Déconfinement : les enfants d’abord

C’est quoi l’immunité collective ? Quels sont les avantages à rouvrir les écoles avant l’été ? Que se passera-t-il en septembre ? La Dre Caroline Quach-Thanh, pédiatre et infectiologue à l’Hôpital Sainte-Justine répond à nos questions.

Dre Caroline Quach-Thanh (photo : L'actualité)

L’immunisation collective, ce concept est sur toutes les lèvres depuis que le gouvernement Legault a évoqué la possibilité de rouvrir graduellement les écoles d’ici l’été. Mais qu’en est-il vraiment ? Et surtout, quel rôle les écoliers pourraient-ils y jouer ?  Tour de la question avec la Dre Caroline Quach-Thanh, pédiatre, microbiologiste-infectiologue et médecin responsable de l’unité de prévention et contrôle des infections à l’Hôpital Sainte-Justine.

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Le directeur national de la santé publique, Horacio Arruda, en a inquiété plus d’un en déclarant que la réouverture des écoles et des garderies avant les vacances d’été aiderait à immuniser les enfants, et qu’il est « important dans une société qu’une partie de la population soit immunisée ». Il faisait ainsi référence au concept d’immunité collective. Qu’est-ce que c’est ?

On parle ici de la proportion de personnes dans une communauté qui doit être protégée contre une maladie — par maladie naturelle ou par la vaccination — pour que celle-ci cesse de se transmettre. Dans le cas de la COVID-19, on estime qu’il faudrait que 70 % de la population ait contracté la maladie. Pour la rougeole, par exemple, l’immunité collective doit atteindre 95 % pour que l’infection cesse de se transmettre.

Si on est capable d’aplatir suffisamment la courbe, on pourrait atteindre cet objectif grâce à la vaccination.

Plusieurs pays commencent timidement leur déconfinement. En tête : le Danemark qui a rouvert, le 15 avril dernier, ses garderies et ses écoles primaires en premier. Pourquoi les enfants sont-ils au coeur de certaines stratégies de déconfinement ? La stratégie repose-t-elle sur leurs épaules ? 

Pour que les activités puissent reprendre, on commence par permettre aux groupes les moins à risque de recommencer à vivre normalement. Les enfants constituent le groupe avec le moins de risque de maladies graves, de complications et de décès. En plus, les enfants ont besoin de se développer et de socialiser.

L’objectif d’immunité collective ne repose pas sur les épaules des enfants. Mais il faudra, un jour, commencer à déconfiner, parce qu’on ne tiendra pas 18 mois [NDLR : Le temps estimé pour le développement d’un vaccin contre la COVID-19] enfermés ainsi.

 

Et quels sont les avantages à rouvrir les écoles avant l’été ? Est-il dangereux d’attendre à septembre, à la rentrée « normale » ? 

Ça ne devrait pas être plus dangereux d’attendre à septembre, mais il risque de ne pas y avoir grand avantage à attendre. Il faut réaliser que nous ne risquons pas d’avoir atteint le niveau d’immunité collective nécessaire pour que cesse complètement la transmission communautaire en septembre.

De plus, l’un des avantages de la réouverture des écoles avant les vacances, c’est que l’école sera interrompue à nouveau durant la pause d’été — alors qu’en septembre, l’école repart pour 10 mois. 

Par ailleurs, les enfants dépriment à ne pas voir leurs amis. Leur permettre de sortir un peu de la maison et de reprendre un semblant de vie normale leur fera un bien immense, et à plusieurs parents aussi.

Comme vous le savez, cette stratégie sème la controverse. Certains disent que c’est « un mal pour un bien » ou, au contraire, que les enfants servent de chair à canon, de « soldats envoyés au front ». Les enfants sont-ils à risque ? 

Quand ils contractent le virus, les enfants n’en sont pas malades. Même dans les communautés où il y a de la transmission soutenue, les enfants ne sont pas hospitalisés. Il y a eu de rares cas de décès chez les enfants, mais ça demeure rare.

Si les enfants attrapent la maladie, c’est possible qu’ils la transmettent aux gens avec qui ils habitent. Il faudra donc protéger les plus vulnérables. 

« Si on avait un vaccin disponible dans trois mois, la stratégie de confinement en attendant le vaccin serait envisageable. Toutefois, on ne sait pas quand ce vaccin sera disponible ; c’est inimaginable d’attendre 18 mois complètement renfermés sur nous-mêmes. »

Un retour à l’école avant les vacances d’été pourrait-il provoquer une deuxième vague de contaminations ?

La question à se poser c’est : « serait-ce différent si on reprenait les cours en septembre » ? En déconfinant n’importe quel groupe, nous vivrons probablement une deuxième vague ou, du moins, une hausse des cas de COVID-19. Et ce, que ce soit en mai ou en septembre.

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Donc dans le fond, le gouvernement doit réouvrir les écoles pour infecter les enfants… eux, ils ne sont pas a risque, mais ils contractent le virus, le ramène à la maison, les parents l’attrapent, eux qui sont déjà plus a risque, et le transmettent a des genre au travail(si ils vont encore travailler), ou encore, beaucoup de gens font l’épicerie pour leur parents/grand parents plus âgés. Ils leurs donneraient donc le virus en même temps. C’est un cercle vicieux. Je connais quelqu’un qui est juge au palais de justice… Si cette personne contracte le covid, et va travailler, elle sera en contact constant avec des juges plus âgés.

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Qu’en est-il pour un enfant asthmatique (un 2 ans ici il a déjà dû prendre des antibio 3 fois cet hiver à cause de simples rhumes qui évoluaient vers lanpneumonie / bronchite). Est-il plus à risque? Devrions-nous prendre des précautions?

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Ma famille (immédiate ET élargie) n’est pas à risque. J’ai un seul ado à la maison. Je n’envisage pas le retourner à l’école pour l’instant… j’attends encore les consignes du gouvernement pour savoir ce qui sera mis en place pour le déconfinement, alors je me ferais sans doute une idée plus ferme. Mais jusqu’à maintenant, juste le fait qu’on ne puisse pas retourner nos bouteilles ou nos canettes en épicerie, ça m’en dit long sur les habitudes d’hygiène des gens et le risque de contamination!

J’aimerais beaucoup qu’on m’explique pourquoi on ne commence pas par ouvrir les services de garde 2-3 semaines et voir comment ça se passe, avant de parler d’envoyer un million d’élèves dans des classes mal-aérées où, de toutes manières, ils ne pourront pas socialiser normalement avec leurs amis et les examens ne pourront certainement pas avoir lieu alors qu’ils ont tous, minimalement, manqué 1 mois et demi d’école.

Pendant l’été, les camps de jour et les activités sportives devraient être permises, ainsi les jeunes reprendraient un « semblant » de normalité et la contamination collective pourrait commencer (ajouter aux services de garde, ça doit bien représenté 50% des jeunes). Je comprends la nécessité de socialiser pour les enfants, mais en ouvrant les parcs municipaux, ça aiderait! La socialisation ne devrait jamais passer JUSTE par l’école. Si la vraie raison c’est que les élèves à risque dans leur famille sont moins suivi parce qu’il n’y a pas d’école, alors il faut mettre plus d’argent (de professionnels, de services, de moyens) à ce niveau, pas pénaliser toutes les familles.

Actuellement, je pense qu’il y a aussi un problème de perception concernant le déconfinement. Le gouvernement met beaucoup l’accent sur les écoles, mais les travailleurs doivent aussi retrouver leur « normalité ». Un service à la fois peut-être? Sans espérer le retour complet avant la fin juin, j’espère sincèrement que si tous les élèves retournent en classe en septembre, tout le monde pourra retourner travailler.

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Où sont les études qui prouvent qu’il y a une possibilitée d’immunité ?? En ce moment personne ne peut prouver qu’il y a une immunité !! Alors moi je.pense que c’est une question d’argent et pour relancer l’économie. La preuve c’est qu’on peut attraper la grippe deux fois dans une année !! Avez- vous des preuves solides concernant une supposé immunité ? Pour ma part rester confiné pendant 18 mois pour sauver nos vies, ça ne me dérangé pas du tout, mais enfermer des enfants dans des locaux clos où la charge virale est élevé ça pas de bon sens, commencé par ouvrir les parcs, les camps de jours etc !! Et on verra…

On donne l’impression de prendre une chance en ce qui concerne les enfants. Toutefois, il en est tout autrement avec le personnel dont plusieurs membres ont 60 ans ou presque. Enseignants, chauffeurs d’autobus, éducatrices, concierges… Avec eux, on ne prend pas de chance. On les sacrifie au besoin . Tout simplement Et tant mieux pour ceux qui s’en sortiront. Quant aux autres, euh…

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