Des caribous embarrassants

Le déménagement prévu de 18 caribous de Val-d’Or vers le Zoo sauvage de Saint-Félicien, l’hiver prochain, soulève les passions. 

(Photo : Getty Images)

D’un côté, les écologistes, pour qui ce déménagement est une hérésie, de l’autre, les tenants du développement économique, qui y voient la solution pour protéger ces animaux en danger. Débat.

À l’enclos !
Si on ne procède pas à ce déménagement, la probabilité de survie de la harde est faible, estime Luc Blanchette, ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs. Malgré les efforts déployés par les autorités publiques pour la restaurer — gestion des prédateurs, protection des femelles gestantes —, la population de la harde est passée de 80 caribous en 1955 à 40 en 2000, puis à 18 en 2016.
D’autre part, le territoire à protéger pour la maintenir est trop grand, selon le ministre Blanchette. Pour y parvenir, il faudrait lancer de vastes chantiers de reboisement et fermer des chemins forestiers construits au cours des 50 dernières années, qui ont morcelé l’habitat du caribou. Ces aménagements menaceraient la viabilité de l’industrie forestière et minière en Abitibi-Témiscamingue.

Pas si vite !
« La décision du ministre n’a aucune base scientifique », s’insurge le biologiste Martin-Hugues St-Laurent, chercheur spécialiste du caribou à l’Université du Québec à Rimouski. Aucune analyse de viabilité de la harde de Val-d’Or n’a été faite, note-t-il. D’ailleurs, les caribous sont menacés d’extinction, donc protégés par la Loi sur les espèces menacées et vulnérables du Québec et par la Loi sur les espèces en péril au fédéral. « Le gouvernement provincial viole deux lois en n’ayant pas protégé l’habitat du caribou. »
Il est encore temps de faire une analyse scientifique pour déterminer la viabilité de cette harde, estime-t-il. Si elle est en danger, les efforts de conservation de l’espèce devraient comprendre un programme de reproduction en captivité, dans l’optique de réintroduire une population viable dans un habitat qu’on aura restauré.

 

 

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4 commentaires
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Rien de surprenant dans cette décision du gouvernement libéral: M. Couillard avait bien dit que le développement économique serait sa priorité sur les caribous… Ce gouvernement a été élu sur cette base et est consistant avec ses politiques. La science a peu à voir avec cette décision qui ressemble plus à une vente de feu (déménager les caribous dans un zoo) plutôt qu’à une tentative de sauver la harde. Après la dévastation du territoire, il n’y aura plus rien à sauver!

C’est la même chose un peu partout au pays alors que le développement économique et les « jobs » passent bien avant la protection de l’environnement et on se fiche éperdument du monde qu’on va léguer à nos descendants. C’est d’un égoïsme déplorable par les générations actuelles car ce sont elles qui élisent ces gouvernements…

Pour citer un groupe musical québécois:
« Pour nous un caribou c’est bien plus beau sur un « trente-sous »

On dirait vraiment que l’esprit collectif va dans le sens suivant: » Oui mais MOI, Je veux faire de l’argent tous de suite. Pourquoi je devrais faire attention au autre après moi? Les autres avant ont pas fait attention eux. »
Égoïsme, déni de responsabilité et rejet de la fautes. Au fonds, on est pitoyable.

Ça n’a aucun sens: on ne déménage pas dans un Zoo les derniers représentants d’une espèce!
Le gouvernement déciderait que c’est terminé, uniquement pour plaire aux forestières!

C’est scandaleux!

Dans cet esprit, que laisserons-nous à nos petits enfants? Déménager des caribous…. on est pitoyable….