Les errances d’Ottawa, de l’avortement à la procréation assistée

Pendant que le gouvernement Harper veut imposer sa vision de l’avortement au G8 en refusant d’inclure celui-ci dans le plan d’aide sur la santé des femmes, deux expertes viennent de démissionner de l’organisme fédéral Procréation assistée Canada chargé, en théorie, de mettre de l’ordre dans cette activité au Canada.

Le Devoir rapportait hier que deux administratrices de cet organisme fédéral sont parties avant la fin de leurs mandats. Françoise Baylis, spécialiste en bioéthique et en philosophie de l’Université Dalhousie et Barbara Slater, une spécialiste ontarienne, auraient claqué la porte de l’organisme fédéral, mais ne pourraient dire pourquoi, puisqu’elles sont tenues au secret par des ententes de confidentialité.

Procréation assistée Canada a été créée en 2006 pour faire respecter les règlements de la Loi fédérale de 2004 visant à encadrer les activités de procréation assistée au pays… sauf que ceux-ci n’ont jamais été écrits !

« Nous avons travaillé si fort pour obtenir une telle agence et elle est inutile! », a déclaré au Devoir la chercheure Abby Lippman, professeure à l’Université McGill et rattachée à l’Institut de la biotechnologie et de l’avenir de l’homme de Chicago.

Plutôt que de mettre des bâtons dans les roues de d’avortement à l’étranger, le gouvernement fédéral ferait mieux de s’activer pour protéger un peu mieux les Canadiens des dérives possibles de la procréation assistée, une activité fort lucrative presque exclusivement contrôlée par l’entreprise privée.

Certaines pratiques de procréation soulèvent des questions éthiques majeures pour les enfants à naître, et il faut s’en occuper.

Au Québec, le ministère de la Santé et des services sociaux a quant à lui commencé à mettre sur pied un système universel de procréation assistée dans les hôpitaux, allant ainsi à l’encontre des recommandations des experts de la Commission d’éthique de la science et de la technologie. Voyez ce qu’en pense Édith Deleury, la présidente de cet organisme.

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Le facteur économique est aujourd’hui le plus important pour n’importe quel gouvernement. Se mettre à financer un service, puis un autre, etc. et qui paiera sinon les travailleurs de la classe moyenne. La question n’est plus seulement : combien ça coûte, mais qui paiera? Seule la classe moyenne paie des impôts. Lorsque Pauline Marois a fait un voyage de trois jours à Haïti dernièrement, elle a promis plein d’argent à Préval. De retour, voyant la réaction de la population, elle est devenue muette à ce sujet. La situation de la Grèce est très troublante. Si des états dit « riches » commencent à financer d’autres états « riches », on n’a pas fini de voir le fond du baril.La Grèce aurait besoin de 175 milliards qu’elle ne pourra jamais rembourser. L’avortement comme tout le reste passera dorénavant dans le collimateur de l’économie avant toute autre considération. La décision de Harper est basée sur la capacité du Canada de payer pour l’irresponsabilité des autres pays.

« Procréation assistée Canada » est le nom d’un véritable organisme gouvernemental?! On n’en fini plus d’inventer des départements pour grossir la bureaucratie.

Rien de plus frustrant ces jours-ci que de lire les nouvelles concernant la santé maternelle: le gouvernement n’appuie pas l’avortement dans des pays où celui-ci pourrait sauver des vies, mais on arrive à promettre 80 millions à la procréation assistée, alors que des milliers de femmes québécoises peinent à trouver un médecin ou une sage-femme pour effectuer leur suivi de grossesse. Ne serait-il pas possible de diviser en deux ce fameux 80 millions afin d’assurer au moins un suivi adéquat aux femmes déjà enceintes? Il ne suffit pas de faire des enfants; encore faut-il assumer leur santé à venir et celle de leur mère: le gouvernement l’aurait-il oublié?

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