Cryptosporidium, le cauchemar des piscines

Ce parasite au drôle de nom (qui n’a rien à voir avec la cryptomonnaie !) passait sous le radar des autorités sanitaires jusqu’à la publication récente de deux études au Québec et en Ontario. On en sait davantage sur ce microbe qui, ô surprise, se retrouve souvent dans les garderies et les piscines.

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Des gastros, il s’en produit chaque année un certain nombre au Québec, mais bien malin qui pourrait dire combien exactement. Il y a par exemple 147 cas en moyenne annuellement liés au seul parasite Cryptosporidium, selon le ministère de la Santé et des Services sociaux, mais ce n’est que la pointe de l’iceberg, même s’il s’agit d’une maladie à déclaration obligatoire. Quand on souffre de diarrhée et de maux de ventre, on court rarement chez le médecin, à moins de complications. « C’est pour ça que les statistiques sont probablement en deçà de la réalité », estime Karine Thivierge, responsable de la parasitologie au Laboratoire de santé publique du Québec (LSPQ). 

Après des éclosions au Nunavik en mai 2013, la chercheuse a voulu en savoir plus sur le parasite à l’origine de ces cas, Cryptosporidium, pour mieux comprendre son mode de transmission et les risques réels qu’il représente. 

Sa première étude, publiée en février 2020, et une autre réalisée avec des collègues canadiens, publiée en janvier 2021, nous apprennent entre autres que ce parasite affecte surtout les jeunes enfants et les adultes qui les soignent, avec une incidence marquée pendant l’été. « On risque d’attraper la maladie en se baignant dans une piscine. Si un enfant a la cryptosporidiose et se baigne, le parasite peut se retrouver dans l’eau. Une gorgée d’eau et pouf, tu es fait », illustre la spécialiste. 

Selon Vicky Huppé, conseillère scientifique pour le Groupe scientifique sur l’eau de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), contrairement aux autres pathogènes présents dans les eaux de baignade, Cryptosporidium est très résistant à la désinfection au chlore. « En général, le traitement appliqué dans les piscines vient à bout des pathogènes, mais Crypto peut survivre », dit-elle. La santé publique recommande d’ailleurs d’attendre au moins deux semaines après la fin des symptômes avant de retourner se mouiller dans une piscine. 

Cryptosporidium se transmet par l’ingestion d’eau ou de nourriture contaminées par les selles d’un animal ou d’une personne infectée. La maladie est bénigne pour la très grande majorité des gens en santé, qui s’en tirent avec les symptômes typiques d’une gastro-entérite. « Crypto provoque en premier lieu de la diarrhée, mais il peut y avoir aussi des maux de ventre, des vomissements, de la fatigue et une perte d’appétit », explique Karine Thivierge. Le parasite peut cependant entraîner une diarrhée grave de plusieurs semaines chez les personnes immunosupprimées, qui auront besoin d’un traitement pour éviter la déshydratation.

Deux types d’infection

En procédant au génotypage, une technique pour déterminer l’espèce, l’équipe de Karine Thivierge en a trouvé deux responsables des infections au Québec : C. hominis et C. parvum. En région agricole, le parasite C. parvum transmet la maladie en circulant d’un animal d’élevage à l’humain. « Souvent, les gens s’infectent lorsqu’ils sont en contact avec les selles des animaux, en particulier celles des veaux », a remarqué Karine Thivierge.

En milieu urbain, on voit plutôt des infections d’humain à humain, et C. hominis y est dominant. Les groupes d’âge les plus touchés sont les enfants en bas âge et les adultes de 20 à 30 ans. D’après Karine Thivierge, la contamination peut se produire en garderie entre les enfants encore aux couches et, par ricochet, affecter leurs parents et leurs éducatrices.

Pause pandémique

Les règles d’hygiène publique mises en place en raison de la COVID-19 pourraient avoir un effet sur la transmission de la cryptosporidiose. Impossible de le dire pour le moment au Québec, mais certains rapports publiés par les gouvernements norvégien et australien soulignent une baisse des cas. 

La Coalition pour les innovations en matière de préparation aux épidémies, qui finance des projets liés aux maladies infectieuses émergentes à l’échelle mondiale, a récemment inscrit la cryptosporidiose sur la liste des maladies à surveiller. Dans les pays en voie de développement, où coexistent malnutrition et accès difficile à des sources d’eau potable, on estime que 45 % des enfants en sont affectés avant l’âge de deux ans. 

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Il manque une explication, comment le détruire, il doit bien exister un produit?

J’ai reçu la première dose du vaccin Moderna en mars et 7 jours plus tard j’ai eu une grosse rougeur au bras.
Je suis allée voir une pharmacienne qui m’a donné des antihistaminiques.
Cela a pris quelques jours avant de revenir à la normale.
Ma question: L e 19 juillet je vais recevoir la 2e dose. En juillet j’ai beaucoup d’allergies et je dois prendre du Réactine.
Est-ce que mon système sera capable d’absorber les allergies et le vaccin Moderna?