COVID-19 : ce qu’il faut savoir pour le congé des Fêtes

L’arrivée du variant Omicron, qui s’avère ultracontagieux, nous replonge dans l’incertitude. La chef du bureau science et santé de L’actualité, Valérie Borde, fait le point sur les connaissances actuelles qui vous aideront à prendre des décisions éclairées au cours des prochains jours.

Crédit: Getty images, montage : L'actualité

On a tous besoin de prendre du repos et de fuir le stress ambiant, mais pour être en mesure de décrocher de l’actualité quotidienne de la COVID, il faut d’abord bien s’informer. Voici donc des réponses aussi précises que possible aux questions que se posent bien des gens, à quelques jours de Noël.

À tous ceux qui n’auront pas la chance d’être en congé, et plus particulièrement aux personnes responsables de gérer la pandémie, de prendre soin des malades, de vacciner la population, de faire le dépistage, de distribuer des tests rapides et d’essayer de comprendre et de rapporter ce qui se passe, je vous souhaite énormément de courage. Que la Force soit avec vous. 

Omicron est-il vraiment plus contagieux que les variants précédents ?

Oui, il est ultracontagieux, et il se répand dans le monde à une vitesse folle. Pour l’instant, on ne sait pas s’il cause une maladie plus ou moins grave que celle engendrée par le variant Delta. Tout ce que l’on peut dire, c’est que la « nouvelle » COVID ne semble ni beaucoup moins grave ni beaucoup plus grave à court terme que celle due à Delta. En labo, certains chercheurs ont observé qu’Omicron toucherait moins les poumons que Delta, mais qu’il pourrait quand même provoquer des tempêtes de cytokines, responsables de bien des hospitalisations. C’est encore très préliminaire. Des renseignements plus précis devraient venir d’ici environ deux semaines, lorsque les chercheurs auront assez de recul pour évaluer un grand nombre de cas dans la population générale. 

Les vaccins administrés au Canada nous protègent-ils contre Omicron ?

Les études sur la neutralisation des anticorps, qui donnent une idée de  l’échappement immunitaire, montrent que les vaccins protègent nettement moins bien contre Omicron que contre Delta. Cela ne signifie pas du tout que les vaccins soient devenus inutiles, surtout que ces tests ne mesurent qu’une partie de la réponse immunitaire. Mais quelle est leur efficacité réelle contre les infections et la maladie grave dues à Omicron ? Il faudra d’abord rassembler les données sur un nombre élevé de personnes pour le savoir. En attendant, la plus grande prudence s’impose.

Dans ce contexte, est-ce bien urgent de recevoir une troisième dose ?

Dans tous les cas de figure, une troisième dose de vaccin fait augmenter de beaucoup le nombre d’anticorps qui nous permettent de combattre le virus. Même si ces anticorps ne parviennent pas tous à neutraliser le variant Omicron, à cause de ses nouvelles mutations, leur très grand nombre fait qu’on est assurément mieux protégé après une troisième dose qu’après seulement deux. Les risques liés à cette troisième injection sont très, très négligeables par rapport au bénéfice potentiel. Vous devriez donc aller vous faire administrer votre troisième dose dès que ce sera votre tour.

À quel point est-il imprudent de se réunir entre amis si on respecte à la lettre les mesures sanitaires ?

Pour aplatir la vague qui gonfle à une vitesse vertigineuse, le moyen le plus rapide et efficace est de diminuer les contacts avec d’autres gens. Mieux vaut se voir dehors, en respectant la distanciation, et privilégier les rencontres avec des personnes pour qui c’est vraiment important, comme celles qui vivent seules ou qui sont déprimées.

Quand et comment doit-on utiliser un test rapide ?

Les tests rapides distribués dans les pharmacies et dans les sacs à dos des enfants du primaire sont des tests antigéniques qui détectent en quelques minutes la présence de protéines du virus. 

Ces trousses fonctionnent peu importe la souche ou le variant présent. Elles sont particulièrement efficaces lorsque la charge virale est élevée, que la personne soit symptomatique ou non. Et ça tombe bien, puisqu’une charge virale élevée indique que l’on risque fort d’être très contagieux. 

Le gouvernement a demandé à la population d’utiliser les tests rapides en cas de symptômes pour faciliter la gestion de la pandémie et éviter de nouvelles contaminations, alors que les centres de dépistage et les équipes de traçage des cas sont débordés.

  • Si le résultat est positif, vous devez vous isoler immédiatement et prévenir vos contacts des derniers jours. Vous devez également confirmer dès que possible le résultat du test antigénique dans un centre de dépistage. 
  • Si le résultat est négatif, le gouvernement conseille de repasser un deuxième test 24 heures plus tard, pour voir si le virus n’est toujours pas détectable. Même avec des symptômes dus à autre chose qu’à la COVID, vous devriez éviter de voir des gens, car ce n’est vraiment pas le moment de propager des infections alors que le système de santé est sous tension extrême.

Quand on n’a pas de symptômes, est-ce qu’on peut faire un test rapide quand même ?

Dans un monde idéal, on utiliserait un test rapide en cas de symptômes, mais aussi avant toute rencontre à l’intérieur avec d’autres personnes maintenant que le virus circule largement. Or, au Québec, il n’est possible d’obtenir que cinq tests par personne et par mois, et les centres de dépistage sont débordés, tout comme les équipes de traçage. Mieux vaut donc garder les tests pour vous en servir uniquement si des symptômes apparaissent ou si vous apprenez que vous avez été en contact avec une personne infectée. 

Le gouvernement déconseille d’ailleurs de recourir aux tests rapides quand on n’a pas de symptômes, sauf avant d’aller visiter une personne vulnérable. 

Les tests antigéniques peuvent cependant être utiles quand on n’a pas de symptômes, à condition de bien comprendre l’information qu’ils fournissent. Comme ils sont peu sensibles à de faibles quantités de virus, ils peuvent aisément rater une infection naissante, tant que la charge virale n’est pas élevée. 

Un résultat négatif n’est donc valable que pour quelques heures. 

Par contre, si vous hébergez de grandes quantités de virus, il est peu probable qu’un test antigénique le manque.

  • Si, avant de retrouver des proches, vous décidez de passer un test et que le résultat est positif, vous risquez fort alors d’être contagieux ; vous devriez vous isoler immédiatement et prévenir vos contacts. 
  • Si le résultat est négatif, soit vous n’êtes pas infecté, soit le virus ne s’est pas encore assez multiplié pour devenir détectable et vous êtes moins susceptible de contaminer les autres au cours des prochaines heures. Mais ce n’est pas garanti et vous devez quand même appliquer les autres mesures sanitaires.

Dans quels cas devrait-on s’isoler ?

Si vous avez été en contact avec une personne infectée, il faut vous mettre en quarantaine. Au Québec, les gens vaccinés n’ont pas l’obligation de respecter cet isolement, à condition de se faire tester après trois ou quatre jours ou en cas de symptômes. Mais tant qu’on ne sait pas dans quelle mesure les vaccins protègent encore contre la simple infection par Omicron, mieux vaut s’isoler le plus possible quand on est considéré comme un « cas contact ».

On n’oublie pas la base !

On se raccroche beaucoup au réconfort de la troisième dose et des tests rapides parce que ça fait du bien au moral et que ça diminue les risques, mais ce ne sont pas des baguettes magiques. Masque, distanciation, rencontres à l’extérieur et bonne aération sont plus importants que jamais face à un variant ultracontagieux contre lequel on ne sait pas vraiment à quel point on est protégés. 

Certains experts voudraient que toute la population s’équipe en masques N95 pour minimiser les risques, et je n’ai bien honnêtement pas encore eu le temps de creuser cette question-là pour savoir s’ils ont vraiment raison (j’y reviendrai). Il semble clair en revanche que les masques d’intervention (« de procédure ») protègent mieux contre les aérosols que ceux en tissu.

Je vous souhaite un temps des Fêtes aussi agréable que possible, et je vous retrouve début janvier.

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Ce dernier point est fallacieux “(…) pour savoir s’ils ont vraiment raison.” Le choix de mots est douteux car cela laisse entendre que certains experts ont raison et d’autres pas. Par le fait même cela revient à remettre en question la science et créé des doutes dans la tête des lecteurs.

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L’Actualité censure les commentaires qui ne sont pas conformes aux directives et de la santé publique et ça n’a rien à voir avec la nétiquette. J’ai fais remarquer, et c’est un avis que partage beaucoup de Québecois, que si l’effacité des deux premiers vaccins est douteuse, une dose de rappel ne nous protègera pas. Aujourd’hui, l’OMS a annoncé la même chose.

@ Carole: Vous avez raison pour cette censure des commentaires, même s’ils respectent la ¨NÉTIQUETTE¨. Il ne faut pas aller dans le sens contraire de la pensée unique, autrement dit, de la ¨Ligne de Pensé du journal¨. Ici au Québec, on ne sait pas débattre, car, comme les ¨petits lapins¨ de R.Martineau qui font la danse du bacon dès qu’ils se sentent contrariés, il faut se mettre à plat ventre devant ces dieux de LA Vérité car pour eux, l’insulte est à tous les détours. Alors, gare aux mots incendiaires.

Merci Madame Borde pour cette mine de renseignements pratiques!
Vous faites un travail de vulgarisation formidable!

Je nous souhaite d’en finir avec la COVID-19 en 2022 et particulièrement avec la vaccination dans les pays en développement, car tant qu’il y aura des populations où le virus se propage et mute, nous restons à la merci d’un variant qui déjoue les vaccins.

Scientifiquement vôtre

Claude COULOMBE

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M. Coulombe, j’ajouterais ceci:
Comme nos gouvernements implorent nos ¨délinquants anti-vaccin¨ de se faire vacciner pour le bien de tous (en mettant de côté leurs ¨droits et libertés individuels¨) , ne devraient-ils pas exiger de l’O.M.S. qu’elle impose aux grandes pharmaceutiques la ¨Levée¨ des brevets qui leur permettent d’empocher des milliards auprès des pays riches afin de permettre aux plus démunis d’avoir accès à cette panacée qu’est le pseudo vaccin anti-Covid. (pseudo, car après même pas 5 mois, l’efficacité est passée de 90-95 % à 30% à peine, vous rappelez-vous ?).
Car vous avez raison de dire que tant que les pays en difficulté d’approvisionnement n’auront pas accès au vaccin, ils seront porteurs de tous les variants qui prennent l’autoroute de la diffusion et contagion.

@C. d’Anjou

Cher Monsieur d’Anjou,

Vous avez 100% raison, s’il y a un traffic d’influence et des jeux de coulisses, c’est bien autour des brevets et des secrets de fabrication des vaccins. Pas vraiment de complot, mais on fait traîner en longueur et des tonnes d’avocats grassement payés s’en chargeront à moins d’une volonté politique ferme.

Ce qui est encore plus scandaleux, c’est qu’énormément d’argent public a été investi dans la mise au point de ces vaccins. On socialise les risques et on privatises les profits.

En passant bonne année 2022 et souhaitons nous de nous en sortir avant la fin de l’année.

Claude COULOMBE

Quels soins nécessitent les gens affectés par le variant Omicron ? Les gens gravement affectés ont-ils besoin de masque à oxygène, comme certains ayant été infectés par d’autres variants ? Est-il nécessaire d’intuber sous anesthésie générale des malades affectés par l’Omicron ?

Quand pourra-t-on établir la létalité causée par Omicron ? Et la comparer à celle causée par Delta ? Selon l’âge et le nombre (1-2-3) de doses de vaccin reçus.

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