De nouvelles pistes pour contrer la gueule de bois

Plusieurs chercheurs et médecins penchent vers les médicaments anti-inflammatoires courants, sans pour autant détenir de preuve que cela fonctionne.

Mislav Marohnić
Flickr/Mislav Marohnić

Mal au cœur, à la tête, aux cheveux? Si votre réveillon a été bien arrosé, pas de doute: vous avez une bonne gueule de bois. Épargnez-vous donc une souffrance supplémentaire: n’allez pas sur Google chercher un remède miracle à votre état comateux.

Sante_et_science

La recherche «hangover cure» vous donnera plus de 1,7 million de réponses. On vous conseillera de prendre de l’eau, le grand air, le lit, toutes sortes de produits commerciaux à base d’herbes orientales, de l’aspirine, de l’acétaminophène, des vitamines, du thé vert, de la pizza, du café, du chou, de la banane, du tabasco, une douche et, évidemment, un petit verre d’alcool…

Malheureusement, rien de tout cela n’a fait la preuve de son efficacité. Si un remède miracle existait, on le saurait!

La veisalgie (le nom savant de la gueule de bois) est encore un état bien mystérieux pour les scientifiques.

Elle s’amorce quand le taux d’alcool dans le sang commence à diminuer, et atteindrait son apogée quand toute trace d’alcool disparaît. Le manque de sommeil et la déshydratation engendrée par l’alcool expliqueraient une partie des symptômes. L’acétaldéhyde produit par le foie en métabolisant l’alcool jouerait aussi un rôle.

Mais les rares recherches sur la gueule de bois semblent montrer que les symptômes ne sont pas corrélés avec le degré de déshydratation ou la quantité d’acétaldéhyde sécrétée, et qu’ils persistent même après réhydratation et élimination de tous les métabolites de l’alcool.

Selon des études menées notamment en Corée, l’intoxication à l’alcool provoquerait, croit-on, une réaction inflammatoire qui fait intervenir des cytokines, des substances synthétisées par le système immunitaire.

Plusieurs chercheurs et médecins penchent donc vers les médicaments anti-inflammatoires courants comme l’ibuprofène, sans pour autant détenir de preuve que cela fonctionne.

Ce remède (que son inventeur affirme avoir testé lui-même pour la première fois un matin de gueule de bois) pourrait aussi être pire que le mal, puisqu’il peut causer des symptômes gastro-intestinaux qui risquent de s’ajouter à ceux de la gueule de bois.

La gueule de bois pourrait-elle être prévenue en privilégiant certains alcools plutôt que d’autres, en prenant un bon café avant de se coucher ou en évitant de boire sans manger? Là encore, les recherches ne sont pas concluantes.

Joris C. Verster, un chercheur néerlandais, a testé plusieurs de ces hypothèses auprès d’étudiants universitaires, des cobayes fort consentants. Mais il n’a trouvé aucun lien direct entre l’intensité des symptômes de la veisalgie et toutes ces stratégies.

Il a aussi démontré que les gens qui se targuent de ne jamais avoir la gueule de bois ne consomment en fait jamais beaucoup d’alcool. Certaines personnes seraient toutefois favorisées par la génétique, selon une étude américaine menée sur des jumeaux.

Selon une autre étude récente, menée en Argentine, rester dans le noir pourrait réduire la durée des symptômes. Un résultat à prendre encore avec beaucoup de précaution, l’étude en question ayant été menée chez des rats de laboratoire en leur injectant directement de l’éthanol dans le sang, ce qui reproduit sans doute assez mal les conditions réelles de votre réveillon.

De toutes ces recherches ressort une seule certitude : moins on a bu d’alcool, moins on a la gueule de bois. Pas très fascinant comme découverte, je vous l’accorde…

En espérant que 2016 vous apportera beaucoup de bonheur et d’esprit critique, bonne année!

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2 commentaires
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J’étais encore dans la jeune vingtaine quand j’ai, tout à fait seul et sans aucun conseil de qui que ce soit, trouvé le truc imparable pour éviter la gueule dite «de bois»: Boire raisonnablement, misère!!!! Comme le disait une certain Maurice «Mad Dog» Vachon dans une publicité: «Ça prend pas un dictionnaire -médical- pour comprendre ça!»
Ma devise, c’est: «Il y a tellement de maux qui nous tombent dessus sans qu’on ne l’ait demandé, évitons donc ceux sur lesquels nous avons une prise». Voilà pourquoi je ne me saoule pas et que je n’ai jamais volontairement inhalé de fumée. La seule fut la fumée secondaire que je ne pouvais éviter mais ce ne fut ni dans ma voiture ni dans ma maison où il était interdit d’allumer.