COVID-19 : les atteintes au cerveau soulèvent des inquiétudes

Les symptômes neurologiques de la « COVID longue » ne s’arrêtent pas à une perte d’odorat et de goût. Des chercheurs étudient l’apparition de signes de démence chez certains patients de 60 ans et plus.

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L’anxiété ainsi que des signes de psychose et de démence font partie d’une longue liste de pathologies et de symptômes persistants chez des personnes atteintes du syndrome post-COVID-19 (la fameuse « COVID longue »). Ces effets mettent en lumière la nature complexe du coronavirus, qui ne se contente pas d’attaquer les voies respiratoires. 

Les données actuelles montrent qu’environ 20 % des patients de plus de 60 ans qui ont eu la COVID ont éprouvé des symptômes de démence comme des pertes de mémoire ou de la confusion. Comment cela est-il possible ? « Nous devons admettre que notre ignorance est grande. Nous ne savons pas comment ce virus parvient à affecter le cerveau, mais nous voulons le découvrir rapidement », affirme Heather Snyder, vice-présidente à la recherche scientifique à l’Association Alzheimer.

Cet organisme sans but lucratif américain s’est joint à des chercheurs provenant de plus de 30 pays — avec l’appui technique de l’Organisation mondiale de la santé — pour mettre sur pied un consortium international. L’objectif de cet imposant effort scientifique est de comprendre comment le virus de la COVID réussit à pénétrer dans le cerveau, mais surtout d’évaluer le risque qu’il y engendre, à moyen ou long terme, des atteintes durables, notamment des maladies neurodégénératives comme l’alzheimer.

Heather Snyder ne s’attend pas à ce que cette grande initiative découvre tout sur le virus et son impact sur le cerveau, mais elle espère au moins mieux saisir son rôle dans l’apparition des maladies neurodégénératives. 

Sur la piste des démences

Le docteur Gabriel de Erausquin, neurologue, psychiatre et chercheur dans le domaine des maladies neurodégénératives à l’Université du Texas, dirige ce consortium, qu’il a mis sur pied. Pour lui, la COVID deviendra un facteur de risque de plus dans l’apparition des démences : « Ce que nous constatons chez les patients âgés qui ont été atteints de démence après avoir eu la COVID nous inquiète. » 

Depuis le début de la pandémie, les chercheurs ont en effet confirmé par des autopsies que le virus pénètre par la cavité nasale et s’infiltre dans les neurones jusqu’au bulbe olfactif, situé dans le cerveau, une porte d’entrée vers le reste des structures. On a démontré qu’il pourrait également faire son chemin depuis le sang jusque dans le système nerveux, car il s’attaque à la barrière hémato-encéphalique. Comme son nom l’indique, cette barrière naturelle bloque l’entrée de toxines et de pathogènes du sang vers les cellules du cerveau. Le virus de la COVID causerait une réaction inflammatoire qui la rendrait moins imperméable.

Une épidémie de problèmes neurologiques et psychiatriques

En avril dernier, le psychiatre et chercheur Max Taquet, de l’Université d’Oxford en Grande-Bretagne, a révélé dans la revue scientifique The Lancet que le tiers des quelque 250 000 survivants de la COVID qui ont participé à son étude avaient des atteintes neurologiques ou psychiatriques six mois après la maladie.

Chez les jeunes de moins de 40 ans, d’autres chercheurs ont constaté dans certains cas des effets neurologiques ponctuels : anxiété, troubles de l’humeur, myalgies, encéphalopathie et maux de tête, entre autres. Mais chez les plus de 60 ans, c’est plus grave : 40 % d’entre eux ont eu les effets mentionnés plus haut, et 20 % de plus ont commencé à présenter des symptômes de démence. « Ce que j’ai peur de voir arriver après la pandémie, c’est une hausse soudaine du nombre de cas de démence dans un horizon de deux à dix ans », s’inquiète le docteur de Erausquin. 

Une perspective historique

Ce chercheur rappelle que plusieurs virus ont cet effet dit « neurotrophique », même si, par définition, ils sont respiratoires. Par exemple, on a démontré que d’autres coronavirus, comme ceux responsables de l’épidémie de SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère) de 2003 et de celle de MERS (syndrome respiratoire du Moyen-Orient), pénètrent dans le cerveau pour déclencher de nombreux troubles, sans pour autant qu’on ait observé pour l’instant un risque accru de démence. Le virus respiratoire de l’influenza qui a causé la pandémie de grippe espagnole en 1918 serait possiblement à l’origine de l’épidémie d’encéphalite léthargique qui a suivi la grippe espagnole jusqu’en 1926. Cette maladie grave provoque des fièvres et des céphalées sérieuses, entre autres.

Ce qui inquiète également le docteur de Erausquin, c’est la démonstration en éprouvette que le virus de la COVID pénètre les neurones et cause une prolifération de la protéine « tau », une des principales anomalies constatées dans la maladie d’Alzheimer : « On se donne quatre ans pour tenter de faire des liens entre ce que l’on voit en éprouvette, dans les cellules des patients, et les signes cliniques. C’est ambitieux, mais c’est un travail essentiel. » 

Une collaboration canadienne

Le Canada participera à ce consortium international. La Montréalaise d’origine Carmela Tartaglia a travaillé, avec le docteur de Erausquin, à mettre au point le protocole de recherche du consortium. Aujourd’hui médecin, professeure associée et chercheuse en neurosciences des maladies neurodégénératives à l’Université de Toronto, la docteure Tartaglia veut mettre à contribution sa cohorte de près de 100 patients ayant des symptômes neurologiques post-COVID. 

En utilisant l’imagerie du cerveau et des tests cliniques, elle tentera de dévoiler les liens entre le virus et le cerveau. « Il faut être humble, on ne comprend pas encore ce qui se passe », affirme la chercheuse, qui soulève également le fait que 70 % de ceux qui ont des symptômes neurologiques sont des femmes, quel que soit le groupe d’âge. Devant tant d’inconnu, la recherche scientifique sur le virus de la COVID-19 ne fait que commencer…

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Article très instructif qui correspond parfaitement à mes attentes d informations
Très belle ligne éditoriale pour l Actualité comme tjrs 👍

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Covid et le cerveau — Bravo M. Rochon !

J’ai récemment eu le grand plaisir de lire une série d’articles sur le Covid et le cerveau par M. Michel Rochon. J’ai trouvé ces articles magnifiquement écrits à la fois engageants et informatifs, une exploration fascinante de la réponse du cerveau à l’environnement et du rôle de la plasticité neuronale. Je suis impressionné par la facilité avec laquelle M. Rochon est capable de présenter efficacement un sujet de neurosciences aussi complexe à un public général. Bravo à L’actualite de permettre la précieuse contribution de M. Rochon à ce sujet fascinant et important. J’attends avec impatience d’autres contributions de ce journaliste talentueux dans mon nouvel abonnement !

Dr Gary McCarragher
Montréal

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Bonjour.
38ans , Non-vacciné (je suis contre) et récemment atteint par la Covid (mutation L452R), j’ai bcp de symptômes +/- graves : douleur poitrine, gros maux de tête, Oreilles bourdonnent, très fatigué, mal dans les yeux, courbatures, perte goût et légèrement odorat (ça progresse vers la perte).
N’arrivant pas à dormir car pris de démence dans le pied et main gauche, je me suis mis à chercher si il y avait un lien avec la covid et me voilà sur article.
N’hésitez pas à me contacter si vous le souhaitez, moi je vais avoir besoin de trouver une solution .. merci pour votre article et votre dévouement.

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