COVID-19 : la seconde dose, trop risquée pour les jeunes ?

Mon cœur de maman s’est serré quand j’ai appris que les adolescents et les jeunes adultes risquaient peut-être de faire une myocardite avec les vaccins de Pfizer ou de Moderna. Cela justifie-t-il l’idée de ne pas leur donner leur seconde dose ?

portishead1 / Getty Images

Ce qu’il faut retenir

– Pour un million d’adolescents ayant reçu un vaccin à ARN (Pfizer ou Moderna), une soixantaine de garçons et une dizaine de filles subiront une inflammation cardiaque, selon les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) américains. Le risque est donc très faible.

– Il n’est pas prouvé que les vaccins sont en cause dans l’apparition des myocardites.

La plupart des cas de myocardite sont bénins et asymptomatiques. Dans les cas les plus graves, des médicaments sont administrés pour résorber l’inflammation.

Rares sont les jeunes qui meurent de la COVID ou qui demeurent symptomatiques pendant des mois. Il n’y a donc pas d’urgence à injecter une seconde dose à tous les adolescents, et les spécialistes auront le temps, cet été, d’analyser de nouvelles données pour établir les risques-bénéfices du vaccin.

Tout ce qui touche à la santé du cœur fait peur. Et à plus forte raison lorsque c’est de nos enfants qu’il est question. De nombreux parents ont donc commencé à s’inquiéter quand ils ont appris que des cas de myocardite, une inflammation du muscle cardiaque, et de péricardite, une inflammation de la muqueuse qui enveloppe le cœur, avaient été répertoriés chez des jeunes de 12 à 17 ans ayant reçu le vaccin de Moderna ou de Pfizer. Les données disponibles sont toutefois plutôt rassurantes. Voyons tout cela de plus près.

Pourquoi s’inquiète-t-on ?

Tout a débuté en février 2021, en Israël, quand un premier cas de myocardite a été repéré chez une personne vaccinée depuis peu. Un cas isolé ne veut rien dire : le hasard aurait très bien pu faire que cette personne ait eu à ce moment-là une myocardite pour de tout autres raisons. Cette inflammation relativement courante serait diagnostiquée chez environ 1,5 million de personnes par année dans le monde, mais bien d’autres cas bénins passeraient totalement inaperçus. 

En avril, un groupe de médecins israéliens a rapporté aux médias que chez les jeunes âgés de 16 à 24 ans ayant reçu le vaccin de Pfizer, entre 1 sur 3000 et 1 sur 6000 avait fait une myocardite. Le chiffre ne figurait pas dans le rapport à ce sujet publié par le ministère de la Santé israélien, et il n’a pas été confirmé par la suite. Mais la nouvelle a fait beaucoup de bruit, car cet effet secondaire n’avait pas été repéré dans les études cliniques. La nouvelle arrivait aussi peu de temps après la découverte du risque de thrombose occasionné par les vaccins à adénovirus, à un moment où le monde entier était donc particulièrement sur le qui-vive.

Par la suite, d’autres cas de myocardite ou de péricardite ont été repérés dans les bases de données d’effets secondaires suivant la vaccination aux États-Unis, en Europe et au Canada. Les proportions y étaient cependant bien moindres que ce qui avait été annoncé en Israël. Aux États-Unis, le département de la Défense a été le premier à produire son analyse, révélant que 14 cas étaient survenus chez de jeunes militaires ayant reçu un vaccin de Moderna ou de Pfizer, ce qui représentait donc 0,0005 % des 2,7 millions de doses données par l’armée américaine.

Au Canada, 82 cas de myocardite ou de péricardite suivant l’administration d’un vaccin à ARN ont été signalés à Santé Canada depuis le début de la campagne de vaccination, sur plus de 27,5 millions de doses injectées. Les personnes touchées avaient de 15 à 86 ans et les symptômes sont apparus de 5 heures à 92 jours après le vaccin. 

Aux États-Unis, une analyse du comité de surveillance de la vaccination a trouvé que le nombre de myocardites ou de péricardites survenues chez les gens vaccinés depuis peu était supérieur à ce qui était attendu en temps normal, mais uniquement chez les personnes âgées de 12 à 24 ans, et seulement dans les quelques jours suivant la seconde dose. Les garçons semblent plus touchés que les filles. Dans une réunion le 23 juin, les CDC ont notamment affirmé que pour chaque million de secondes doses administrées à des jeunes de 12 à 17 ans, une soixantaine de cas d’inflammations cardiaques semblent susceptibles de se produire chez les garçons et environ 10 chez les filles. Ça reste un risque infime qui devrait rassurer tous les parents et les jeunes !

Une myocardite, c’est grave ?

Rarement. La plupart du temps, les myocardites et les péricardites sont des inflammations banales, qui ne laissent pas de séquelles et qui guérissent souvent d’elles-mêmes ou après un court traitement anti-inflammatoire. L’Institut de cardiologie de Montréal explique que les personnes atteintes légèrement n’ont souvent aucun symptôme. Dans les cas plus graves, on peut ressentir une douleur au niveau de la poitrine, des battements cardiaques irréguliers, un essoufflement même au repos ou après un effort modéré, de l’enflure dans les jambes ou de la fatigue. Un électrocardiogramme ou d’autres tests peuvent confirmer le diagnostic. Le traitement consiste à prendre des médicaments contre l’insuffisance cardiaque ou les arythmies, le temps que l’inflammation se résorbe. La plupart des cas de myocardite fulminante, une inflammation très grave qui conduit au décès en quelques jours si rien n’est fait, sont provoqués par des virus.

Les myocardites peuvent être dues à toutes sortes de causes, comme des virus — y compris celui qui donne la COVID —, des bactéries, des maladies auto-immunes, la cocaïne ou une réaction à un médicament. Un seul vaccin, celui contre la variole, a déjà été associé à un risque légèrement accru de myocardite. 

La plupart des cas repérés dans le monde à la suite d’un vaccin contre la COVID étaient bénins et se sont résorbés rapidement, souvent spontanément. Vraiment rassurant.

Les précautions prises

Pour l’instant, on n’a aucune preuve que le vaccin soit vraiment en cause et on ne sait pas non plus quel mécanisme physiologique pourrait expliquer ce phénomène. Mais par précaution, Santé Canada, comme les autorités d’autres pays, a renforcé la surveillance et indiqué aux médecins que tout cas de myocardite ou de péricardite repéré chez une personne dans les jours ou les semaines suivant un vaccin contre la COVID devait être inscrit dans la base de données des effets secondaires suivant l’immunisation. Par ricochet, il est probable qu’on voie le nombre de cas augmenter dans les prochaines semaines, puisque des myocardites qui seraient passées inaperçues sans cela, ou qui n’ont rien à voir avec le vaccin, vont être signalées.

Dans un nouvel avis publié le 2 juillet, le Comité consultatif national de l’immunisation du Canada (CCNI), comme d’autres, a modifié ses recommandations en conséquence. Il conseille d’avertir les personnes devant recevoir un vaccin à ARN pour qu’elles soient à l’affût et consultent un médecin si des symptômes comme une douleur thoracique, un essoufflement ou des palpitations apparaissent dans les jours suivant la vaccination. Il indique aussi que, par précaution, les personnes qui ont souffert d’une myocardite ou d’une péricardite après l’administration d’une première dose d’un vaccin à ARN contre la COVID devraient reporter la seconde dose jusqu’à ce que plus de renseignements soient disponibles.

La COVID plus risquée, même pour les jeunes ? 

Aussi bien aux États-Unis qu’en Israël, en Europe ou au Canada, la vaccination est toujours conseillée pour tous, à partir de l’âge de 12 ans. L’analyse des risques et bénéfices présentée par les CDC montre que les vaccins sont bien moins risqués que la COVID, à tout âge. Aux États-Unis, 2 767 personnes de 12 à 29 ans sont mortes de la COVID depuis le début de la pandémie, alors que 455 personnes du même âge ont eu une myocardite ou une péricardite, la plupart du temps bénigne, après la seconde dose du vaccin. 

Reste que partout dans le monde, presque tous les adolescents qui ont été gravement malades ou sont morts à cause de la COVID avaient déjà des problèmes de santé. Au Canada, les adolescents de 12 à 15 ans comptent pour 4 % de la population, mais seulement pour 0,5 % des hospitalisations associées à la COVID et pour moins de 0,01 % des décès, révèle le CCNI. On sait aussi que les jeunes ont beaucoup moins de symptômes que les adultes et que ces symptômes durent moins longtemps. 

On ne connaît pas précisément le pourcentage d’adolescents touchés par une forme longue quand ils contractent la COVID, mais cela semble également moins fréquent que parmi les adultes. Une étude préliminaire des chercheurs de l’Imperial College de Londres, menée sur 6 975 jeunes de 5 à 17 ans ayant eu un résultat positif au test pour la COVID, estime que seuls 18 enfants et 59 adolescents ont eu des symptômes durant plus d’un mois, et 25 pendant plus de deux mois. Une étude publiée par des chercheurs américains dans la revue JAMA évalue quant à elle le risque de syndrome inflammatoire multisystémique de l’enfant à environ 0,03 % chez les personnes de moins de 21 ans ayant contracté la COVID.

Au vu de ces chiffres, on ne peut donc pas exclure complètement pour l’instant que chez des adolescents en bonne santé, le risque de myocardite ajouté à celui d’autres effets secondaires très rares des vaccins, comme des allergies, puisse être supérieur, ou du moins du même ordre de grandeur, que les risques de la COVID. 

Aux États-Unis, cinq cardiologues, pédiatres et épidémiologistes ont d’ailleurs publié une lettre ouverte dans la revue MedPageToday, dans laquelle ils critiquent vertement la décision des CDC. Ils leur reprochent de ne pas avoir examiné la possibilité que, par exemple, les adolescents ne reçoivent qu’une dose du vaccin, puisque les risques de myocardite sont associés à la seconde dose, ou encore que les deux doses soient données seulement aux ados ayant des facteurs de risque de COVID grave. De fait, pour l’instant, les autorités de santé n’ont pas exploré cette voie, pas plus aux États-Unis qu’ailleurs. 

Au Québec, tous les 18 ans et plus ont été invités à devancer leur seconde dose, en respectant un délai de quatre semaines après la première. Mais le gouvernement n’a pas encore annoncé ses plans quant à la seconde dose du vaccin pour les 12-17 ans, théoriquement prévue à la fin de l’été, alors que l’Ontario vient de l’autoriser et que d’autres régions du monde sont aussi allées de l’avant. 

Chaque chose en son temps

Ce n’est pas parce que les risques sont très minces qu’on ne devrait pas essayer de choisir le moindre. Dans les faits, il n’y a pas d’urgence à donner immédiatement ces secondes doses aux adolescents en bonne santé, puisqu’il vaut mieux d’abord finir de vacciner les plus vieux. Seulement 40 % des 12 ans et plus sont adéquatement vaccinés (avec deux doses, ou la COVID et une dose) au Québec. Depuis le début de juillet, en outre, seulement 40 cas de COVID ont été signalés au Québec chez les 10-19 ans, et le nombre de nouveaux cas dans l’ensemble de la population reste très bas, y compris ceux causés par le variant Delta. Parmi les 12-17 ans, 4 % sont déjà adéquatement vaccinés, soit parce qu’ils ont eu la COVID puis une dose, soit parce qu’ils ont déjà reçu leurs deux doses en raison de graves problèmes de santé.

Puisqu’il y a au Québec vraiment très, très peu de risques que les 12-17 ans, dont 80 % ont déjà reçu leur première dose, soient nombreux à contracter une forme grave de COVID dans les prochaines semaines, encore moins s’ils respectent bien les consignes sanitaires, il semble raisonnable d’attendre un peu avant de prendre une décision pour leur seconde dose. La pharmacovigilance et l’avancée des campagnes de vaccination dans le monde vont permettre d’y voir plus clair au fur et à mesure que le temps passe. On en saura déjà certainement plus à la fin juillet. 

Entre-temps, parents et jeunes peuvent dormir tranquilles et profiter de leurs vacances ! 

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Pourquoi voulez-vous ajouter une lettre sur la santé? déjà, quand il est question de science; l’écrasante majorité des articles concerne quoi? la santé! et encore la santé! avec des titres comme: (faut-il avoir peur) faut-il que j’aie peur de ne plus retrouver de science qui ne parle pas de risque de maladie?

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Personnellement, je ne ferais jamais vacciner les adolescent.es car pourquoi leur faire courir un tel risque alors qu’ils n’ont quasiment aucun impact s’ils attrapent ce virus. D’autant plus qu’on ne connait pas le risque sur leur santé à moyen et long termes non plus, notamment sur la fertilité. C’est l’angle mort de votre article. On dirait que chaque fois que l’Actualité écrit un article sur la vaccination, c’est pour encenser l’utilité du vaccin uniquement et minimiser tous les risques qui sont assumés par les cobayes « volontaires ». On comprend finalement que vous supportez la propagande du gouvernement, ainsi que des médecins et chercheurs qui ne peuvent concevoir la médecine sans l’intervention des pharmaceutiques. Alors qu’il existe des traitements qui fonctionnent avec des molécules simples qui ne coûtent pas chères. Alors que les vaccins n’immunisent pas et que les vaccinés tombent quand même malades. Et alors qu’on commence à suggérer qu’il faudra une ou deux doses ANNUELLEMENT. C’est le plus grand coup de marketing de l’histoire humaine! Par des compagnies qui ne cessent d’être mises à l’amende à hauteur de milliards de $ parce qu’elles manipulent leurs données. Tiens donc!

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