Débat chez les psychiatres

La prochaine édition du DSM (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, en français), bible des psychiatres, ne sera pas publiée avant trois ans, mais déjà le débat entourant sa parution fait rage. À tel point que, pour la première fois, l’Association américaine de psychiatrie a demandé aux experts qui collaborent à l’ouvrage de signer des ententes de confidentialité.

Premier sujet brûlant : la transsexualité. Cette dernière est recensée comme une pathologie dans le DSM courant. Des activistes de la communauté transsexuelle font pression sur le comité responsable du dossier pour faire rayer ce diagnostic, qu’ils estiment dégradant. Au même moment, d’autres activistes de la même communauté réclament… son maintien ! Si la transsexualité était biffée du DSM-V, arguent-ils, il deviendrait beaucoup plus difficile de faire rembourser les opérations de changement de sexe par les compagnies d’assurances.

D’autres comités experts auront à se pencher sur le magasinage compulsif, le fétichisme ou le trouble du traitement sensoriel chez les enfants, syndrome mal défini que les parents aimeraient voir reconnaître, car cela faciliterait la collecte de fonds.

« On n’est pas dans la cardiologie », souligne Edward Shorter, spécialiste de l’histoire de la psychiatrie à l’Université de Toronto. « Les causes des maladies psychiatriques sont mal connues. Une foule de facteurs sociaux, financiers et politiques entrent en ligne de compte. »

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