Dépanneurs pour l’été

Des médecins se font dépanneurs pendant quelques semaines, l’été. Un forfait « vacances-travail » payant.

photo : Istock
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Le Dr Bernard Mathieu, 48 ans, est urgentologue à l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont, à Montréal. Depuis quelques années, il fait occasionnellement du dépannage dans d’autres établissements. « J’ai le goût d’explorer ce qui se fait ailleurs et de « changer le mal de place ». Quand on travaille dans la même grosse boîte, ça fait du bien d’aller à un rythme un peu moins fou dans de plus petits hôpitaux », dit-il.

Le Dr Mathieu se voit comme un « touriste » du dépannage. En plus de quelques journées occasionnelles pendant l’année, il réserve une semaine de ses vacances chaque été pour travailler comme « pompier volontaire » dans un service d’urgences en région. Il est ainsi allé en Beauce, à Matane et à Val-d’Or. Une année, il a offert une semaine de disponibilité, mais il n’a été affecté nulle part. « Le stimulant financier est intéressant. Si on n’est pas appelé, on est payé. Et des vacances payées, on n’a pas ça comme médecin », fait-il remarquer.

L’été, les urgences fonctionnent avec des effectifs réduits. Les établissements aux prises avec une menace d’interruption de service peuvent faire appel à des médecins dépanneurs, en vertu d’une entente conclue entre le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) et la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ). Un médecin qui offre ses disponibilités peut être affecté n’importe où au Québec. Il touche une rémunération pour les services rendus s’il est envoyé dans un établissement, en plus d’une prime de 3 850 dollars par semaine. Si personne ne fait appel à lui, il reçoit tout de même une prime de 4 465 dollars par semaine. Ainsi, un médecin qui se porterait volontaire pour travailler pendant les 11 semaines concernées par l’entente (du 22 juin au 6 septembre) toucherait 42 350 dollars avant même d’avoir travaillé une seule minute !

Peu de médecins sont toutefois volontaires. Cet été, 21 d’entre eux ont offert des disponibilités, selon Karine White, porte-parole au ministère de la Santé.

« L’an dernier, un médecin disponible pendant une semaine avait une chance sur deux d’être appelé », selon le Dr Michel Desrosiers, directeur des services professionnels à la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec.

Le Dr Bernard Mathieu, lui, était disponible pendant une semaine cet été, en août. « Le forfait est intéressant. En contrepartie, je sacrifie une semaine de vacances. » Finalement, le Dr Mathieu a travaillé deux nuits à Sainte-Anne-des-Monts, en Gaspésie. C’était tellement tranquille qu’il a dormi au boulot et a pu s’adonner à des activités de plein air le jour. Vous connaissez d’autres boulots comme ça ?

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