De climatosceptique à créationniste

Des Américains traitent les changements climatiques comme la théorie de l’évolution : ils nient l’évidence scientifique et construisent une pseudoscience qu’ils espèrent finir par imposer dans les écoles, comme d’autres l’ont fait avec le créationnisme, a affirmé mardi au congrès de l’Acfas la députée européenne Corinne Lepage, ex-ministre de l’Environnement au sein du gouvernement Juppé et avocate en droit de l’environnement.

De fait, ce qui se passe en ce moment au États-Unis n’a rien de rassurant. Les scientifiques, qu’ils soient climatologues ou non, sont aujourd’hui victimes d’une véritable chasse aux sorcières.

Dans l’édition du 7 mai du magazine Science, 255 membres de la National Academy of Sciences, dont 11 Prix Nobel de toutes disciplines, signent une vibrante lettre ouverte dans laquelle ils se disent profondément dérangés par l’escalade des attaques politiques contre les scientifiques en général et les climatologues en particulier. Attaques qui, dans de nombreux cas, sont de nature purement dogmatique ou dictées par des intérêts.

Ils réaffirment que le réchauffement climatique qui résulte de l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre est en grande partie dû aux activités humaines – le recours aux carburants fossiles et la déforestation, phénomènes qui dépassent en importance les phénomènes naturels qui ont toujours joué un rôle dans les modifications du climat.

Society has two choices : We canignore the science and hide our heads in the sand and hope weare lucky, or we can act in the public interest to reduce thethreat of global climate change quickly and substantively. Thegood news is that smart and effective actions are possible.But delay must not be an option.

Après avoir ouvert une brêche avec le Climategate, pour laquelle les scientifiques incriminés ont été blanchis, les plus virulents des climatosceptiques s’en prennent maintenant aux scientifiques devant les tribunaux.

La dernière attaque en date provient du procureur général de la Virginie, le républicain Ken Cuccinelli.

Était-il frustré de s’être couvert de ridicule en tentant en vain il y a quelques semaines de faire couvrir le sein d’une déesse romaine sur le sceau de la Virginie porté en écusson par son personnel (voyez cette image hautement pornographique ici) ?

Toujours est-il que Cuccinelli a déposé fin avril une requête contre l’Université de Virginie, à qui il a donné 30 jours pour fournir  des monceaux de documents reliés au travail du climatologue Michael Mann, qui fut professeur dans cette université de 1999 à 2005.

Son « crime » ? Avoir dessiné dans une de ses publications une courbe aujourd’hui bien connue, en forme de bâton de hockey, pour décrire l’évolution de la température. L’intégrité de ce chercheur a déjà été scrutée à la loupe à plusieurs reprises, notamment par la National Academy of Science et la Penn State University (pdf) où il travaille aujourd’hui, qui l’ont lavé de tout soupçon.

Évidemment, il n’y aura probablement rien de compromettant dans ces documents. Qu’importe : pendant ce temps, les scientifiques passent pour des tricheurs, mais surtout ils doivent consacrer tout leur temps et donc leur argent à des procédures plutôt qu’à leurs recherches.

J’aimerais bien savoir ce que pense de tout cela le député Maxime Bernier, qui avouait récemment sa sympathie pour le climatoscepticisme.

Rendu là, ce n’est pas du scepticisme, c’est de l’obscurantisme.

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Wow tout est noir ou blanc pour vous?

C’est sûr qu’il y a des gens qui manquent parfois de savoir-vivre des fois, mais c’est c’est pas une raison pour faire pareil et sortir des attaques personnelles. On dirait un débat entre libéraux et péquistes… tout le monde suit la ligne du parti.

Réduire à l’absurde en comparant tout ceux qui osent soulever des interrogations à des créationnistes ou à défendeurs de la terre plate tant qu’à y être est plutôt pathétique.

Dire qu’un sceptique est forcément motivé par des intérêt pétrolier est aussi cliché qu’affirmé qu’un écologiste est forcément anti-capitaliste.

En 2000, les experts de l’Université East Anglia et le CRU nous ont dit:

(Mars 2000) Selon le Dr David Viner, chercheur principal au Climate Research Unit (CRU) de l’Université de East Anglia, dans quelques années, les accumulations de neige en hiver vont devenir « un événement très rare et donc très passionnant ». «Les enfants ne vont tout simplement pas savoir ce qu’est la neige», disait-il.

David Parker, du Hadley Center, disait que « les enfants britanniques pourrait n’avoir qu’une expérience virtuelle de la neige. »
http://bit.ly/65sRq8

Dans le magazine Science, 255 membres de la National Academy of Sciences ont signé une lettre le 7 mai dernier dans lequel ils disent que « la planète se réchauffe en raison de concentrations accrues de gaz piégeant la chaleur dans notre atmosphère. Un hiver enneigé à Washington ne modifie pas ce fait. »

Selon les données des précipitations de neige recueillies par l’Université Rutgers Global Lab, la (plus récente) période d’octobre 2009 à mars 2010 a été la plus enneigée de l’hémisphère Nord, avec une moyenne mensuelle de couverture de neige à exactement 39.720.106 km2. La deuxième place est survenu en 1970 à 39.574.224 km2.

Plus encore, toujours selon l’Université Rutgers Global Lab, la décennie 2001-2010 a été celle qui a connu le plus de couverture de neige dans tout l’hémisphère nord.
http://climate.rutgers.edu/snowcover/files/moncov.nhland.txt

C’est maintenant à se demander qui sont réellement les adeptes du créationnisme.

Les scientifiques sont de mauvais communicateurs et les conséquences on les voient dans tout ce scepticisme. La majorité des individus non aucune culture scientifique. Ils ont une vision très simpliste de ce que signifit: réchauffement planétaire, comme on peut le voir dans le commentaire no. 2. Il semble impossible pour eux de comprendre qu’une accumulation supplémentaire d’énergie au niveau terrestre ne signifit pas une hausse constante et globale de la température.
Les scientifiques dans leur communication n’aurait jamais du parler de réchauffement climatique mais plutôt de changements climatiques.
D’une part les « polq » de ce monde ne sont pas en mesure de comprendre qu’un système aussi vaste que la terre ne change pas d’état du jour au lendemain. C’est comme si ils croyaient qu’un train qui file à 100Km/heure peut s’arrêter sur une distance d’un mètre. L’inertie thermique de la terre est-elle que si on maintenait le niveau de CO2 dans l’atmosphère à son niveau actuel, il faudrait des décennies pour que les effets se fassent réellement sentir. Il y a effectivement des boulversements climatiques mais ce n’est que l’amorce du changement. C’est dans 50 ou 100 ans peut-être plus que la catastrophe se fera réellement sentir. Et pour éviter cette catastrophe c’est maintenant qu’il faut réduire le CO2 dans l’atmosphère.

Quand le GIEC reprendra les arguments et les conclusions des climatosceptiques, j’y croirai. Pour l’instant, ils valent ce que valent les opinions personnelles.

Qu’est-ce que le GIEC et comment fonctionne-t-il?
Essentiellement le GIEC a pour tâche de proposer une synthèse des connaissances scientifiques qui intègre à la fois les points de consensus, ceux qui ne le sont pas et les incertitudes associées aux résultats. Les rapports publiés sont approuvés à l’unanimité par l’assemblée générale du GIEC où chaque pays membre de l’ONU dispose d’au moins un scientifique compétent. Conséquemment, si le GIEC se trompe ou complote, c’est que la très forte majorité des scientifiques compétents se trompent ou complotent.

La seule manière de modifier de façon crédible les conclusions du GIEC, c’est de produire de la science ouvrant de façon convaincante sur d’autres pistes d’explications que celle qui fait actuellement consensus. Science que le GIEC intégrera pour créer un nouveau consensus.

Un consensus scientifique est pour ainsi dire semblable à l’eau d’un lac qui aurait gelé avec assez de solidité pour qu’on puisse sans trop de risque s’y appuyer et tenter un autre pas. La science ne marche pas sur l’eau. Contrairement à la croyance.

M. Mathieu Gagné,

Où dans l’article de Mme Borde est-il question qu’un sceptique est forcément motivé par des intérêts pétroliers ???

Où dans cet article, Mme Borde réduit-elle à l’absurde en comparant tous ceux qui osent soulever des interrogations à des créationnistes ou à défendeurs de la terre plate tant qu’à y être est plutôt pathétique ???

Son article ne démontre qu’une stratégie des obscurantistes* soit s’en prendre maintenant aux scientifiques devant les tribunaux ce, pour ils consacrent tout leur temps et donc leur argent à des procédures plutôt qu’à leurs recherches.

Les bâillonner quoi. Par chance qu’au Canada il existe une loi anti-bâillon d’ailleurs utilisée pour la première foi contre une procédure frivole initiée par l’entrepreneur en construction M. Zambito contre un citoyen de Boisbriand qui avait osé poser des questions au conseil municipal pour demander comment un projet initial de 16 Millions avait augmenté à 38 Millions $$.

Des poursuites de ce genre contre des scientifiques qui n’épousent pas les vues de certains hauts dirigeants (privé ou public) ont peut-être lieu aux USA mais je ne crois pas que ce type de poursuite puisse avoir lieu dans d’autres pays et les scientifiques du GIEC provenant d’une multitude de pays, les bâillonner tous serait impossible.

*L’obscurantisme est intimement lié au dogmatisme. Ce dernier commence lorsque l’on affirme la prédominance d’un système métaphysique en rejetant toute contestation, de l’opposition critique jusqu’au simple doute, au contraire de la démarche scientifique. L’attitude obscurantiste consiste à user d’autorité pour discréditer voire faire condamner les auteurs de thèses scientifiques qui s’opposent ou semblent s’opposer aux théories prônées par son école de pensée, ainsi qu’à interdire leur diffusion.

polq : Est-ce qu’une seule des recherches que vous avez mentionné rejette la théorie des changements climatique causé par l’augmentation de CO2 dans l’atmosphère? J’ai regardé rapidement, et il n’y a rien de concluant. Au mieux, ils vont dire que le cycle solaire “pourrait” avoir un impact. En fait, les dernières recherches sur le sujet (que vous omettez involontairement j’imagine) indiquent que le soleil ne serait responsable AU PLUS que de 14% des fluctuations de températures sur terre.

http://adsabs.harvard.edu/abs/2009JGRD..11414101B

http://arxiv.org/PS_cache/arxiv/pdf/0901/0901.0515v1.pdf

C’est simple de lancer plein de recherches qui parlent du soleil, et de manipuler leur conclusion pour leur faire dire ce qui vous convient. Mais admettez que les recherches que vous avez mentionné, dont certaines datant de plus de 10 ans, ne remettent pas en question la théorie acceptée par la majorité de la communauté scientifique.

Concernant le Institute of Physics (IOP), vous omettez aussi de mentionner clairement leur position:

“The IOP […] has responded by making it clear that it believes in man-made climate change and that its submission was criticizing instead the practices of the climate scientists at the centre of the inquiry. ”

Encore un oubli involontaire j’imagine. C’est étonnant à quel point certaines personnes peuvent être bien renseigné, tout en ignorant le plus important (disons, ce qui va à l’encontre de leur idéologie libertarienne).

Très intéressant article pour un sujet polémique.

Le « délire du climategate » dont vous parlez est à ce titre un exemple de comment la science est prise à partie et dénaturée. Pour reprendre un éditorial du christian science monitor, là où certains voient une conspiration, on peut y voir de l’incompétence.

Un autre intéressant article qui recadre le sujet :
http://legranddegel.blogspot.com/2010/03/science-sans-conscience.html

« la (plus récente) période d’octobre 2009 à mars 2010 a été la plus enneigée de l’hémisphère Nord, »

La quantité de neige tombée au sol n’a rien à voir avec la température. Il peur y avoir un hiver très froid avec peu de neige et un hiver très doux avec des records de neige.

D’ailleurs les records par tempête sont plus au sud et l’Arctique extrêmement froid reçoit peu de précipitation.

Aussi le record d’enneigement pourrait être dû à plus d’évaporation à la surface de l’océan à cause d’une température plus élevée.
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PS. Vu que l’industrie reliée au pétrole a dépensé plus de cent millions pour subventionner les négationnistes, certains billets négationnistes ici pourraient avoir rapporté quelques sous à leurs auteurs.

Vraiment mauvais!
Les sceptiques sont bien plus près de la science et les écolos sont une nouvelle religion.

Tenter de minimiser le Climategate est de tenter de relier les sceptiques aux créationistes ou alors aux pétrolières c’est le la mauvaise foi.

Le climat n’est pas et n’a jamais été fixe, il change continuellement depuis des centaines de millions d’années, bien avant que l’humain apparaisse. Juste depuis les derniers 10000 ans, (ce qui n’est rien dans l’histoire de la terre), nous avons vécu une ère glaciaire, l’optimum médiéval (températures beaucoup plus chaudes qu’aujourdhui) et une mini ère glaciaire entre 1600 et 1850. Il est donc normal que ça se continue de se réchauffer un peu et ça n’a rien a voir avec le CO2.

Il n’y a pas de consensus! C’est un mythe. Il y a plein de scientifiques qui contredisent le « réchauffement causé par l’homme », c’est juste qu’ils ne sont pas aussi organisés, ni soutenus par les millions des organisations écolos.

« La quantité de neige tombée au sol n’a rien à voir avec la température. Il peut y avoir un hiver très froid avec peu de neige et un hiver très doux avec des records de neige. »

– Yvon Fleurent

J’ajouterais que plus l’air est chaud, plus l’air peut contenir d’humidité (meme sous zéro) et dont plus de pluie et de neige peuvent se former. Ainsi théoriquement la plus grosse tempête de neige se formerait juste en dessous du point de congélation.

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