Dans l’assiette des athlètes

Que mangent donc les sportifs de haut niveau, comme les gymnastes et les marathoniens, pour parvenir à réaliser leurs performances aux Jeux olympiques ? Visite à la cafétéria du Village, qui sert jusqu’à 60 000 repas en une seule journée !

Dans l'assiette des athlètes
Photo: Vincent Fortier

Attablés à la cafétéria du Village olympique, les athlètes mangent une des spécialités au menu ce jour-là : des grillades caribéennes, des classiques de la cuisine britannique ou des plats halals.

Les couleurs des uniformes se mêlent parfois, mais en général, les équipes nationales demeurent en silo.

Sur la plupart des comptoirs, des autocollants indiquent les informations nutritionnelles des plats, dont la teneur en calories. « Les athlètes sont habitués de fonctionner ainsi, indique Nigel Garfitt, responsable de l’offre alimentaire au Village. Les choix de repas sont les mêmes pour tout le monde. Nous ne faisons pas d’exception pour aucun athlète, ni aucune équipe. Il est donc normal d’offrir aux résidents toutes les informations nutritionnelles dont ils ont besoin. »

Les athlètes doivent bien connaître ce qui se retrouve dans leur assiette. « Ils deviennent de véritables foodies ! » dit Beth Mansfield, une nutritionniste qui travaille avec l’équipe nationale canadienne.

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Photos: Vincent Fortier

Parfois, la conseillère a beaucoup de boulot de sensibilisation à faire auprès des athlètes. « Certains arrivent dans mon bureau avec leurs gros pots de suppléments, explique-t-elle. Je leur demande alors si ça leur arrive de manger des aliments, des vrais. Je parle d’aliments plutôt que de nutriments. C’est plus concret. »

Yogourt grec, baies sauvages, riz, orge, gruau… Beth Mansfield identifie avec les athlètes les aliments qui leur fourniront le carburant nécessaire. Mais attention, on ne met surtout pas un sportif de haut niveau au régime ! Les athlètes avalent parfois des portions titanesques pour combler leurs besoins énergétiques. Ils doivent alors choisir des aliments de première qualité. 

Les olympiens comprennent l’importance de bien manger pour bien performer, mais ils ne veulent surtout pas se casser la tête. « Je recherche toujours quelque chose de simple et de balancé, explique le kayakiste Ryan Cochrane. Quand on n’est pas à la maison, c’est parfois difficile d’avoir un choix diversifié. »

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« Lors de compétitions, je dois souvent me contenter du buffet disponible, dit l’avironneuse Andréanne Morin. Mais si j’avais le choix, avant une course, j’opterais pour du poulet au citron, avec du riz et des légumes grillés. »

Dans son plat idéal avant une compétition, l’escrimeuse Sandra Sassine mettrait aussi du riz, avec un filet de saumon et une salade.

« Le riz est un choix sensé parce qu’il est facile à digérer, ce qui est pratique pendant les moments de stress », explique Ryan Cochrane.

C’est aussi un aliment sans gluten, une caractéristique de plus en plus recherchée chez les sportifs – qui ont souvent des problèmes de digestion, mentionne Beth Mansfield.

La nutritionniste établit un programme personnalisé avec chacun des athlètes qu’elle rencontre. Les besoins varient énormément d’un athlète à l’autre. « Un sport d’endurance, comme le marathon, ne commandera pas le même régime qu’un sport de puissance, comme le sprint », indique-t-elle.

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Certains athlètes ont aussi le souci de bien paraître et doivent faire attention à leur ligne. C’est le cas des gymnastes, où l’aspect esthétique demeure important.

La cafétéria du Village olympique servira jusqu’à 60 000 repas par jour. On estime qu’à la fin des Jeux, environ 1,2 million de plats auront été engloutis. Reste à voir quelle nation sera la plus gourmande !

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