De (petites) bonnes nouvelles du climat

Alors que les études sur le climat démontrent un réchauffement planétaire plus rapide et plus intense que ce que prévoyaient encore récemment les modèles, deux nouvelles études montrent qu’on a peut-être sous-estimé la capacité de certains écosystèmes à s’adapter.

Mais que les climatosceptiques ne se réjouissent pas trop vite : cela change peu de choses à la catastrophe appréhendée, et rien à l’urgence d’agir !

La première de ces deux études, publiées dans la revue Nature Climate Change, porte sur la capacité des écosystèmes situés au nord du 45e parallèle à supporter la hausse rapide des températures moyennes.

Menée par des chercheurs de la Boston University, en collaboration notamment avec la NASA, elle montre que les forêts nordiques se comportent aujourd’hui comme le faisaient les écosystèmes situés à 4 ou 6 degrés de latitude plus au sud il y a 30 ans : les plantes poussent plus vite et plus haut.

Les plantes poussent à Winnipeg en 2011 comme à Mineapolis en 1982, selon un des auteurs de l’article cité dans le communiqué de presse de la NASA.

Ce faisant, elles stockent plus de carbone, luttant ainsi contre le réchauffement.

Mais cette lune de miel risque de ne pas durer, préviennent les chercheurs : le réchauffement, qui va favoriser des sécheresses, des feux de forêt et des épidémies d’insectes pourraient empêcher la croissance des plantes de se poursuivre bien longtemps au rythme actuel.

Il ne pourrait donc s’agir que d’un répit.

L’autre étude, publiée dans Nature Geoscience, porte sur la résilience des forêts tropicales. C’est la plus importante menée à ce jour, pour laquelle 22 modèles climatiques ont été analysés.

Selon l’équipe internationale de chercheurs menée par le britannique Chris Huntingford, malgré la hausse des températures, ces forêts, dont l’Amazonie, pourraient bien conserver leur capacité actuelle à absorber le carbone atmosphérique. Même si les émissions continuent à augmenter, et ce jusqu’à au moins 2100.

Là encore, il ne pourrait s’agir que d’un répit, et les conclusions de l’étude doivent encore être validées. On ne sait notamment pas comment les forêts tropicales vont réagir à la multiplication des événements climatiques extrêmes que prévoient les modèles pour les 20 à 30 prochaines années.

Pas question, donc, de se croiser les bras!

Au contraire, plus que jamais, il importe donc de préserver ces forêts, notamment par des mesures internationales telles que le programme REDD+ des Nations Unies (reducing emissions from deforestation and forest degradation).

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Malgré votre mise en garde, je crains que cette nouvelle soit « manipulée » par les climatosceptiques pour « décrédibiliser » les travaux du GIEC. D’autant qu’elle vient s’ajouter au rôle inattendu des volcans sur le « ralentissement » temporaire de la hausse des températures.

Il y a urgence d’agir: s’il fallait, oh horreur, qu’on n’ait plus de tempêtes de neige en avril, ce serait bien le comble!

Il y a des pays, comme le Canada, où l’urgence est, disons, moins urgente… De toute manière, la plupart de ceux qui vocifèrent qu’il faut faire quelque chose ne font rien, en pratique, dans leur comportement privé, qui les distingue des autres… Leur « urgence » est 100 % rhétorique…