Dengue : épidémie record et premier vaccin en vue

L’Amérique centrale connait cette année une des pires épidémie de dengue de son histoire, alors que la phase finale des essais cliniques d’un premier vaccin va bientôt démarrer.

Depuis le début de l’année, plus de 130 000 personnes en Amérique centrale ont contracté cette maladie infectieuse transmise par le moustique Aedes aegypti, et une soixantaine de personnes en sont mortes, selon l’Organisation panaméricaine de la santé.

De nombreux autres cas sont attendus d’ici à la fin de la saison des pluies, en novembre.

Le Costa Rica est particulièrement touché avec plus de 28 000 personnes ayant attrapé la dengue depuis le début de l’été (sur une population de 4,7 millions), dont plus de 5 000 enfants.

Le virus est aussi très présent cette année dans les îles des Caraïbes.

La dengue donne généralement une forte fièvre, une éruption cutanée et des nausées ou vomissements qui durent environ une semaine. Les enfants sont plus à risque de devoir être hospitalisés. Les adultes sont souvent fatigués pendant plusieurs semaines. Il n’existe aucun traitement à part le soulagement des symptômes.

La forme sévère, qui représente quelques pourcents des cas, est une des principales causes de mortalité infantile là où la dengue est endémique.

Depuis les années 1960, le nombre de cas de dengue dans le monde a été multiplié par 30, sous l’effet de la hausse de la population, de l’urbanisation et des changements climatiques. Chaque année, de 50 à 100 millions de personnes contractent la dengue dans le monde, selon l’Organisation mondiale de la santé.

La maladie a fait son apparition dans le sud des États-Unis et en Europe, où quelques cas surviennent chaque année.

L’Agence de santé publique du Canada recommande aux voyageurs se rendant dans les pays touchés de se protéger contre les moustiques.

Il existe quatre sérotypes différents du virus, ce qui fait qu’il est possible d’attraper la maladie plusieurs fois avant d’être éventuellement immunisé. Pire, les infections secondaires sont souvent plus sévères que les premières.

La bonne nouvelle, c’est que la recherche d’un vaccin, débutée il y a plus de 70 ans, est peut-être enfin sur le point d’aboutir.

La compagnie française Sanofi-Pasteur est en phase finale d’essais cliniques sur un vaccin qu’elle espère commercialiser d’ici 2015. Elle a annoncé cet été que la production est sur le point de démarrer dans les environs de Lyon.

En 2014, l’efficacité de ce vaccin sera vérifiée sur 30 000 personnes dans dix pays d’Asie et d’Amérique latine.

Mais les résultats des essais de phase 2 menés en Thaïlande et publiés dans The Lancet en septembre 2012, laissent croire que ce premier vaccin, s’il est autorisé, ne sera pas parfait, car il ne s’attaque qu’à trois des quatre sérotypes de la dengue. Selon la compagnie:

L’analyse complète de l’efficacité du vaccin contre chacun des sérotypes, reflétant les conditions de la vie réelle (analyse en intention de traiter), a montré que l’efficacité du vaccin était de 61,2% contre le type 1 du virus de la dengue, de 81,9% contre le type 3 et de 90% contre le type 4. Un des types du virus de la dengue (sérotype 2) a échappé au vaccin. Des analyses sont en cours pour comprendre l’absence de protection contre le sérotype 2, dans le contexte épidémiologique particulier de la Thaïlande.

Cet été, des chercheurs de Chine et de Singapour ont par ailleurs annoncé avoir découvert un mécanisme qui pourrait empêcher le le virus de muter entre ces quatre sérotypes. Selon l’équipe du Dr Katja Fink, du Singapour Immunology Network, un vaccin à base d’un virus muté  affaibli permettrait de lutter contre n’importe quel sérotype du vaccin avec la même efficacité.

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