qu’on ne devrait pas éluder : la corruption étonnante exposée durant la commission Charbonneau est-elle bien différente de la petite corruption ordinaire qui nous entoure?

Combien de fois nous faisons-nous offrir « avec ou sans taxes » ou « avec ou sans factures » quand on fait rénover sa cuisine, couper ses arbres, faire un peu de plantation ou acheter usagé? Souvent, n’est-ce pas? Presque à chaque fois, non? Comme si c’était normal, comme s’il était impossible de faire autrement.

Pourtant, à petite échelle, il s’agit bien de fraude, non? Et ses effets sont bien un peu les mêmes que la corruption à plus grande échelle : petit profit pour nous et « l’entrepreneur », revenus soustraits au gouvernement, et donc à terme au financement des services publics et même… de la recherche sur le cancer! A part l’ampleur des montants, où est la différence?

Chacune des cellules du corps social que nous formons ensemble est corruptible à des degrés divers et parfois prête à fermer les yeux. Comme le globule blanc qui passe à côté d’une cellule cancéreuse sans y porter attention.

Détail? Pourtant, quand il repassera, il sera peut-être déjà trop tard.

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Petite annecdote: J’ai récemment contacté un agent immobilier pour acquérir un fond de commerce. Dès la première rencontre, l’agent m’a fait visiter les lieux et, lorsque j’ai demandé si je pouvais voir les livres, il m’a dit, « les revenus sont de XXX$ annuellement mais, je ne peux vous montrer les livres car le propriétaire à 5 entreprises et il distribu ses revenus pour payer moins d’impôts et les livres ne démontrent pas la réalité ». Tout bonnement!!!

Probablement qu’il cherchait à m’en passer une vite en plus mais, le fait qu’il me dise cela dès la première rencontre démontre qu’on a aucune crainte ou qu’on est complètement ignorant des lois.

Notre corps existe depuis 10000 ans et plus et se régénère à chaque génération avec des moyens de défense apprit au cours des mutations génétiques qui au fils des plus résistants se renforçait.
Il y a 200 ans une vie de 45 ans était normale, on avait bien des enfants pour compenser les nombreux décédés avant l’âge de 7 ans. La médecine a fait des progrès immenses avec des gestes simples mais réfléchit, comme se laver les mains avec une solution à l’eau de javel pour un médecin accoucheur avant de passer à l’examen de la prochaine maman.
La même solution à sauvé bien des vie de soldats blessés en 14-18, les antibiotiques,etc. ont contribué dans notre monde occidentale privilégié à nous aider a dépasser de loin l’âge de fin de vie à plus de 70 ans.
Pour ce qui est des facteurs extérieurs que nous respirons, le contraire est arrivé avec la surpopulation des villes et la prolifération des usines qui rejettent plein de produits volatiles auquel notre corps n’est pas habitués.
La fumée du feu familiale à depuis des millénaires habitué notre système à vivre avec cette petite pollution qui s’évaporait dans le boisé environnant, la concentration en ville en a fait une fumée nocive, mais le pire sont ces fumées d’usine qui sont inconnues, non surveillées, font le tour du monde et pour moi génèrent la plupart des cancers qui nous affligent. Notre système de défense est pour le moment déficient devant ces attaques multiples et envahissantes qui se glissent en nous, comme un virus informatique sous l’oxygène nécessaire à la survie.
Il n’y a aucune loi qui peut surveiller les fumées et si on ne réglemente pas pas mieux les obligations de filtres des rejets dans l’air, sans parler ceux de l’eau on ne pourra pas continuer avant longtemps notre quête d’une vie meilleur en santé…

Une organisation n’est jamais plus solide que le plus faible de ses maillons. N’oubliez jamais le copinage malsain existant entre la politique et le judiciaire, tel qu’il fut exposé devant la commission Bastarache à travers les post-it de Chantal Landry.

La juge France Charbonneau doit son poste de magistrat a une nomination partisane effectuée par le gouvernement sous influence de Paul Martin, l’homme de main de Paul Desmarais comme tout le monde fut en mesure de le constater après avoir visionné ‘Le temps des bouffons’ tourné à Sagard. Or il appert que la juge Charbonneau s’est copieusement salie les mains dans un dossier controversé impliquant l’Ordre des Ingénieurs du Québec, au cœur de la controverse justifiant la mise en place d’une commission d’enquête.

En raison de cet acte de prévarication, un citoyen croupit présentement à l’ombre depuis des années. Daniel Bédard s’avère être un prisonnier politique oublié dans les dédales du système carcéral. En outre, M. Bédard est réduit au silence par médication forcée, un peu comme le furent les dissidents sous la botte soviétique. Ce dossier devrait être la priorité de la commission Charbonneau, mais en raison de sa présidente, il y a fort à parier qu’il n’en sera rien.

Daniel Bédard est actuellement persécuté parce qu’il a osé dénoncer un ingénieur qui est, soit un incompétent, soit un fieffé voleur. M. Bédard, technicien en architecture, détenait un contact avec un gros client, donneur d’ouvrage. Daniel a dessiné les plans soumis par la suite à l’ingénieur afin d’approbation. Le rôle de l’ingénieur Pierre Sicotte, domicilié à Longueuil, consistait simplement à approuver de son sceau d’ingénieur les plans dessinés par un tiers. Or, pour d’obscures raisons, Sicotte a subséquemment modifié les plans d’origine en y introduisant une erreur fatale empêchant M. Bédard de finaliser le projet.

M. Bédard est persécuté parce qu’il a osé demander à un ingénieur fautif de rectifier une erreur de conception sur un plan, ceci dans le but de protéger le public. Depuis l’effondrement du viaduc de la Concorde, les Québécois sont conscients que les ingénieurs peuvent parfois concevoir des plans erronés, n’est-ce pas ? L’ingénieur en question, orgueilleux comme un paon, n’a jamais accepté de se faire corriger par un simple technicien et, plutôt que de s’amender, a plutôt entrepris de se plaindre du comportement de M. Bédard auprès de son ordre professionnel. C’est à partir de ce moment que la situation a dégénéré.

Comme tout professionnel le sait dans cette province, les ordres professionnels existent davantage pour protéger leurs membres cotisants ($$$) que le public, et ce en dépit de leur mandat pourtant très clair de protéger le public. C’est ainsi que nous sombrons lentement mais inexorablement vers un corporatisme malsain en droite ligne vers le fascisme. Et la magistrature ne représente qu’un autre rouage de transmission dans cette dynamique.

Sans vous inonder de détails inutiles et fastidieux, je vous signale 2 petits éléments tirés de cette histoire rocambolesque qui devraient nous faire réfléchir :
1- Comment interpréter le fait que le verdict du jury, moment crucial de tout procès (min 3.03 de l’enregistrement) soit inaudible alors que l’enregistrement est très net, avant et après ? http://youtu.be/3vaRepk3q14

2- Comment comprendre que l’ordre des Ingénieurs a en bout de ligne donné raison à Daniel Bédard au sujet de sa demande d’enquête relativement au travail inadéquat de Sicotte sans jamais donner suite à sa demande d’enquête ? http://is.gd/uN8QSW

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