Démanteler Gentilly-2 : quand, comment, combien et avec qui?

On peut prétendre n’importe quoi, il est strictement impossible de dire aujourd’hui combien de temps prendra le démantèment de la centrale nucléaire de Gentilly-2, combien cela coûtera et représentera d’emplois, et si toute cette opération permettra de créer une expertise.

Tout va dépendre du choix de la technique de démantèlement, de l’entrepreneur qui s’en chargera, de l’évolution de la réglementation et du coût futur de gestion des déchets.

Comment?

Dans tous les cas, il faut d’abord retirer les grappes de combustible du coeur du réacteur pour les entreposer dans la piscine de stockage et attendre que le réacteur refroidisse.  C’est la mise en dormance.

Ensuite, on évacue progressivement du site tous les déchets. Le temps que cela prend dépend de plusieurs facteurs:

– les radioéléments présents : tous les radioéléments nés de la fission nucléaire  se désintègrent au fil du temps, mais pas tous à la même vitesse. Le colbalt-60, par exemple, a une demi-vie d’un peu plus de 5 ans, ce qui signifie que dans 5 ans, près de la moitié du cobal -60 présent à Gentilly aura disparu. Dans 10 ans, il en restera la moitié de la moitié, et ainsi de suite. Le césium-137, lui, a une demi-vie de 30 ans. Plus le temps passe, moins les composants de la centrale sont radioactifs, et plus on peut en envoyer à un centre de retraitement de déchets peu contaminés.

– le degré de contamination : tous les éléments de la centrale n’ont pas le même degré de radioactivité. Celle-ci est nulle pour la plupart des équipements et des bâtiments, très élevée pour les grappes de combustible, moyenne pour des éléments de tuyauterie proches du coeur du réacteur, par exemple. On peut évacuer progressivement les équipements en fonction de leur niveau de contamination, ou les stocker sur place.

– la réglementation : la Commission canadienne de sureté nucléaire régit le transport de matières radioactives en fonction de degré de radioactivité des déchets et de leur mode «d’emballage». Le transport de petites quantités de déchets faiblement contaminés est courant et présente des risques négligeables s’il est fait selon les régles. Le combustible irradié, lui, se manipule avec beaucoup plus de précaution et on ne peut le transporter… que si on dispose d’un endroit où le stocker définitivement ailleurs que sur le site, ce qui n’existe pas pour le moment au Canada.

– la stratégie de l’entreprise : selon la vitesse à laquelle on veut restaurer le site, on peut décider d’évacuer plus rapidement les déchets quitte à ce que cela coûte plus cher puisque plus les déchets sont contaminés, plus leur transport et leur retraitement dans une usine spécialisées sont coûteux.

On peut ainsi décider de vider le site, en tout ou partie, en 10, 30, 50 ans… ou jamais.

En 2004, Hydro-Québec avait déposé devant le BAPE un rapport (pdf en anglais) de 2001 de TLG Services, une firme américaine de consultants spécialisés dans le démantèlement nucléaire, qui présentait un scénario pour cette opération.

Aucune mise à jour n’ayant été effectuée depuis, et Hydro-Québec restant pour l’instant muette sur la question, c’est le seul document qui permette de se faire une idée de ce qu’il serait possible de faire.

TLG prévoyait une période de mise en dormance d’un an, suivie d’une dormance de 30 ans pendant laquelle les déchets seraient stockés sur place avant d’être éventuellement évacué vers un site de stockage permanent, dans l’hypothèse où un tel site existerait alors.

Aucun réacteur Candu n’a encore été démantelé.

Dans le Maine, la centrale de Maine Yankee (900 MW, contre 635 MW pour Gentilly-2), arrêtée en 1996, a été complètement démantelée en 8 ans.

C’est devenu un espace vert… sauf pour le site de stockage des déchets ultimes qui n’ont pas pu être déplacés, puisque le gouvernement Obama a mis fin au projet de site national de Yucca Mountain en 2009.

D’autres démantèlements sont bien plus longs, comme celui de la centrale de Brennilis en France, décidé en 1985 et toujours pas terminé.

Combien ?

Vous l’aurez compris, le calcul du coût de l’opération dépend des options techniques que l’on choisit, du délai envisagé pour vider le site, des tarifs de l’entrepreneur, et de si on inclut ou non le coût du stockage longue durée des déchets ultimes.

Tant qu’Hydro-Québec n’aura pas présenté un plan, on ne peut rien dire.

Dans le monde, les estimations pour des démantèments futurs sont très variables, tous comme les coûts des opérations de démantèlement déjà réalisées.

Le démantèlement de Maine Yankee a coûté 500 millions de dollars. Celui de Brennilis avait déjà coûté 482 millions d’euros en 2005, et ce n’est pas fini.

Pour Gentilly-2, TLG Services prévoyait 438 millions de dollars (de 2010) pour un démantèlement qui aurait commencé en 2011.

Combien de gens ?

Là encore, ça dépend !

TLG prévoyait 290 personnes pour les premiers mois après l’arrêt du réacteur, puis 20 à 30 personnes pendant les 30 ans de dormance. Selon les données que lui avait fourni Hydro-Québec, la centrale comptait alors 600 employés. Le chiffre de 800 personnes dont on entend parler ces jours-ci correspond au nombre de gens qu’il aurait fallu pour rénover la centrale.

Une expertise en démantèlement ?

Ça reste à voir!

On ne sait pas pour l’instant qui va piloter le démantèlement, et donc à qui profitera l’expertise : Hydro-Québec, SNC-Lavalin (qui a racheté EACL l’an dernier), ou une autre compagnie possiblement américaine?

Si SNC-Lavalin mène le bal, ce qui me semble probable, pourra-t-elle faire valoir son expertise seulement auprès des propriétaires des réacteurs Candu ?

Il y en a 39 dans le monde, dont deux qui viennent d’être remis à neuf. À quelques exceptions près, on n’envisage pas de les démanteler à court terme.

Pour le démantèlement potentiel des autres types de réacteurs, bien plus nombreux  (environ 400 dans le monde), plusieurs autres compagnies ont déjà une longueur d’avance.

Enfin, en quoi l’expertise de SNC profitera-t-elle aux gens de Bécancour ? Et aux Québecois, sachant que 20 des 22 réacteurs nucléaires du Canada sont en Ontario ?

Une bonne idée?

Rien de tout cela ne remet en cause le démantèlement de Gentilly-2, qui semble définitivement un bon choix.

Encore va-t-il falloir qu’Hydro-Québec et le gouvernement prennent les bonnes décisions pour que l’opération se déroule sans anicroche et à un coût acceptable.

Espérons que pour une fois, tout cela se fera dans la transparence, pour qu’on puisse comprendre les choix… et surveiller les dépenses.

Prochaine étape, logiquement : la remise par Hydro-Québec d’un plan de match pour le démantèlement, qui devra être soumis au gouvernement et probablement à la population, via le BAPE.

À ce moment-là seulement, on pourra parler coûts, échéances et emplois.

Laisser un commentaire

Personnellement, je ne critique pas du tout la décision, puisque la réfection de Gentilly 2 aurait été un gouffre financier, surtout en considérant tous les déchets. Ce que je critique plutôt c’est la démarche du gouvernement où les principaux concernés n’ont pas eu la chance d’avoir d’explication claire quand à ce qui va se passer après. Le gouvernement aurait tout de suite dû sortir un plan d’énergie renouvelable pour cette région dans le but de compenser pour la perte de Gentilly-2 ou développer ce plan avec les gens concernés. Les libéraux donnaient l’illusion qu’il y avait des consultations publiques, ici les péquistes n’ont fait ni mieux ni pire ils n’ont simplement pas eu l’hypocrisie de monter un spectacle. Même si je crois que Gentilly 2 doit être fermé, je déplore la démarche jusqu’à maintenant.

Bonsoir

Il faudrait considérer d’autres facteurs importants:

a) Contribution de Gentilly à la stabilisation du réseau de l’Hydro surtout depuis qu’on installe des éoliennes;

b) La proximité de cette centrale pour assurer la sécurité d’approvisionnement;

c) Les centrales du Nord du Québec sont beaucoup plus vulnérables aux conditions atmosphériques que ne l’est Gentilly;

Le coût de remplacement de Gentilly par une centrale hydro-électrique serait de plus de 3 milliards;

Conclure que c’est un choix de fermer Gentilly démontre le manque de connaissances scientifiques de Valérie Borde

RG

Très beau résumé!

On nous ment lorsqu’on nous dit qu’il y a 800 emplois!

On nous ment lorsqu’on dit qu’il faut démenteler immédiatement.

Et on nous ment lorsqu’on nous dit que ca va couter 2 milliards cette année sur le budget du Québec!

Monsieur Grenier, le gros problème dans ce dossier est qu’il n’y a pas moyen de valider les affirmations d’Hydro-Québec sur l’importance de cette centrale pour la stabilisation du réseau électrique. Tous les chercheurs québécois dans le domaine de l’énergie qui connaissent un tant soit peu le dossier refusent carrément d’en parler en public par peur des représailles de SNC Lavallin et d’Hydro-Québec.

Depuis le temps que l’on en discute de démenteler Gentilly il commence être temps d’agir. Avec tout les barrages et l’éolien qui sont sans danger pour l’humain et l’environnement nous avons vraiment pas besoin du nucléair.

Monsieur Dutil

J’admets que nous n’avons pas tous les éléments pour une prise de décision éclairée. Le PQ et Mme Borde ne les ont pas non plus. Leur choix ne relève pas d’une analyse économique et scientifique sérieuse. Il faudrait attendre les études de l’Hydro avant de faire un bon choix.
La même problématique se présente pour les gaz de schiste et pour le pétrole de Old Harry. On prend des décisions avant même d’avoir les conclusions des études. Il me semble que Mme Marois a plus de visés politiques qu’économiques

RG

P.S. Remplacer Gentilly par des éoliennes d’un rendement de 28% est une utopie. Il en faudrait près de 500.

Bravo pour la stratégie de ;nous ont est contre le nucléaire et le gaz de schiste etles tsunamies ect enfin tout ce qui peut faire peur a l`électorat.Et vive la désinformation les dossiers secrets.Et les prochaines élections vont venir plus vite que vous penser car le pouvoir pris de cette maniere 32% c`est pas viable et Marois comme Landry as dis c`est pas un génie

Avoir décidé de fermer Gentilly sans connaître les scénarios de maintien et de démantèlement de la centrale relève de l’amateurisme et de l’improvisation.

Les voisins de Tree Miles Island, de Tchernobyl et de Fukushima,
la veille de la catastrophe nucléaire, disaient la même chose que beaucoup des Québécois, surtout les élites de la Mauricie et du Centre-du-Québec. Elles ne demandent pas de savoir, elles veulent sauver des emplois dont Laborde nous informe que leur nombre est différent que celui qu’elles retiennent pour la désinformation. Les coûts de la réfection et le renvoi du démantèlement à des décennies plus tard, engagent l’argent de l’état à un moment où les besoins se font cruellement sentir dans les secteurs de la santé et de l’éducation. Ces bonnes personnes qui veulent garder les emplois en région, ne veulent pas d’augmentation de taxes, etc. Madame Marois doit rompre avec cette quadrature du cercle. Alors courage , madame,comme l’exige le service de l’état. .

Si je me souviens bien, Gentilly est construite sur une faille. Gentilly-2 est construite juste a côté. Plusieurs études d’un peut partout sur l’exploitation des gaz de schiste parle du fait que le procéder de fracturation peut causer des tremblements de terre de magnitude de 2,3 voir 4 dégrée sur l’échelle de reichler. Monsieur Bouchard et compagne voudrait fracturer tout autour de Gentilly 1 et 2. Personnellement je me souviens d’avoir vécu deux tremblements de terre à Trois-Rivières. Peut-être que Madame Borde pourrait nous faire une petite rechercha sur le sujet. Merci. Je fais peut confiance aux personnes qui ont construit un centrale atomique sur une faille.

Une mise en garde..!
J’ai travaillé pendant plusieurs années (6 ans)à la construction de G2 et aussi en Roumanie pour la mise en marche d’un réacteur Candu, de même type. Il ne faut pas confondre la technologie américaine et européenne, de celle du Candu. Les réacteurs américains sont plus petits, ils sont utilisés dans les sous-marin, porte-avions..etc..
Le Candu est dédié à produire de l’électricité en utilisant de l’uranium naturel, dans un confinement de haute sécurité. Rien à voir avec les installations française, japonnaise ou autres. Par contre, le problème du combustible usagé est le même.

Oui. Il faut démanteler la centrale nucléaire Gentilly-2, et au plus vite mais sans précipitation, à cause des risques qu’elle comporte : tremblement de terre, attaque terroriste ou une simple fause manoeuvre technique. Plus on attend, plus le risque augmente avec le vieillissiment de la dite-centrale. Je n’aimerais pas demeurer proche du lieu.

Je suis stupéfait de réaliser que les génies qui ont crées le monstre nucléaire n’ont pas songés a l’éventualité d’une fermeture de centrale en mettant un protocle de terminaison en place comme si ces installations étaient éternelles . Le probleme a été passer au suivant , nous et les prochaines générations .De toute facon il faudra bien les fermées un jour ou l’autre et plus on attend plus ca couteras cher donc maintenant me semble le bon moment

Des décisions de la sorte ne se prennent pas pour faire des coups d’éclats..comme à la santé ,comme a déjà fait Pauline Marois avec les dégats que çà avait créés….surtout avec une récente demi-victoire et un gouvernement minoritaire. Et les pertes d’emploies sont aussi à considérer .la diversification des moyens de produire de l’électricité est une bonne chose en soi…..car advenant une période de sécheresse surtout avec le réchauffement de la planète,et que les niveaux d’eau baisseraient dramatiquement,comme c’est arrivé il y a quelques années et que les turbines ne seraient plus alimentés en eau..çà serait la « panne »… En Ontario tout est alimenté par le nucléaire..pour fournir l’électricité, et tu n’entends pas la population « crétiquer » comme au Québec. Il est sage de ne pas tout mettre tout ses oeufs dans le « mème panier »..comme à la « bourse »……des décisions comme çà ne ce décident , pas pour faire des coups d’éclats et essayer d’épater tout le monde…à la Pauline Marois..qui durant la campagne électorale..changeait d’idée d’une journée à l’autre…pour avoir des votes. Ubald meloche

Je prend comme exemple la centrale la plus près de Gentilly-2, soit Gentilly-1. Toutes les activités ont cessé sur le site quelques mois après l’annonce de sa fermeture. Les accès au batîment réacteur ont été soudés et scellés, et ce depuis 30 ans. Comme occupation, 3 postes à temps partiel plus le gardiennage du site. C’est ce qui va arrivé à Gentilly-2, un site fantôme à l’ombre de ses deux tours.

Pour ce qui est de l’effet stabilisateur de Gentilly-2, j’ai fait un commentaire à ce sujet lors de votre chronique du 12 septembre (commentaire #15). Je dois conclure que ceux qui nient l’effet stabilisateur de Gentilly-2 n’ont aucune compétence en génie électrique.

Salutations,

Monsieur Langlois, une petite note technique. Les réacteurs nucléaires militaires sont d’une nature complétement différente des réacteurs civils.

Les réacteurs de type CANDU produisent émormément de tritium; ce qui est excessivement dangereux pour la population envoronnant. Femmes, enfants sont principalement touchés et augmentation de cas de leucémie c’est les enfants. Les normes de sécurité adoptées par le Canada pour le taux de radiation sécuritaire sont de 30 fois plus élevées qu’ailleurs dans le monde. Notre pays nous a menti et trompé concernant la sécurité de ces réacteurs nucléaires.

Monsieur Daoust, je veux bien vous croire au sujet de l’effet stabilisateur de Gentilly-II, mais mis à part l’évidence que cette centrale est près de Montréal, je vois mal comment sa contribution serait très significative. Ce que je pense comprendre c’est que puisque qu’il s’agit d’une centrale thermique à turbine, elle est en mesure de réagir plus rapidement que les barrages aux fluctuations de la demande. Elle a certainement un certain effet de réactance, mais il me semble que c’est un problème qui est contrôlé par des impédances dans les postes de distribution. Je cherche de la documentation technique sur le sujet, mais je n’ai rien trouvé.

Si on se résume, on peut croire qu’Hydro-Québec et le Gouv du Québec (son premier ministre) ont gardé pour eux les critères qu’ils ont utilisés pour orienter la décision finale de rebâtir et continuer à exploiter G2 ou de la fermer définitivement et de planifié son démantèlement. 

Le facteur économique à long terme (pour le Québec) en est certainement un mais pas le seul. Le risque relié à la localisation de G2 sur une faille géologique devait en être un important. Les impacts techniques de la fermeture de G2 sur le réseau.  L’impact de sa fermeture sur les emplois ne peut être ignoré politiquement. Mais dans quelle mesure le lobbying d’Énergie Atomique du Canada et maintenant SNC-Lavalin a pu les influencer et quel poids ça a pu avoir dans l’orientation / la tendance qu’ils ont donnée à la décision finale même si faire le jeu de SNC-Lavalin n’apporte rien au Québec  ?

Comme toutes décisions le choix final dépend des critères de sélection qu’on choisit et du poids relatif attribue à chacun. Facile alors d’imaginer que des gouvernements ayant des visions et pensées différentes peuvent arriver à des conclusions différentes aussi.

G2 est importante dans le réseau d’H.Q à cause de sa localisation centrale au Québec et aussi de sa capacité de production; je n’y connais rien mais j’ai compris que le réacteur nucléaire génère de la vapeur qui elle fait tourner la turbine qui fait tourner une génératrice, j’ai compris aussi que nous payons depuis des années pour une centrale au gaz qui est à juste à coté de G2 et qu’on utilise pas Q: pour conserver là la capacité de production de G2 pourquoi ne pas utiliser la vapeur que peut produire la centrale au gaz ?  Oui, oui, pas l’idéal écologiquement parlant, mais il me semble que ça pourrait être une solution de transition.  

UNE BOMBE CE MATIN:
Je viens de lire ceci dans le Devoir de ce matin:
http://m.ledevoir.com/storage#article/360367
Si j’étais premier ministre je congédierais immédiatement le président d’Hydro-Québec et son conseil d’administration et je voudrais connaitre les détails de la dépense de $900 millions déjà faite depuis 2009 en préparation de la réfection de Gentilly 2.

M Dutil, les impédances en question sont des valeurs complexes. Les clients des grands centres ont des équipements inductifs tels des moteurs (frigidaires, laveuses, thermo-pompes, etc). Ces équipements sont des charges réactives. Une inductance déphase la tension de 90 degrés par rapport au courant et cela fait que la puissance disponible diminue avec l’écart de phase. Cette puissance est perdue en chaleur dans les transformateurs et autres équipements et vont de ce fait veillir plus rapidement.

Pour compenser, l’excitatrice de l’alternateur de G-2 est déphasée pour créer une charge capacitive qui vient contre-carré la charge inductive du réseau. L’alternateur de G-2 va stocker l’énergie réactive et la redonner au bon moment à chaque période de 1/60 sec. Dans les faits, l’excitatrice est déphasée jusqu’à concurrence de sa capacité de 810 MVAR, ainsi, G-2 injecte dans le réseau l’équivalent de 810 MW à proximité des clients et la phase de l’excitatrice s’ajuste en fonction de la charge réactive observée à la sortie du transformateur.

La meilleur référence est Théodore Wildi, prof. émérite en haute puissance de l’Univeristé Laval. Le circuit série RL est une bonne introduction pour voir l’effet d’une charge inductive sur la phase de la tension.

Si mes souvenirs sont exactes, la centrale de la Citière ne fonctionne plus mais son alternateur sert toujours de compensateur synchrone (moteur qui l’actionne). Il y a aussi la compensation série et un poste existe à Lévis (sauf erreur de ma part).

Salutations,

Radio-activité
François Legault de la CAC devrait être d’accord pour la fermeture de la centrale de Gentilly-2 vu qui aime ça faire le grand ménage.

Après la fermeture de Gentilly-2, il faudra la décontaminer, la démanteler et ensuite la délibéraliser. (faudrait peut-être commencer par ça en premier)

Avant de dépenser des centaines de millions de $ en démantèlement, il faut se demander si cela en vaut le coût, compte tenu de la valeur immobilière des terrains dans cette région. Si Gentilly 2 était située à un endroit à valeur immobilière astronomique (Manhattan ou le centre ville de Tokyo, disons), l’argent dépensé en démantèlement serait rentable et sans doute justifié. Mais Gentilly-2 est ni plus ni moins situé en pleine campagne. Cela devrait logiquement avoir un impact direct sur les choix économiques qui seront faits. Il faut se rappeler que chaque $ dépensé sur A signifie $ 1 de moins dans le domaine B…

N’y a-t-il pas aussi, en fait, l’option Tchernobyl: recouvrir et entourer le tout d’une épaisse et esthétique couche de béton, et le tour est joué?…

Monsieur Daoust, merci pour l’explication. Je pense cependant que sans graphique on ne s’en sortira pas.

@ Yvan Dutil

J’ai parlé avec des gens du domaine (je suis en acoustique/vibration) et j’ai eu les précisions suivantes:

La centrale Cadillac est utilisée comme compensateur synchrone, toutefois, comme Trans-énergie ne veut pas payer l’exploitation, elle est présentement en arrêt.

Le compensateur série est à St-Jean Chrysostome et non Lévis. Erreur de ma part de quelques km.

La puissance réactive de Gentilly-2 est de 400 MVA, donc la somme de la puissance produit par la vapeur et la puissance réactive serait d’environ 1000 MW (addition vectorielle). J’ai entendu cette explication lors d’une entrevue radio et cela m’a été confirmé par une personne du domaine. Il semble que durant l’été, Gentilly-2 produit jusqu’à 10% de la capacité du réseau (entrevue) et permet de stocker de l’énergie verte dans les barrages.

http://www.fm1069.ca/em/la-puissance-des-mots-782.html

De toutes façon, l’enjeu n’est pas tant puissance/réseau mais bien l’approche écologique du PQ. Fait surprenant, SNC-Lavallin tend une perche au gouvernement pour louer la centrale à une tierce partie qui en ferait la réfection.

http://www.candu.com/en/home/news/mediareleases/canduenergysstatementonthedecisiontoclosethegentil.aspx

Concernant la référence pour la compensation synchrone, le livre Electrotechnique de Théorode Wildi, chapître 49, effleure le sujet. On y retrouve les valeurs d’induction des lignes à haute tension et la perte de puissance par déphasage est assez importante.

Salutations,

Monsieur Daoust,

Merci, c’est un peu plus clair. J’ai des connaissances de base dans le domaine, mais je suis loin d’être un expert. Il faudrait que je mette la main sur le livre de monsieur Wildi.

Pour ce que est de SNC, j’imagine que tout est possible dans la mesure où il y a un contrat d’achat suffisamment avantageux de la part d’Hydro-Québec. Je doute cependant que l’entreprise ait les liquidités pour ce genre de transaction.