Des algues dans le moteur

Les microalgues pourraient faire rouler des milliers de voitures. À l’Université du Québec à Chicoutimi, on expérimente leur culture en bassin.

Des algues dans le moteur
Photo : iStock

Une cinquantaine de chercheurs d’une dizaine d’organisations publiques et privées québécoises tenteront bientôt de relever ce qui pourrait être le grand défi de la décennie : transformer des microalgues, invisibles à l’œil nu, en biocarburant.

Cultivées en quantité industrielle, les microalgues peuvent sécréter une grande quantité d’huile végétale, qui, convertie en biocarburant, offre un substitut au pétrole. Une culture d’une superficie équivalente à celle du lac Saint-Jean, dans des conditions idéales, pourrait produire annuellement assez de biocarburant pour faire rouler près d’un million de voitures, le cinquième du parc québécois !

Les microalgues se nourrissent de l’énergie solaire. Comme le Québec ne bénéficie pas d’un ensoleillement suffisant pour qu’on entreprenne une production à grande échelle à l’extérieur, les scientifiques lanceront, dans les mois à venir, une culture en bassin fermé dans les laboratoires de l’Université du Québec à Rimouski. « Nous chercherons la recette parfaite – la souche de microalgue, le taux de sucre et d’oxygène dans le bassin – pour produire un carburant de façon rentable », indique Mohammed Benyagoub, directeur du Consortium de recherche et innovations en bioprocédés industriels au Québec, l’organisme public qui coordonne ce programme de 1,5 million de dollars.

La recherche sur les microalgues doit être prise au sérieux. Exxon Mobil, premier producteur mondial de pétrole, a investi 300 millions de dollars dans ce créneau en 2009. L’entreprise juge que, parmi tous les nouveaux carburants verts, ce sont les algues qui offrent le meilleur potentiel.

 

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