De l’énergie dans nos poubelles, pour de bon!

Transformer nos poubelles en source d’énergie: même si l’idée est dans l’air depuis longtemps, la technologie en est encore à ses débuts. Mais ça bouge ces jours-ci.

D’abord, le géant texan Waste Management, leader nord-américain dans la gestion des déchets qui gère notamment 300 dépotoirs, dont 20 au Canada, vient de passer une entente avec InEnTec. Cette petite compagnie a mis au point un procédé de gazéification des déchets basés sur des recherches conduites au Massachussetts Institute of Technology (MIT).

L’idée n’est pas d’incinérer les déchets comme on le fait déjà à de nombreux endroits, mais de transformer ceux-ci en une source d’énergie directement utilisable. Dans le procédé de InEnTec, les déchets sont chauffés à plusieurs milliers de degrés par un plasma qui les transforme en gaz de synthèse. Celui-ci peut ensuite servir de matière première pour produire de l’éthanol, du diesel, de l’hydrogène ou du méthanol, ou être utilisé comme substitut au gaz naturel pour générer de l’électricité ou de la chaleur. L’accord passé avec Waste Management promet de donner un sérieux coup de pouce à ce procédé, dont vous pouvez voir une présentation vidéo ici.

Au Canada, c’est Enerkem qui mène le bal. Cette compagnie fondée par Esteban Chornet, professeur à l’Université de Sherbrooke, a commencé il y a quelques mois à faire fonctionner une usine pilote de production d’éthanol à partir de divers déchets à Westbury, en Estrie (description ici, en pdf). Mais c’est à Edmonton qu’Enerkem s’est déjà lancée dans de grands travaux. Elle vient de passer les étapes d’évaluations environnementales et d’obtenir un permis de construire pour ce qui deviendra d’ici quelques mois la première grande usine au monde de production de biocarburants à partir des déchets domestiques. L’usine traitera les «déchets ultimes» générés par les résidants d’Edmonton, c’est-à-dire ceux qu’ils ne placent ni dans leurs bacs de recyclage, ni dans ceux dédiés aux résidus compostables.

Si tout se passe bien, la ville d’Edmonton pourra au final se targuer de n’envoyer que 10% des déchets de ses citoyens dans un dépotoir. Qui dit mieux ?

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